lundi 29 octobre 2012

Le rôle politique du roi Albert II en 2009

Le Roi consacre l'entièreté de son discours de Nouvel An aux conséquences de la crise financière. Il prône le développement des mécanismes de contrôle des produits financiers, l'intensification du rôle de surveillance du Fonds Monétaire International, la stimulation du commerce international, l'augmentation des projets d'infrastructure financés par la Banque Mondiale, la rénovation du système financier international, une coordination des plans de redressement des pays de la zone euro, l'accélération des efforts de recherche et de développement voulus par la stratégie de Lisbonne, le renforcement des économies d'énergie, plus d'Europe et moins de nationalisme.

En ce qui concerne la Belgique, il déclare :   "C'est l'occasion d'accélérer des réformes et de renforcer de façon significative notre économie dans un certain nombre de secteurs où nous avons déjà de sérieux atouts qui peuvent être créateurs d'emplois. Je pense, entre autres, aux opportunités dans le secteur des écotechnologies qui va connaître une forte croissance, qu'il s'agisse de la purification de l'air, de l'eau et des sols, de l'économie d'énergie, du recyclage des matériaux, etc. La logistique est un autre secteur très prometteur, compte tenu des perspectives considérables de développement de différentes formes de transport de personnes et de marchandises. Accentuons aussi davantage la valeur du rôle de Bruxelles comme capitale européenne. Je me réjouis, à ce propos, de l'initiative des organisations patronales nationale et régionales, de promouvoir la Business Route 2018 for Metropolitan Brussels. Ces atouts, et bien d'autres encore, ont été mis en évidence lors de notre visite d'Etat en Inde. Notre pays doit renforcer son effort pour atteindre les objectifs de recherche et de développement prévus dans les accords de Lisbonne. C'est ainsi que nous pourrons au mieux préparer la reconversion et la modernisation de notre économie. Je me réjouis du rôle actif de nos universités dans ce domaine, et de leur partenariat avec le secteur privé. Ces aspects furent bien visibles, eux aussi, lors de notre visite en Inde. Pour terminer, mettons par la voie des communautés de notre pays, l'accent sur l'enseignement et la formation professionnelle. C'est urgent si nous voulons tenir tête aux défis de demain".

Suite au départ de Karel De Gucht (VLD) à la Commission Européenne et aux élections régionales, le gouvernement subit quelques changements en juillet 2009 :  Annemie Turtelboom (VLD) à l'Intérieur, Yves Leterme (CD&V) aux Affaires étrangères, Michel Daerden (PS) aux Pensions et Guy Vanhengel (VLD) au Budget, p.ex.

Le 21 juillet, Albert II prononce sa traditionnelle allocution télévisée :

"En ce jour de fête nationale, mes pensées vont d'abord à tous ceux qui, à la suite de la crise économique internationale, ont perdu leur emploi. C'est une lourde épreuve pour de très nombreuses personnes et pour leurs familles. Les conséquences sociales de la crise sont énormes et réclament une réponse à différents niveaux.

L'an dernier à Noël, puis en janvier aux autorités du pays, j'ai surtout évoqué les mesures à prendre sur le plan économique, tant au niveau mondial qu'international. Aujourd'hui, je voudrais vous parler de trois autres sujets en rapport avec la crise : l'éthique, l'enseignement et la formation, sans oublier l'indispensable adaptation de nos structures institutionnelles.

Il me semble qu'un premier domaine où nous devons réagir est celui de l'éthique. La crise a été en bonne partie causée par l'absence d'éthique. Dans le secteur financier, beaucoup de responsables ont succombé à la pression des marchés pour générer à court terme des marges de profits toujours plus élévées, souvent irréalistes et sans rapport avec l'économie réelle. C'est ainsi que des produits dits toxiques ont été acquis. A la pression des marchés s'est ajouté le stimulant des méthodes de rémunération complémentaire des dirigeants, les bonus. Ils étaient fonction de la réalisation de ces objectifs. Ces comportements individuels et collectifs, ainsi qu'un contrôle suffisant des intermédiaires financiers, ont provoqué une crise financière mondiale, dont l'impact sur l'économie réelle est lourd. Des millions d'emplois disparaissent de par le monde, et la crise a créé dans les pays en développement des effets disproportionnés touchant les populations les plus vulnérables.

Il me paraît donc très important de plaider pour le développement d'une éthique dans le domaine économique et financier. Celle-ci doit évidemment s'accompagner d'une mise au point de certaines règles et normes à respecter pour le contrôle des intermédiaires et des produits financiers. Ces contrôles devront non seulement être renforcés, mais aussi internationalisés. La nécessité de normes s'applique aussi à l'ensemble de la rémunération des dirigeants. Rappelons-nous que la finance doit être au service de l'économie et celle-ci au service de l'homme. Il importe de revenir à ces notions de base. Les institutions et les intermédiaires financiers sont là pour collecter l'épargne, et pour prêter ces moyens au développement de projets productifs. Au-delà du secteur financier, nous pouvons aussi nous interroger sur le caractère de plus en plus matérialiste de nos sociétés et sur la nécessité d'accorder plus de place aux valeurs familiales, à celles de la convivialité, de la solidarité et du respect de l'autre. Je constate de grandes attentes chez les jeunes à ce propos.

Je voudrais évoquer ensuite un second sujet toujours en relation avec la crise économique. Il s'agit du besoin d'un enseignement de qualité et d'une formation professionnelle plus adéquate. Ayons à l'esprit que le monde change en permanence. De nombreux efforts sont entrepris sur le plan national et international pour encourager les technologies nouvelles et des méthodes de production propres, innovantes, économes en énergie et peu productrices de CO2. Ces domaines d'activité seront de plus en plus parmi les moteurs économiques de demain.

Graduellement, le monde se mobilise pour relancer l'économie, pour favoriser le développement de technologies plus respectueuses de l'environnement et pour économiser l'énergie. Aussi, nous devons entreprendre dans nos communautés et nos régions un effort spécial pour assurer un enseignement de qualité et cette formation professionnelle plus adaptée dont je viens de parler. C'est ainsi que nous encouragerons au mieux nos habitants à participer pleinement à la reprise économique prochaine et aux changements qu'elle apportera. Demain, notre économie aura besoin de beaucoup de talents diversifiés. D'où la nécessité de formation permanente que ce soit dans le domaine technique, des sciences, des langues, de l'informatique ou dans d'autres secteurs.

Enfin, pour faire face à la crise en Belgique, je pense que nous devons aussi mettre de l'ordre dans nos structures institutionnelles. Accordons-nous sur une réforme de l'Etat qui assure à la fois une plus grande responsabilité aux entités fédérées, une indispensable solidarité et un pouvoir fédéral efficace disposant des moyens nécessaires dans les domaines qui restent les siens. Cela nous permettra de mieux affronter les défis futurs. Ces deux prochaines années, l'éthique, l'économie, l'enseignement et les réformes institutionnelles seront des domaines qui requerront toute notre attention. Mais ils représentent pour notre pays une chance de nous maintenir dans le peloton des pays industrialisés. Saisissons pleinement ces opportunités".

Dans la soirée du 16 novembre, le roi Albert s'incline devant la dépouille mortelle du comte Pierre Harmel, le plus ancien ministre d'Etat, décédé la veille à l'âge de 98 ans. Au cours de sa longue carrière, il a été, entre autres, député, ministre de la Justice, de la Culture et de la Fonction Publique, président du PSC, éphémère premier ministre, etc. On retient surtout son passage au ministère des Affaires étrangères où, en pleine guerre froide, il plaida (y compris à l'Otan) pour plus de dialogue entre l'Ouest et l'Est. Pierre Harmel était également membre de l'Académie Royale de Belgique.

Dès le lendemain de la désignation du premier ministre Herman Van Rompuy au poste de président du Conseil Européen, Albert II reçoit en audience les présidents des cinq partis formant le gouvernement fédéral et charge à nouveau le ministre d'Etat Wilfried Martens de faciliter la transition. Sa mission aboutit cinq jours plus tard au retour d'Yves Leterme au poste de premier ministre, secondé par le ministre d'Etat Jean-Luc Dehaene pour trouver une solution au délicat dossier de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Fin 2009, le Roi nomme six nouveaux Ministres d'Etat :   Frank Vandenbroucke (SPA), Jos Chabert (CD&V), Armand De Decker (MR), Melchior Wathelet senior (CDH), André Flahaut (PS) et Karel Poma (VLD).

Dans son discours de Noël 2009, Albert déclare :

"En cette période de fin d'année, mes pensées vont à nouveau vers les nombreuses personnes qui ont perdu leur emploi, et vers leurs familles. Je comprends leur désarroi. Le gouvernement fédéral, les gouvernements régionaux et les partenaires sociaux s'efforcent de limiter l'impact de la crise économique sur l'emploi. Je les en remercie et les encourage à poursuivre leur action avec détermination.

Malgré cette situation préoccupante, il se présente aussi des événements positifs pour notre pays. Ainsi, je tiens à saluer la magnifique désignation de Mr Herman Van Rompuy comme tout premier président du Conseil Européen. C'est un grand honneur pour lui comme pour notre pays, et une garantie de progrès pour l'Europe. J'y reviendrai plus tard.

Avant cela, j'aimerais rappeler qu'en octobre dernier, nos concitoyens et beaucoup de personnes dans le monde ont vécu une grande joie :  l'hommage universel rendu à Joseph De Veuster, mieux connu sous le nom de père Damien. Chez nous, son rayonnement dépasse les clivages philosophiques et communautaires, comme en témoigne sa popularité aussi bien au nord qu'au sud. C'est rare, mais Joseph De Veuster peut assurément être appelé "un prophète dans son pays". Cette appréciation unanime prouve que des valeurs, telles que la solidarité et le respect de la dignité humaine, auxquelles le père Damien donna une forme aussi unique, sont toujours tenues en haute estime par les Belges. S'engager comme il l'a fait sur le chemin de la solidarité radicale jusqu'à l'extrême suscite pour Damien une affection universelle, aujourd'hui encore.

Comme le disait le président Obama dans un message aux Belges, et je cite :  "Je tiens à exprimer ma profonde admiration pour la vie du père Damien De Veuster. Je tiens à transmettre mes meilleurs voeux au royaume de Belgique et aux Belges qui peuvent être fiers de compter le père Damien parmi leurs héros".  (fin de citation). Mais Damien n'est pas seulement une personnalité héroïque. Son exemple doit nous inspirer aujourd'hui à plus de solidarité, en particulier avec les plus vulnérables de notre société.

Il y a aussi un second sujet que je voudrais aborder avec vous :  il s'agit de l'important progrès qui vient d'être réalisé en matière de construction européenne. En effet, le traité de Lisbonne a récemment été ratifié par l'ensemble des 27 pays membres de l'Union Européenne. Cela marque l'aboutissement d'un long processus difficile, entamé il y a plus de huit ans avec la déclaration de Laeken de 2001. Cette ratification du traité de Lisbonne est importante car elle annonce le début d'une nouvelle étape dans la construction européenne. En effet, elle va améliorer considérablement la prise de décision dans l'Union. Dans de nombreux domaines, les Etats membres ont renoncé à leur droit de veto. Cela permettra de prendre des décisions à la majorité qualifiée sur une multitude de sujets. Par ailleurs, l'Europe a désigné son premier président, notre compatriote Herman Van Rompuy, et elle a choisi son haut représentant pour les Affaires étrangères, lady Ashton. Enfin, le rôle du Parlement Européen a été accru et une nouvelle Commission sera mise en place.

Cette progression importante doit permettre à l'Europe d'être plus efficace encore sur le plan intérieur, et de mieux jouer son rôle dans les grands dossiers internationaux tels que le climat, les négociations économiques et financières internationales, la coopération au développement et la paix dans le monde. Elle illustre aussi la force et la dynamique du projet européen, qui écarte les obstacles avec patience et détermination. Je voudrais féliciter à cette occasion tous nos responsables politiques qui ont contribué successivement et de façon exemplaire à ce progrès.

Celui-ci doit aussi servir d'exemple à notre propre pays. Ici également, la diversité et les divergences de vue entre groupes de population rendent la cohésion parfois plus difficile. Mais nous devons, pour le bien-être de nos concitoyens, surmonter les obstacles avec créativité, confiance et détermination. C'est à cette condition que nous pourrons continuer à jouer le rôle constructif qui est le nôtre en Europe. En effet, nous manquerions de crédibilité pour suggérer le dépassement des divergences entre les Etats membres si nous ne parvenons pas à le faire au sein de notre propre pays".

lundi 22 octobre 2012

Le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale


                                                                        

(Article actualisé en décembre 2016)

La reine Fabiola était très sensible aux personnes handicapées et avait créé en 1967 la Fondation Nationale Reine Fabiola pour la Santé Mentale. Cette fondation a été remplacée en 2004 par un plus modeste Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale qui est géré par la Fondation Roi Baudouin, mais celui-ci n'est pas très connu. Au sein de la famille royale, c'est aujourd'hui la princesse Astrid qui a repris ce combat en faveur des personnes handicapées :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/05/le-combat-dastrid-pour-les-handicapes.html

Que fait le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale?

S'inspirant de l'ouvrage "Au plus près des gens", le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale a consacré le cycle 2007-2009 au thème Travail et Santé Mentale. L'objectif était de soutenir financièrement des projets qui aident des personnes souffrant de problèmes psychiques à se sentir de nouveau bien dans leur travail. En 2008, dix projets ont reçu une aide de 5.000 euros (montant total : 50.000 euros). Deux exemples concrets :  l'asbl Baken de Sint-Amandsberg qui offre un soutien aux personnes souffrant de troubles du spectre autistique afin de les intégrer dans le circuit normal du travail, et l'asbl Hand in Hand de Gent qui propose un travail thérapeutique sur mesure aux personnes souffrant de problèmes psychosociaux au sein de l'atelier de menuiserie.

En 2011, le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale et le Fonds Julie Renson (tous deux gérés par la Fondation Roi Baudouin) ont mis en place un programme commun d'activités :  enquête auprès des patients et des assistants proches sur les services de première ligne ; séminaire le 10 juin sur les idées pour améliorer l'offre de soins de santé mentale de première ligne ; séminaire le 15 septembre sur le rôle du médecin généraliste dans les soins de santé mentale de première ligne ; séminaire le 17 novembre sur la place des soins psychiatriques à domicile de première ligne ; rencontre d'une journée entre 12 personnes souffrant d'un trouble psychique sur leur expérience sur le marché du travail.

Le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale était présidé en 2016 par le docteur Ann d'Alcantara. Au cours de l'année 2016, en collaboration avec le Fonds Julie Renson et la Fondation Roi Baudouin, le fonds a lancé un appel à projets sur le thème "Renforcer les organisations actives dans le rétablissement en santé mentale". Trois projets se sont partagés un montant total de 70.700 euros :   30.000 euros pour un projet permettant aux sans abris souffrant de troubles psychiques d'accéder à un logement individuel ;  22.200 euros pour un projet de cartographier le réseau d'initiatives en région bruxelloise pour les personnes souffrant de troubles psychiques ;  18.700 euros pour le projet "Bureau des Usagers" à Gand pour professionnels actifs dans les soins de santé mentale afin de partager leurs expériences.

Il est cependant dommage qu'aucun membre de la famille royale ne semble s'intéresser aux activités de ce fonds...

mercredi 17 octobre 2012

Le prince Laurent de Belgique

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1° Enfance et formation (de 1963 à 1993)

Troisième dans l'ordre de succession au trône à sa naissance, le prince Laurent, Benoît, Baudouin, Marie de Belgique est né le 19 octobre 1963 au château du Belvédère. Il a les yeux bleus et les cheveux châtains. Le choix du prénom surprend tous les observateurs qui en ont déduit une volonté d'indépendance de la princesse Paola par rapport aux traditions et au protocole de la Cour. Le parrain du petit garçon est Bettino Ricasoli, époux de Laura Ruffo di Calabria et beau-frère d'Albert et Paola. Sa marraine est la princesse Sophie de Bavière, lointaine cousine de la famille royale. On remarquera que les princes de Liège n'ont choisi ni le roi Baudouin, ni la reine Fabiola comme parrain et marraine de leurs enfants...

Comme son frère Philippe, Laurent effectue ses études primaires en français au Collège Saint-Michel d'Etterbeek, où il sera un élève turbulent et assez médiocre. Ensuite, il séjourne deux ans en internat à l'école abbatiale de Loppem en Flandre occidentale, mais ses connaissances insuffisantes du néerlandais lui posent beaucoup de problèmes. De plus, il ne s'y plaisait pas et a fait une fugue avant d'être retrouvé par la police sur la E40. A la même époque, ses parents sont en pleine crise conjugale.

En septembre 1977, le prince entre au Collège Pie X d'Anvers. A 14 ans, il y recommence pour la troisième fois sa première année secondaire. Durant la semaine, il loge dans une famille d'accueil anversoise et retourne le week-end au Belvédère. A la fin de trois années difficiles, Laurent obtient - enfin - son diplôme de l'enseignement secondaire inférieur en 1980 à quelques mois de ses 17 ans.

Le prince passe ensuite l'année scolaire 1980-1981 à l'Ecole Royale des Cadets à Laeken, mais son niveau en mathématique était trop faible pour rester dans cet établissement. Son père le prince Albert décide alors de lui faire suivre pendant deux ans des cours privés au château du Belvédère avec le professeur Rudy Bogaerts. Cet enseignement personnalisé porte ses fruits : il obtient son diplôme de l'enseignement secondaire devant le jury central en juin 1983.

En septembre 1983, le prince Laurent entre à l'Ecole Royale Militaire dans la 123ème promotion toutes armes. Il y reste une année. A cette époque, suite à une dispute avec ses parents, il quitte le Belvédère et s'installe au château de Laeken avec le roi Baudouin et la reine Fabiola. Après l'Ecole Royale Militaire, Laurent entame à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve des études de vétérinaire qu'il abandonne ensuite. Cet amour des animaux l'avait déjà poussé à demander à sa mère un stage chez un vétérinaire comme cadeau pour son dix-huitième anniversaire.

Comme son grand-oncle le prince Charles et son père le prince Albert, Laurent choisit (ou est obligé par le Palais?) d'entrer à la force navale belge. En septembre 1985, il est nommé enseigne de deuxième classe, c'est-à-dire officier en formation. Il prête serment en tant qu'officier le 30 octobre suivant.

D'avril à juin 1988, il commence une spécialisation pour devenir pilote d'hélicoptère avec 40h de vol à son actif. Il entame également une formation de plongeur. A l'occasion du Jour de la Marine à Bruges, le prince Albert remet le 20 juillet 1989 l'insigne de plongeur à son fils cadet. En 1989-1990, il preste 90h de vol supplémentaires. Le roi Baudouin lui épingle ses ailes de pilote d'hélicoptère le 20 mars 1990.

En 1991, la Chambre et le Sénat votent un projet de loi abolissant la loi salique dans l'ordre de succession au trône. Le prince Laurent se retrouve dernier de la liste, derrière sa soeur la princesse Astrid, ses neveux et nièces. Deux hypothèses s'affrontent :  soit les institutions européennes ont fait pression sur le Palais pour supprimer cette inégalité, soit le roi Baudouin a souhaité reléguer son turbulent neveu le plus loin du trône au profit de la sage princesse Astrid. Le prince Laurent est persuadé de cette deuxième hypothèse, et n'a pas caché son amertume et sa déception.

Au début des années 90, le prince Laurent quitte Laeken pour emménager quelques temps chez la famille Solvay à La Hulpe. Il termine sa formation par plusieurs stages à l'étranger : dans l'entreprise américaine Battelle Memorial Institut (qui aide les entreprises menaçant d'enfreindre la législation environnementale), à l'université californienne de Berkeley, à la Banque Mondiale, au Fonds Monétaire International, etc. Cette série de stages se clôture en 1993 à Bruxelles à la Commission Européenne.

2° Fils de roi (de 1993 à 2013)

Suite à l'accession au trône d'Albert II en 1993, le prince Laurent reçoit l'Ordre de Léopold et sort de l'ombre, car il est maintenant le fils du Roi. Alors que la reine Fabiola n'avait désormais plus d'influence sur la vie du Palais, il est certain que la reine Paola a fortement insisté auprès de son époux pour que leur fils cadet reçoive des responsabilités lui permettant de s'épanouir. Tous deux très sensibles, Paola et Laurent partagent un certain anticonformisme, une volonté d'indépendance vis-à-vis de la Cour, un caractère rebelle, l'amour de la nature, des animaux et de l'Italie.

A l'occasion de ses 30 ans en octobre 1993, Laurent est le premier enfant du nouveau couple royal à répondre à des interviews pour la presse belge avec qui il entretiendra de bonnes relations pendant une dizaine d'années. Il s'installe avec ses chiens dans une maison construite pour lui par la Donation Royale à Tervuren. Le 11 juillet 1994, le prince devient le président du tout nouvel Institut Royal pour la Gestion Durable des Ressources Naturelles et la Promotion des Technologies Propres (IRGT) et entame son combat en faveur de l'environnement (plus d'infos à ce sujet :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/08/le-prince-laurent-et-lenvironnement.html).

Suite au génocide rwandais, le prince Laurent se rend en août 1994 dans les camps de réfugiés de Goma et déclare à son retour à la presse :   "J'ai été très surpris par les efforts des organisations humanitaires. J'espère, par mon voyage, sensibiliser la population belge à susciter une entraide plus dense pour le Rwanda. C'est un désastre. J'ai été impressionné par le désarroi des Rwandais et des Zaïrois. Les organisations humanitaires font un travail extraordinaire, il faut les encourager".

A l'automne 1994, le prince Laurent reçoit Yves Goux de l'hebdomadaire "Ciné-Télé-Revue" pour un entretien qui ne passe pas inaperçu. Sur la chasse :   "Mon devoir de réserve ne m'autorise pas à participer à une manifestation contre la chasse. Mais le fait est que je n'aime pas les chasseurs. On n'a pas le droit de retirer une vie qui ne nous appartient pas. Je ne comprends pas pourquoi quelqu'un tire sur des animaux, alors qu'il pourrait apprendre en se contentant de les observer".

Sur la religion :  "Le pêché est une culpabilité imposée. Dans la religion catholique, cette notion est très forte. Ce n'est jamais une bonne chose lorsqu'il y a imposition d'une idée. Je déteste les procès d'intention et je penche surtout pour le fait d'être toujours honnête avec soi-même. La religion est utile et je suis profondément croyant. A mes yeux, les Ecritures sont un livre de vie. Mais je ne trouve pas bien que certains les utilisent en guise de justification ou de protection. Je me sens moins engagé que d'autres dans le domaine de la religion mais j'y réfléchis cependant tous les jours".  Contrairement à tous les membres de la famille royale, Laurent n'assiste pas à la béatification du père Damien par le pape Jean-Paul II...

Proche de la famille princière de Bourbon-Siciles, le prince Laurent a été fait en 1994 à Rome chevalier de l'Ordre constantinien de Saint-Georges. Il est aussi le parrain de la princesse Maria Carolina, fille du prince Charles de Bourbon-Siciles, duc de Calabre, et de Camilla Crociani avec qui il passe souvent des vacances en Sardaigne.

En compagnie du Docteur Jean Bastien (le vétérinaire chez qui il avait fait un stage pour ses 18 ans), il annonce fièrement en 1995 la création de la Fondation Prince Laurent pour le bien-être des animaux sauvages et domestiques. Son activité la plus connue est la gestion de ses quatre dispensaires pour animaux, situés dans le quartier des Marolles (Bruxelles), à Seraing, à Anvers et à Boussu (un cinquième dispensaire devrait bientôt voir le jour à Gand). En échange d'une cotisation annuelle de 5 euros, les personnes défavorisées peuvent y faire soigner leur animal gratuitement. Le deuxième pilier de la Fondation est la Plate-forme belge des méthodes alternatives à l'expérimentation animale. Enfin, la Fondation mène aussi des actions de sensibilisation pour le bien-être des chevaux, des poneys et des ânes, et offre des bourses à des associations de défense des animaux.

En 1996, le prince Laurent sort un livre intitulé "Suivez le chien dans l'art et la ville", fruit de plusieurs années de recherches et de promenades. Dans le domaine culturel, il a accepté la présidence d'honneur de l'Orchestre National de Belgique.

L'hospitalisation du fils cadet des souverains en janvier 1999 fait les gros titres des journaux. Toutes ses activités officielles avaient été annulées en raison d'une "mauvaise grippe". Le 22, on apprend que Laurent avait séjourné à la Clinique La Ramée à Uccle, spécialisée dans le traitement des dépressions nerveuses. Le prince confie :  "C'est vrai, j'ai eu un coup dur. J'ai eu une surcharge de travail considérable, mon calendrier est trop lourd. Il fallait faire quelque chose. J'ai donc décidé de suivre une cure de sommeil".  La reine Paola y est venue lui rendre visite. Suite à cette hospitalisation, plusieurs rumeurs ont circulé : certains évoquaient une rupture sentimentale, d'autres une mésentente avec la famille royale.

Le prince Laurent est, depuis 1999, le parrain d'une nouvelle orchidée papillon qui porte son prénom. (elle est le résultat de 2.000 croisements opérés par Jean Van Haute, un horticulteur gantois). Et il accorde son Haut Patronage à l'Association belge pour les enfants et les adultes atteints d'une maladie du métabolisme.

En avril 2000, il a été intronisé grand maître honorifique de la Société des Compagnons de Saint-Laurent, célèbre pour sa fête annuelle du Meyboom. Le 31 mai 2000, le prince rejoint son frère et sa soeur sur les bancs de la Haute Assemblée. Après avoir prêté serment comme sénateur de droit, il prononce un plaidoyer en faveur de l'environnement.

Après avoir reçu l'accord du gouvernement fédéral, le Roi et la Reine annoncent, le 19 décembre 2002, les fiançailles de leur fils cadet et de Claire Coombs qui apparaissait à ses côtés en public depuis un an (plus d'infos sur la princesse Claire :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2010/01/les-36-ans-de-la-princesse-claire-de.html). Le 12 avril 2003, les fiancés s'unissent civilement à l'hôtel de ville de Bruxelles. Le mariage religieux se déroule à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule et est marquée par la méditation du prêtre français Guy Gilbert, ami personnel du prince (plus d'infos sur le mariage :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/04/le-mariage-du-prince-laurent-et-de-la.html). Le couple aura trois enfants :  la princesse Louise, les princes Nicolas et Aymeric.

En 2006, le prince Laurent crée une nouvelle fondation privée, dont il est administrateur et président du conseil d'administration :  Global Renewable Energy and Conservation Trust (GRECT). Son siège se trouve à la Maison des Energies Renouvelables (rue d'Arlon, 63-65 à Bruxelles), inaugurée en mars 2006 par le prince, le premier ministre Guy Verhofstadt et le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso. L'immeuble appartient à la société Cerbux Invest. C'est une vitrine de toute la technologie la plus pointue en matière d'efficacité énergétique. Elle est financée par l'Etat fédéral et l'European Renewable Energy Council (EREC) et est visible sur simple demande.

Grâce à la détermination de la Fondation Prince Laurent depuis 2002, la charte du bien-être des animaux de ferme voit le jour le 20 septembre 2006 lors d'une cérémonie officielle de signature dans les serres royales de Laeken, en présence du prince, de plusieurs ministres, de représentants de la Fédération Nationale du Commerce de Bétail et de la Viande, du Conseil National de la Protection Animale, du Boerenbond, de la Fédération Belge des Entreprises de Distribution, de Gaia, etc. C'est l'aboutissement d'un long travail de réflexion suite à la révélation par la presse de cas de maltraitance dans les abattoirs de Ciney et d'Anderlecht. Le 1er décembre 2006, le prince Laurent et la princesse Astrid, sénateurs de droit, assistent à la séance organisée pour le 20ème anniversaire de la loi relative à la protection et au bien-être des animaux, votée à l'initiative de Roland Gillet, sénateur honoraire et actuel administrateur de la Fondation Prince Laurent.

Un énorme scandale financier éclabousse le prince Laurent en décembre 2006 lorsque les médias révèlent l'ouverture le 8 janvier 2007 d'un procès devant le tribunal correctionnel d'Hasselt impliquant quinze personnes (des entrepreneurs limbourgeois et des officiers de marine, dont le colonel Noël Vaessen, ancien conseiller de Laurent) accusées de faux en écriture, détournement de fonds public, association de malfaiteurs, escroquerie et corruption. Parmi les 2 millions d'euros détournés des comptes de la Marine, 175.000 euros concernent du mobilier destiné à la Villa Clémentine et à la Fondation Prince Laurent. Les inculpés demandent au juge de faire citer le fils cadet des souverains comme témoin, faisant remarquer qu'il n'a pas été interrogé par les enquêteurs. Deux questions se posent : était-il au courant des "arrangements financiers" de son conseiller? A-t-il été protégé par la justice? Pendant ce temps, Noël Vaessen raconte à la presse plein de ragots invérifiables sur les goûts de luxe et la vie sentimentale du prince célibataire, et explique que lors de son installation à Tervuren, Laurent n'avait pas de dotation et recevait trop peu d'argent de ses parents pour meubler sa nouvelle maison. Le journaliste Pascal Vrebos, qui a été reçu en 1994 à la Villa Clémentine, confirme :  "Il y avait des pièces qui étaient encore tout à fait vides et l'intérieur dans lequel nous avons fait l'interview était vraiment tout ce qu'il y a de plus normal".

Dans son discours de Noël 2006, le Roi déclare :  "Il est souvent question ces temps-ci d'abus de biens sociaux et de ressources publiques. Je voudrais faire deux remarques à ce sujet. Aucune personne n'est au-dessus de la loi et la justice doit pouvoir faire son travail en toute indépendance. Lorsque la justice établit des détournements, il me semble équitable que la réparation concerne tous ceux qui en ont tiré avantage".  Albert II passe ensuite des paroles aux actes en signant l'arrêté royal rédigé par la Ministre de la Justice permettant la comparution de son fils cadet. Entretemps, les républicains et séparatistes en profitent pour réclamer la suppression de la dotation du prince, des subsides de l'IRGT et même des pouvoirs du souverain. Par contre, Laurent est défendu publiquement par son ami le père Guy Gilbert et son ancien précepteur Rudy Bogaerts.

Le procès commence le 8 janvier 2007. Le procureur du Roi d'Hasselt demande à la police de procéder le soir même à l'audition du prince, ce qui aurait dû normalement être fait durant l'enquête. Dans le procès-verbal rendu public par la presse, Laurent déclare :  "Mon père, le Roi, et la Cour ont désigné vers 1993 un officier, Noël Vaessen, comme mon conseiller. Son devoir, c'était de me conseiller, être intendant et la gestion de mes besoins. Monsieur Vaessen a constaté que le bâtiment n'était pas meublé et il voulait trouver une solution pour moi. Moi-même, j'avais insuffisamment de moyens pour avoir une vie convenable dans cette habitation. Quand cet homme de confiance qui m'était désigné par le Palais et en qui j'avais totalement confiance me disait que la Marine prenait la charge des coûts pour la rénovation de l'habitation, avenue Jezus Eik 166 à Tervuren, je n'avais aucune raison de douter de la légitimité de cette façon de travailler. Je dois ajouter qu'à cette période, personne ne se posait de questions quant à la fiabilité de Noël Vaessen".

Le lendemain, Laurent devient le premier membre de la famille royale à être entendu comme témoin dans un procès. Attendu par une meute de journalistes, il arrive à bord d'une Smart au palais de justice d'Hasselt. Le prince répète en néerlandais au tribunal ce qu'il a dit la veille aux policiers. Il est défendu par Maître Fred Erdman. Même si Laurent n'a pas été inculpé, la Liste Civile du Roi rembourse, quelques semaines plus tard, les 175.000 euros à la Marine. L'affaire est close, mais elle a terni l'image du prince autrefois si populaire, et fragilisé la monarchie.

Suite à ce procès, le ministre flamand de l'Environnement Kris Peeters demande à la Cour des Comptes un rapport sur la gestion de l'IRGT qui reçoit chaque année 170.000 euros du gouvernement flamand pour des projets environnementaux. En mars 2007, la Cour des Comptes rend son rapport :  elle n'a trouvé aucune irrégularité dans les comptes de l'IRGT, y compris dans les notes de frais du prince. Elle estime cependant que le volet financier doit à l'avenir répondre à une plus grande exigence de transparence. Sous l'impulsion de la Flandre, les trois régions décident de diminuer leur participation financière. De 400.000 euros, l'IRGT ne bénéficie plus que de 140.000 euros d'argent public à partir de 2008, ce qui entraîne des restrictions de personnel. Par ailleurs, des membres du conseil d'administration craignent un conflit d'intérêts entre l'IRGT et la GRECT, tous deux présidés par le prince Laurent. Le vicomte Etienne Davignon, l'un des administrateurs de la GRECT, conteste cette analyse et se dit garant de l'orthodoxie du montage. Le 31 août 2007, Jacques Wirtgen, général de brigade et ingénieur civil issu de la faculté polytechnique de l'Ecole Royale Militaire, quitte ses fonctions de directeur de l'IRGT qu'il occupait depuis 2000.

Des turbulences apparaissent aussi au sein de la Fondation Prince Laurent. En décembre 2008, l'administrateur-délégué Jean Bastien et quatre administrateurs (Michel Isralson, Erik Mondron, Claudine Titeca et Claude Van der Cruys) démissionnent suite à un désaccord avec le prince. Suite au procès d'Hasselt, le Docteur Bastien, soutenu par le conseil d'administration, voulait rembourser les 25.000 euros reçus par la Fondation de la Marine, mais Laurent n'était pas d'accord. Le versement ayant eu lieu, le prince et le vétérinaire ne se parlaient plus, et la Fondation tournait au ralenti. C'est désormais Jean-Jacques Van de Berg qui est le nouvel administrateur-délégué de la Fondation.

Très intéressé par la mode, le couple princier donne un coup de pouce au jeune styliste belge Bernard Depoorter en 2009. Ce dernier confie aux quotidiens du groupe Sud Presse :  "Un jour, j'ai reçu un appel du prince Laurent. Il avait entendu parler de mon travail et savait que je lançais ma propre entreprise. Il m'a proposé ni plus ni moins de faire tout ce qu'il pouvait pour m'aider. J'avoue que je ne savais pas trop quoi penser après ce coup de fil. Alors j'ai attendu...et le prince Laurent a tenu parole. Il m'a donné un vrai coup de pouce. Lorsque j'ai présenté mon défilé en mars, il m'en a offert l'écrin : sa Maison des Energies Renouvelables. Il a invité des gens de son entourage : presse, noblesse, p.ex. A mes yeux, il a une forte personnalité. Quand il a dit qu'il va faire quelque chose, il le fait. Sans le moindre doute, le prince est passionné par l'art. Il adore cet univers et assiste à de très nombreux défilés :  Chine, Natan, p.ex. Je crois qu'il aime cette ambiance et qu'il aime le stylisme. Il a souvent émis son avis sur mon travail et commente de nombreux détails. Il s'intéresse à ce que va porter son épouse la princesse Claire. Elle, je rêve de l'habiller, car c'est une belle femme au maintien royal et j'imagine très bien ce qui pourrait lui convenir dans mes créations. Elle est très élégante et peut tout se permettre. D'autant qu'elle n'hésite pas à se lâcher sur le plan vestimentaire pour des soirées privées".   Son souhait sera exhaussé car la princesse Claire portera une robe de Bernard Depoorter lors de la fête nationale 2010.

Entretemps, en septembre 2009, le conseil d'administration de l'IRGT (créé en 1994 et présidé par le prince) décide de dissoudre l'Institut qui éprouvait des difficultés financières suite à la réduction des subsides octroyés par les trois régions et à sa condamnation à payer des indemnités de licenciement à son ancien directeur Jacques Wirtgen.

Le prince Laurent crée la polémique en se rendant au Congo en 2011 malgré l'avis défavorable du Palais et du gouvernement fédéral. Le premier ministre Yves Leterme annonce que s'il se rend à nouveau à l'étranger sans son accord, il perdra sa dotation. Le Palais ne l'invite plus pendant plusieurs mois aux cérémonies de la Cour (dont la fête nationale 2011). Le prince a réduit ses activités officielles :  30 activités officielles en 2009, 40 activités officielles en 2010 et 31 activités officielles en 2011. Mais certains, comme le philosophe Corentin de Salle, pense qu'aux côtés des autres membres plus lisses de la famille royale belge,  "Laurent est - peut-être à son insu - une pièce essentielle du dispositif monarchique" (voir l'entièreté de son opinion :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/12/opinion-de-corentin-de-salle-sur-le.html). Une nouvelle biographie du prince rebelle par Mario Danneels vient de sortir en français et en néerlandais.

3° Décorations étrangères

Lors de la venue de chefs d'Etat étrangers en Belgique, le prince Laurent a reçu plusieurs décorations :

- Grand-Croix de l'Ordre du Mérite de la République allemande (en 1998)
- Grand-Croix de l'Ordre du Mérite Civil et Militaire d'Adolphe de Nassau (Luxembourg, en 1999)
- Chevalier d'honneur et de dévotion de l'Ordre Souverain et Militaire de Malte (en 1999)
- Grand-Croix de l'Ordre du Mérite Civil (Espagne, en 2000)
- Grand-Croix de l'Ordre Royal de l'Etoile polaire (Suède, en 2001)
- Grand-Croix de l'Ordre Royal du Mérite (Norvège, en 2003)
- Grand-Croix de l'Ordre de l'Infant Dom Henrique (Portugal, en 2005)
- Grand-Croix de l'Ordre de la Couronne (Pays-Bas, en 2006)
- Grand-Croix de l'Ordre du Mérite (Hongrie, en 2008)

mardi 9 octobre 2012

Interview de la princesse Marie-Esméralda de Belgique

Née en 1956, la princesse Esmeralda de Belgique est la fille cadette du roi Léopold III et de la princesse Lilian. Elle est aussi la demi-soeur et filleule de notre roi Albert II. Depuis 1998, elle vit à Londres avec son époux Sir Salvador Moncada et leurs deux enfants, mais revient régulièrement en Belgique (la semaine dernière, elle était ainsi à Bruxelles pour le vernissage de l'exposition sur les vêtements de Cour de sa tante la reine Marie-José et le 10ème anniversaire de la Fondation Polaire Internationale où elle était assise à côté du prince Albert de Monaco). La princesse a accepté de répondre par mail à mes questions sur sa carrière de journaliste :

"Madame, quand et pourquoi avez-vous voulu devenir journaliste?
- Etant adolescente, je voulais devenir comédienne. J'adorais le théâtre et le cinéma, et je pensais sérieusement entreprendre cette carrière. Puis, j'ai choisi d'étudier le droit aux facultés Saint-Louis de Bruxelles avec l'idée de devenir avocate. Après la deuxième candidature, j'ai décidé de faire une licence en communication sociale (journalisme) à Louvain-la-Neuve de 1977 à 1979. L'écriture et les voyages sont des passions que j'ai pu satisfaire dans la profession de reporter.

- Comment ont réagi vos parents, eux qui n'ont pas toujours été épargnés par les journalistes?
- Même si mes parents n'ont pas été épargnés par la presse, ils n'ont jamais essayé de me dissuader. Mon père m'a déclaré à l'époque :  "Si tu agis avec rigueur et honnêteté, le journalisme est l'un des plus beaux métiers du monde".

- Quels souvenirs gardez-vous de vos études de journaliste? Quels rapports aviez-vous avec les autres étudiants?
- Je garde de très bons souvenirs de mes études. Les autres étudiants étaient originaires de différents pays, notamment d'Amérique latine, et nous entretenions d'excellents rapports. J'ai effectué un stage d'un mois à "La Libre Belgique", durant lequel je suis passée par tous les services du journal, à l'exception de la politique intérieure. J'ai choisi d'écrire ma thèse de fin d'études sur le rôle de la presse dans l'affaire Empain, ce qui m'a passionné.

- Vos études de journalisme terminées, quelles étaient vos envies pour votre début de carrière?
- Mes études terminées, j'avais envie de devenir grand reporter et de parcourir le monde. Je n'envisageais pas de travailler dans l'audiovisuel ; je préférais la presse écrite.

- Quand et pourquoi êtes-vous partie travailler à Paris?
- Je suis partie à Paris en 1980 comme stagiaire au "Figaro Magazine", dirigé à l'époque par Louis Pauwels. Je souhaitais partir à l'étranger qui offrait, pour moi, une plus grande liberté d'action et la possibilité de travailler comme n'importe quelle autre journaliste.

- Comment s'est passé ce stage au "Figaro Magazine"?
- C'était passionnant pour moi de me trouver au sein d'un magazine d'un tel renom avec des journalistes de grande envergure. Je me souviens des réunions de rédaction durant lesquelles Louis Pauwels demandait à chacun de donner des idées de reportages. Chaque journaliste, y compris stagiaire, avait son temps de parole et il valait mieux présenter un bon projet devant le patron! Je suis restée un an et j'ai eu l'occasion de signer plusieurs articles dont une interview d'Axel Springer, le grand patron de presse allemand.

- Ce départ en 1980 représente aussi une plus grande liberté et indépendance par rapport à votre vie au domaine royal d'Argenteuil?
- Tout à fait. C'était la première fois que j'habitais seule dans un appartement et que je devais me débrouiller sans l'aide de personne. Mon père est venu habiter plusieurs jours dans mon appartement et ma mère venait souvent passer une journée à Paris et déjeuner avec moi. De toute façon, je revenais à Argenteuil pour de nombreux week-ends.

- Qu'avez-vous fait après ce stage au "Figaro Magazine"?
- Après le stage au "Figaro Magazine", je suis restée à Paris et j'ai collaboré, en free lance, à de nombreux magazines français, allemands, italiens et espagnols, réalisant des interviews du monde du spectacle, des arts, des sciences et des entrepreneurs. J'ai également réalisé des reportages de décoration. J'ai exercé mon métier de journaliste jusqu'en 1998, date à laquelle j'ai quitté Paris pour Londres où je me suis mariée.

- Parmi tous ces articles écrits entre 1980 et 1998, pouvez-vous nous en citer cinq qui vous tiennent particulièrement à coeur?
- J'ai eu la chance d'interviewer des hommes de science comme l'Américain Robert Gallo ou le chirurgien Michael Debakey, des stars tels qu'Anthony Quinn, John Cassavetes, Brigitte Bardot, des grands sportifs tels que Bjorn Borg, des chefs d'entreprise comme Enzo Ferrari ou Axel Springer, ...

- Sous quel nom avez-vous choisi d'écrire ces articles? Est-ce que votre titre de princesse vous a ouvert ou fermé des portes?
- J'ai écrit sous le nom "Esmeralda de Belgique" et aussi "Esmeralda de Réthy". Mon nom m'a ouvert quelques portes, bien entendu, mais parfois c'était un inconvénient et finalement, ce qui compte, c'est le professionalisme que l'on doit prouver sur le terrain.

- Quel regard portaient vos parents sur votre carrière de journaliste?
- Mes parents étaient fiers, je pense, que je sois indépendante et que j'exerce un métier que j'aime.

- Avez-vous eu envie de les interviewer?
- J'aurais aimé le faire mais ils n'auraient pas accepté.

- Que faisiez-vous durant vos temps libres à Paris, quels étaient vos endroits préférés?
- J'ai adoré la ville de Paris où j'ai habité 16 ans (car j'ai également résidé à Milan en Italie pendant plusieurs mois). A Paris, j'aimais flâner dans les rues ou sur les quais de la Seine, entrer dans les librairies de quartier, visiter et revisiter les musées comme, par exemple, celui consacré à Rodin, prendre un brunch le dimanche au café Flore sur le boulevard Saint-Germain, et surtout être en compagnie de mes amis.

- Avez-vous des modèles comme journalistes?
- Mon premier héros du journalisme était un grand écrivain :  Joseph Kessel. Grâce à Marcel Jullian qui fut son ami, j'ai la chance de posséder un exemplaire dédicacé de son livre sur l'aviateur Jean Mermoz. J'ai toujours admiré les grands reporters comme Oriana Fallaci ou Marie Colvin, assassinée il y a peu.

- Comment vous est venue l'idée d'écrire la biographie du couturier Christian Dior?
- J'avais préparé un article de presse sur les 50 ans de la Maison Dior en 1997 et, pour ce faire, interviewé de nombreuses personnes qui avaient connu Christian Dior et qui avaient travaillé avec lui. J'ai découvert tellement d'anecdotes et d'informations que j'ai pensé que cela valait la peine d'écrire un livre.

- Quel regard portez-vous sur l'évolution de la presse écrite face à Internet et aux réseaux sociaux?
- Internet et les réseaux sociaux ont révolutionné l'information ces dernières années. Tout va beaucoup plus vite et tout est plus transparent. C'est un avantage qui rend la censure plus difficile et qui nous permet d'avoir accès à énormément de sources. Mais il faut également être très prudent car on trouve le meilleur et le pire sur Internet. Les journalistes ont plus que jamais un rôle d'intermédiaire à jouer pour donner de la crédibilité aux informations.

- Par rapport à votre mère et à votre frère, votre expérience de journaliste n'a-t-elle pas été aussi un avantage pour bien communiquer avec la presse et les médias à partir de 2001 lorsque vous êtes sortie de l'ombre pour la promotion de votre livre sur le roi Léopold III?
- Certainement.

- Maintenant que vos enfants sont plus grands, aimeriez-vous reprendre votre carrière de journaliste?
- Je me considère toujours une journaliste, même si je me consacre davantage à la rédaction d'ouvrages depuis plusieurs années.

- Merci Madame d'avoir accepté de répondre à ces questions".

Retrouvez les deux autres interviews par mail que m'a accordées la princesse :

- sur son père le roi Léopold III :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2009/09/la-princesse-marie-esmeralda-nous-parle.html

- sur son frère le prince Alexandre :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2010/07/marie-esmeralda-nous-parle-de-son-frere.html

lundi 1 octobre 2012

Activités royales en septembre 2012

1 activité officielle pour le Roi :  20ème anniversaire de la Fondation Reine Paola.

7 audiences pour le Roi :  le premier ministre Elio Di Rupo, les ambassadeurs du Nigeria, de Bosnie-Herzégovine, du Bhoutan, d'Estonie, de Guinée et de Tanzanie.

1 activité officielle pour la reine Paola :  20ème anniversaire de la Fondation Reine Paola.

0 activité officielle pour la reine Fabiola.

18 activités officielles pour le prince Philippe :  20ème anniversaire de la Fondation Reine Paola, visite de l'asbl Youth at Risk-Vlaanderen à Hasselt, pélérinage annuel de l'Union des Déportés Juifs en Belgique, match de football Belgique-Croatie, ouverture de l'année académique de la Verick Leuven Gent Management School, 60ème anniversaire du régiment para-commando, forum FEB 2012, rencontre avec les présidents des mouvements de jeunesse flamands, réouverture officielle du Théâtre Royal de Liège, réunion de travail chez Comeos, soirée du comité de soutien de Flandre occidentale de la Fondation Roi Baudouin, 75ème anniversaire de l'Association de la Noblesse de Belgique, 27ème symposium On Fusion Technology, séance académique en l'honneur de Theo Rombouts, rencontre avec l'équipage de la mission STS 45 de la Nasa, visite de l'entreprise A&S Energie, rencontre avec des officiers-élèves de l'Ecole Royale Militaire, Motocross des Nations à Lommel.

6 activités officielles pour la princesse Mathilde :  20ème anniversaire de la Fondation Reine Paola, 70ème anniversaire de l'Association Belge du Diabète, débat sur l'alphabétisation en Europe, réouverture officielle du Théâtre Royal de Liège, soirée du comité de soutien de Flandre occidentale de la Fondation Roi Baudouin, 75ème anniversaire de l'Association de la Noblesse de Belgique.

6 activités officielles pour la princesse Astrid :  20ème anniversaire de la Fondation Reine Paola, forum "La construction de la solidarité de demain", concert à la cathédrale de Tournai, 25ème anniversaire de la Fédération Belge des Banques Alimentaires, 30ème anniversaire de L'Ecole à l'hôpital et à domicile, visite des laboratoires de neurosciences de l'Université de Liège.

1 activité officielle pour le prince Lorenz :  20ème anniversaire de la Fondation Reine Paola.

3 activités officielles pour le prince Laurent :  20ème anniversaire de la Fondation Reine Paola, inauguration d'une école maternelle à Uccle, balade canine co-organisée par la Fondation Prince Laurent.

2 activités officielles pour la princesse Claire :  20ème anniversaire de la Fondation Reine Paola, balade canine co-organisée par la Fondation Prince Laurent.

Récapitulatif des activités officielles de janvier à septembre 2012 :

Prince Philippe :  165 activités officielles

Princesse Mathilde :  140 activités officielles

Roi :  39 activités officielles + 87 audiences

Princesse Astrid :  53 activités officielles

Reine Paola :  46 activités officielles

Princesse Claire :  23 activités officielles

Prince Laurent :  23 activités officielles

Prince Lorenz :  21 activités officielles

Reine Fabiola :  20 activités officielles