lundi 16 avril 2018

Notre dynastie et le Canada

                       
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1° Liens entre notre dynastie et le Canada

A partir de septembre 2014, la princesse Luisa Maria de Belgique (fille de la princesse Astrid) entame des études de sciences politiques et économiques à l'Université Mc Gill de Montréal.

En octobre 2014, le Roi et la Reine reçoivent à dîner le gouverneur général du Canada David Johnston et son épouse, venus en Belgique pour les commémorations à Nieuport et Ypres du centième anniversaire de l'inondation de la plaine de l'Yser et de la première bataille d'Ypres.

La princesse Astrid emmène une mission économique belge au Canada en novembre 2015.

Lors du forum économique mondial de Davos en janvier 2018, la reine Mathilde assiste au discours du premier ministre canadien Justin Trudeau.

2° Voyage d'Etat du roi Philippe et de la reine Mathilde au Canada (mars 2018)


Les derniers voyages d'Etat belgo-canadiens remontaient à une quarantaine d'années!  En 1971, le gouverneur général Roland Michener était venu en voyage d'Etat en Belgique, puis le roi Baudouin et la reine Fabiola s'étaient rendus à leur tour au Canada en 1977.

Quarante ans plus tard,  le roi Philippe et la reine Mathilde se rendent en voyage d'Etat au Canada, accompagnés d'une importante délégation belge (le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, les ministres-présidents des régions et communautés, des hommes d'affaires, des recteurs d'université, des journalistes, etc.).

La première journée de leur voyage d'Etat au Canada fut très protocolaire à Ottawa :    cérémonie d'accueil officielle avec honneurs militaires, rencontre avec la gouverneure générale et ancienne astronaute Julie Payette (rappelons que c'est toujours Elisabeth II qui est la souveraine du Canada), plantation d'érables dans les jardins, hommage à la tombe du Soldat Inconnu, rencontre avec le président du Sénat et son épouse, déjeuner offert par le président du Sénat, visite à la Chambre des Communes, visite d'une cabane à sucre traditionnelle, dîner de gala offert par le gouverneur général.

L'absence de rencontre entre le couple royal et le charismatique premier ministre canadien Justin Trudeau pour raison d'incompatibilité d'agenda fait grincer quelques dents...

Au niveau vestimentaire, le premier jour, la reine Mathilde a fait du "recyclage" de deux tenues déjà portées lors du voyage d'Etat aux Pays-Bas en 2016 :  robe et manteau rouges vifs Armani Privé pour l'accueil par la gouverneure générale (qui lui a offert une broche en forme de feuille d'érable), et robe du soir du couturier néerlandais Jan Taminiau pour le dîner de gala (accompagnée de son diadème de mariage offert par la noblesse belge, et de boucles d'oreilles héritées de la reine Fabiola).

Pour leur deuxième journée,  nos souverains visitent trois musées (Musée des Beaux-Arts du Canada, Musée Canadien de la Guerre et Musée Canadien de la Nature), le Roi participe à un séminaire sur l'apprentissage des langues à l'Université d'Ottawa et à un déjeuner d'affaires à la résidence de l'ambassadeur belge pendant que la Reine est à un petit-déjeuner sur le thème des Objectifs de Développement Durable de l'ONU et à un déjeuner académique à l'Université d'Ottawa. La tenue orangée et rouge signée Natan de Mathilde avait déjà été vue lors du voyage d'Etat au Japon.

Dans le cadre du centenaire de la première guerre mondiale, la Ville de Mons rend officiellement au Canada l'un des deux canons qui ont tiré les dernières salves en 1918. Ce canon a été offert à la Ville avec un autre qui est exposé au Mons Memorial Museum. A noter que le dernier soldat canadien mort le 11 novembre 1918 à 11h58 est enterré au cimetière de Saint-Symphorien, près de Mons.

En soirée, ils offrent un concert et un walking dinner à leurs hôtes canadiens, dont la gouverneure générale Julie Payette. La Reine était vêtue d'une robe du soir bleue déjà portée un an plus tôt aux 80 ans des souverains norvégiens.

La troisième journée du voyage d'Etat se passe à Toronto. Au programme :  rencontre avec le lieutenant-général de l'Ontario, rencontre avec le président de l'assemblée législative de l'Ontario, dîner offert par le ministre de la Recherche de l'Ontario, cérémonie de signature de contrats, visite du Mars Venture Showcase, table ronde avec des CEO canadiens et belges (pour Philippe), et visite de l'hôpital pour enfants malades (pour Mathilde).

Nos souverains sont les 15 et 16 mars à Montréal. Au programme de ces deux journées :  visite de l'usine de la société belge Sonaca  (où ils retrouvent les astronautes Frank De Winne et Julie Payette), rencontre avec le lieutenant-gouverneur du Québec, rencontre avec le premier ministre du Québec, déjeuner officiel offert par le premier ministre du Québec, conclusions d'une table ronde sur les technologies digitales, visite de l'Académie Callebaut du Chocolat (8 millions de kilos de chocolat belge sont exportés chaque année au Canada), conférence sur l'intelligence artificielle, réception pour la communauté belge vivant au Québec, table ronde sur l'entreprenariat social, visite d'un projet de la Fondation des Canadiens pour l'enfance de Montréal, cérémonie de signature de contrats, déjeuner sur la coopération scientifique entre le Québec et la Belgique, déjeuner d'affaires à la Caisse de dépôt et de placement du Québec, rencontre avec des étudiants belges et canadiens de l'Université Mc Gill, séminaire audiovisuel, avant de terminer par un concert de Lara Fabian et Alice on the Roof. Subtil équilibre de Mathilde :  pour écouter ces deux artistes francophones, elle était vêtue d'une tenue du couturier anversois Dries Van Noten déjà portée en Belgique.

A Montréal, nos souverains ont retrouvé leur nièce la princesse Luisa Maria de Belgique (fille de la princesse Astrid) qui étudie les sciences politiques et économiques depuis septembre 2014 à l'Université Mc Gill de Montréal. Elle était présente lors de la réception offerte à la communauté belge vivant au Québec, et lors de la visite de la Reine à l'université (voir photo ci-dessous).

                                

Conclusion :   ce voyage d'Etat au Canada s'est bien passé, sauf que le Roi et la délégation belge n'ont pas été reçus par le premier ministre Justin Trudeau...  De son côté, la Reine semble avoir voulu faire taire les critiques sur ses vêtements :  en portant une majorité de tenues déjà vues d'une part, et en variant les couturiers afin de moins mettre en avant la Maison Natan d'autre part.

lundi 2 avril 2018

Activités royales en mars 2018

                                   

9 audiences pour le Roi :   le premier ministre Charles Michel, le président du CD&V Wouter Beke, la ministre francophone de l'Enseignement Marie-Martine Schyns, les co-auteurs du livre "Leren duaal leren", le sportif médaillé Bart Swings, l'émir du Qatar, la juge à la Cour Constitutionnelle Fientje Moerman, la commissaire-générale de la police fédérale Catherine De Bolle, le gouverneur de la Banque Nationale de Belgique Jan Smets.

43 activités officielles pour le Roi :   visite à la FEB avec l'émir du Qatar, dîner au château de Laeken avec des jeunes infirmiers, visite de l'exposition "La famille royale fait la Une", déjeuner au château de Laeken pour la Journée Internationale de la Femme, 10ème anniversaire de la Belgian Industrial Research and Development, ouverture du siège international de la Convention mondiale des maires pour le climat et l'énergie, représentation de "La Passion selon Saint-Jean" de Bach à Anvers, visite du projet "Samen op Straat" à Anvers, réception au palais royal pour 34 stagiaires diplomates belges    + 34 activités officielles lors du voyage d'Etat au Canada (cérémonie d'accueil officielle avec honneurs militaires, rencontre avec le gouverneur général Julie Payette, plantation d'érables, hommage à la tombe du Soldat Inconnu, rencontre avec le président du Sénat et son épouse, dîner offert par le président du Sénat, visite à la Chambre des Communes, visite d'une cabane à sucre traditionnelle, dîner de gala offert par le gouverneur général, séminaire sur l'apprentissage des langues à l'Université d'Ottawa, visite du Musée des Beaux-Arts du Canada, déjeuner d'affaires à la résidence de l'ambassadeur, visite du Musée Canadien de la guerre, visite du Musée Canadien de la nature, réception officielle belge, rencontre avec le lieutenant-général de l'Ontario, rencontre avec le président de l'assemblée législative de l'Ontario, dîner officiel offert par le ministre de la Recherche de l'Ontario, cérémonie de signature de contrats, visite du Mars Venture Showcase, table ronde avec des CEO belges et canadiens, visite de l'usine de la Sonaca, rencontre avec le lieutenant-gouverneur du Québec, rencontre avec le premier ministre du Québec, déjeuner officiel offert par le premier ministre du Québec, conclusions d'une table ronde sur les technologies digitales à l'Université de Montréal, conférence sur l'intelligence artificielle, réception pour la communauté belge vivant au Québec, table ronde sur l'entreprenariat social, visite d'un projet de la Fondation des Canadiens pour l'enfance de Montréal, cérémonie de signature de contrats, déjeuner d'affaires à la Caisse de dépôt et de placement du Québec, séminaire audiovisuel, concert de Lara Fabian et Alice on the Roof).

47 activités officielles pour la Reine :   visite de la Luca School of Arts à Louvain, visite du projet WCU-Dance à Wijnegem, dîner au château de Laeken avec des jeunes infirmiers, déjeuner à Gand avec des femmes de Flandre Orientale de différents secteurs, déjeuner au château de Laeken pour la Journée Internationale de la Femme, Semaine de l'Argent à Molenbeek-Saint-Jean, concert du Concours Musical Reine Elisabeth destiné à sensibiliser les jeunes à la musique classique, signature à Anvers du World Ports Sustainability Programm envers les ODD, représentation de "La Passion selon Saint-Jean" de Bach à Anvers, visite de la Kazerne Dossin, spectacle de danse d'Anne Teresa De Keersmaecker à Louvain, 20ème anniversaire du centre Child Focus, réception au palais royal pour 34 stagiaires diplomates belges  
+ 34 activités officielles lors du voyage d'Etat au Canada (cérémonie d'accueil officielle avec honneurs militaires, rencontre avec le gouverneur général Julie Payette, plantation d'érables, hommage à la tombe du Soldat Inconnu, rencontre avec le président du Sénat et son épouse, dîner offert par le président du Sénat, visite à la Chambre des Communes, visite d'une cabane à sucre traditionnelle, dîner de gala offert par le gouverneur général, petit-déjeuner sur le thème des ODD, visite du Musée des Beaux-Arts du Canada, déjeuner académique à l'Université d'Ottawa, visite du Musée Canadien de la guerre, visite du Musée Canadien de la nature, réception officielle belge, rencontre avec le lieutenant-général de l'Ontario, rencontre avec le président de l'assemblée législative de l'Ontario, dîner officiel offert par le ministre de la Recherche de l'Ontario, cérémonie de signature de contrats, visite du Mars Venture Showcase, visite de l'hôpital pour enfants malades, visite de l'usine de la Sonaca, rencontre avec le lieutenant-gouverneur du Québec, rencontre avec le premier ministre du Québec, déjeuner officiel offert par le premier ministre du Québec, visite de l'Académie Callebaut du Chocolat, conférence sur l'intelligence artificielle, réception pour la communauté belge vivant au Québec, table ronde sur l'entreprenariat social, visite d'un projet de la Fondation des Canadiens pour l'enfance de Montréal, déjeuner sur la coopération scientifique entre le Québec et la Belgique, rencontre avec des étudiants belges et canadiens de l'Université Mc Gill, séminaire audiovisuel, concert de Lara Fabian et Alice on the Roof).

4 activités officielles pour le roi Albert II et la reine Paola :  visite de l'exposition "Het Vlot, Kunst is (niet) eenzaam" à Ostende, lunch au Royal North Sea Yacht Club d'Ostende, visite de la maison de l'asbl Habbekrats à Ostende, concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth

1 activité officielle pour la princesse Elisabeth :  spectacle de danse d'Anne Teresa De Keersmaecker à Louvain

0 activité officielle pour la princesse Astrid

1 activité officielle pour le prince Lorenz :   spectacle "En chemin" de l'asbl Eglises Ouvertes

2 activités officielles pour le prince Laurent :   visite du Salon International de l'Automobile à Genève, rencontre avec le chef international de l'Armée du Salut au siège à Bruxelles

0 activité officielle pour la princesse Claire

Récapitulatif des activités officielles de janvier à mars (source :   www.monarchie.be) :

Roi :   80 activités officielles   + 26 audiences

Reine :   89 activités officielles

Prince Laurent :   10 activités officielles

Princesse Astrid :   8 activités officielles

Reine Paola :   8 activités officielles

Roi Albert II :   7 activités officielles

Princesse Claire :   4 activités officielles

Prince Lorenz :   3 activités officielles

Princesse Elisabeth :    1 activité officielle

lundi 26 mars 2018

La reine Mathilde, ministre belge de la Culture

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Après les reines Elisabeth, Fabiola et Paola, c'est désormais Mathilde qui, en tant que Première Dame de Belgique, s'occupe du domaine culturel.

Le titre de cet article peut surprendre mais suite à la fédéralisation de la Belgique, les compétences culturelles sont aujourd'hui partagées entre des ministres des trois communautés linguistiques, tandis que dix importantes institutions culturelles sont restées fédérales et sont donc gérées par un membre du gouvernement belge...  La reine Mathilde est donc la seule personnalité à s'intéresser à tout le monde culturel belge, quelle que soit sa langue.

En tant que Première Dame de Belgique depuis 2013, Mathilde assiste ou visite les principaux événements culturels du pays. Outre le Concours Musical International Reine Elisabeth et le festival Europalia qui sont soutenus depuis toujours par la famille royale, citons notamment le 75ème anniversaire de la Cinémathèque Royale de Belgique et la rétrospective d'Henry Van de Velde au Cinquantenaire en 2013, l'exposition "Rubens et son héritage" au palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 2014, le lancement de Mons, capitale culturelle européenne en 2015, la rétrospective de Constantin Meunier aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique et la première représentation de "My breathing in my dancing" de la chorégraphe belge Anne-Teresa De Keersmaecker en 2015, le concert à Aarschot pour les 20 ans de la chorale Scala et l'exposition "L'âge d'or des Pays-Bas méridionaux" à Gand en 2016, la rétrospective Rik Wauters aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique et la première belge de l'opéra "Pinocchio" en 2017.

Lors des voyages d'Etat en Belgique, la Reine accompagne les Premières Dames dans leurs visites culturelles :    le Musée des Instruments de Musique à Bruxelles avec l'épouse du président chinois, la Maison de Rubens et le Musée de la Mode à Anvers avec la compagne du président allemand,  le Musée Memling à Bruges avec la reine Rania de Jordanie.

Ajoutons qu'elle accorde son Haut Patronage à différentes institutions culturelles des trois régions, comme l'Ecole Royale de Ballet d'Anvers, le Festival de Wallonie ou l'asbl Les Amis du Théâtre Royal de la Monnaie.

Echanges culturels entre communautés

En novembre 2013, quelques mois après son accession au trône, le Roi reçoit en audience les ministres de la Culture Fadila Laanan et Joke Schauvliege (reçues ensemble, ce qui est très rare), puis nos souverains organisent une réunion de travail au palais royal sur la coopération culturelle entre communautés.

Un déjeuner de travail a lieu en avril 2016 au château de Laeken sur le thème "La culture comme levier de dialogue entre les communautés du pays". Autour du couple royal, on retrouve Serge Rangoni (directeur du Théâtre de Liège), Dirk Snauwaert (directeur du Wiels), Sophie Karthäuser (soprano), David Van Reybrouck (auteur), Philippe Geluck (dessinateur), Jan Goossens (directeur du KVS), Michaël Borremans (peintre), Laurent Busine (directeur honoraire du MAC's), Anne-Teresa De Keersmaecker (chorégraphe) et Jaco Van Dormael (cinéaste).

Un nouveau déjeuner culturel a lieu un an plus tard, avec quatre mêmes invités (Laurent Busine, Serge Rangoni, David Van Reybrouck et Jaco Van Dormael). Ils sont accompagnés de six autres personnes du milieu culturel :  Sidi Larbi Cherkaoui (directeur du Koninklijk Ballet van Vlaanderen), Chris Dercon (intendant de la Volksbühne Berlin), An Veronica Janssens (artiste), François Schuiten (dessinateur), Jan Raes (directeur du Koninklijk Concertgebouw Amsterdam) et Ivo Van Hove (directeur du Toneelgroep Amsterdam).

La musique

Au printemps 2014, la Reine reçoit, avec le Roi, le célèbre musicien belge Toots Thielemans au château de Laeken. En octobre, elle se rend à l'asbl Music Fund à Marche-en-Famenne, qui fête son 10ème anniversaire, et qui collecte des instruments en Europe, les répare et leur donne une deuxième vie dans des zones de conflit et des pays en développement. Mathilde décide de leur accorder son Haut Patronage, et profite de son passage à Marche-en-Famenne pour visiter l'école internationale de lutherie, créée et dirigée par Gauthier Louppe.

En 2014, la reine Fabiola, qui ne faisait plus aucune apparition publique suite à ses problèmes de santé, fait part de son souhait que la reine Mathilde lui succède en tant que présidente d'honneur du Concours Musical International Reine Elisabeth. Une fonction qu'elle assumait avec enthousiasme depuis le décès de la reine Elisabeth en 1965. En novembre, les reines Mathilde et Paola assistent aux funérailles du comte Jean-Pierre de Launoit, président du Concours.

Comme la tante de son époux, Mathilde se montre très présente au Concours. Elle a introduit une nouveauté en invitant des membres de familles royales régnantes à une des finales :   la grande-duchesse héritière Stéphanie de Luxembourg en 2015, la reine Maxima des Pays-Bas en 2016, la duchesse Brigitte de Gloucester et la princesse Sarvath de Jordanie en 2017.

Mathilde inaugure, en novembre 2016, la Salle Reine Elisabeth rénovée à Anvers.

En 2017, le Fonds Reine Mathilde choisit comme thème "Par des jeunes, pour des jeunes...et en musique!". Parmi les 120 dossiers de candidature reçus, 23 projets ont été sélectionnés par un jury d'experts et se sont partagés un budget total de 150.000 euros. Un jury de jeunes (issus de l'Institut Provincial Technique de Court-Saint-Etienne et du Lemmensinstituut de Leuven) a ensuite choisi, parmi ces 23 projets, le lauréat du Prix Reine Mathilde 2017 (d'une valeur de 10.000 euros) :  le projet "Crossing Music" de l'association Watermusic d'Ostende. Ils demandent à des enfants de nationalités très différentes d'amener les comptines de leur propre culture afin de les travailler musicalement ensemble.

A l'occasion de cette remise de prix, la Reine déclare :

"La musique fait partie intégrante de la vie, et en particulier celle des jeunes. Les festivals musicaux connaissent un énorme succès, les concerts accueillent un public considérable et lors des manifestations sportives, la musique est omniprésente. Comment expliquer l'attirance que la musique suscite depuis toujours auprès des personnes de tous les âges?

La musique revêt des formes extrêmement différentes. Les préférences musicales sont très personnelles. La musique s'adresse à un public varié, ayant des centres d'intérêt très divers : certains préfèrent le classique, d'autres sont captivés par le jazz ou la dance, d'autres encore sont fous de rap. L'offre musicale est tellement vaste que chacun peut y trouver réponse à ses attentes. La musique est un langage universel qui unit les hommes, quelle que soit leur origine, et c'est une chose à laquelle les jeunes sont sensibles. Ecouter la même musique ou assister ensemble à un concert renforce l'estime de soi et un sentiment de connivence et de bonheur.

La recherche scientifique a établi que la musique est bénéfique à la mémoire et à l'apprentissage de la langue. Une nouvelle langue s'apprend plus aisément grâce à la musique, qui permet donc indirectement d'accéder à une autre culture. La musique rend plus tolérant et nous aide à comprendre les autres. De plus, la musique a un effet bénéfique sur le fonctionnement du cerveau en nous permettant de mieux planifier, de nous concentrer davantage et d'avoir une plus grande souplesse d'esprit. C'est probablement ce qui explique que la musique contribue à une meilleure intégration et à plus de bien-être à l'école, ainsi que l'ont fait apparaître des études. 

L'amour de la musique se transmet souvent dès le plus jeune âge au sein de la famille. L'influence de parents mélomanes peut être prépondérante et inspiratrice pour les préférences musicales des enfants. Mais il arrive tout aussi bien que les jeunes fassent en matière de musique des choix diamétralement opposés aux préférences de leurs parents. Nous ne pouvons sous-estimer le rôle que joue la musique auprès des jeunes qui sont en recherche de leur identité. Elle est un des éléments qui aident le jeune à déterminer à quel groupe il voudra et pourra s'identifier.

C'est en cela que réside la force de la musique :  elle rassemble des personnes qui, chacun ou chacune à sa manière, apprécieront ensemble une émotion musicale en partageant un moment privilégié. Malheureusement, tout le monde n'a pas accès à une formation musicale. La musique ne figure pas dans tous les programmes scolaires, et si les parents eux-mêmes ne s'y intéressent pas particulièrement, les contacts qu'auront les enfants avec la musique se résumeront souvent à ce qu'ils entendent à la radio, à la télévision ou sur les réseaux sociaux.

Si tel est le cas, c'est souvent la musique classique qui fait figure de parent pauvre, car elle a la réputation d'être ingrate et élitiste. Cette réputation n'est pas justifiée. Ce qui est vrai, c'est que la musique classique ne dévoile ses secrets que quand on prend le temps de se mettre à leur recherche. En ce sens, elle renforce le sens de l'effort des enfants. Et l'histoire de la musique nous apprend que de nombreux grands compositeurs étaient issus de milieux relativement modestes. C'est grâce à leur talent, qui est totalement indépendant de leur origine, grâce également à l'engagement de leurs parents, de leurs professeurs et de mélomanes qui les ont soutenus que ces jeunes sont devenus de grands musiciens.

La musique a également fait ses preuves en tant que thérapie destinée à rétablir un équilibre entre le rationnel et l'émotionnel. J'ai effectué récemment une visite dans un centre d'accueil temporaire qui héberge des jeunes en proie à une crise d'identité. La musique apprend à ces jeunes à mieux se connaître, à comprendre les autres et à déterminer leur place dans la société. Peu importe qu'il s'agisse de chansons pop, de pièces pour fanfare ou d'oeuvres classiques :  le fait de partager certaines affinités en se plongeant ensemble dans la musique incitera les jeunes à extérioriser des émotions auxquelles ils ne parvenaient pas à donner une place. Cela permet d'entamer un processus qui guérit bien des blessures".

Le 21 juillet 2017, le couple royal crée la surprise en allant au festival Tomorowland qui réunit chaque année des milliers de jeunes à Boom. Mathilde se rend également en novembre à l'Ecole Supérieure des Arts à Mons pour y rencontrer des jeunes musiciens. Lors du voyage d'Etat au Canada, nos souverains assistent à un concert de la jeune chanteuse hennuyère Alicia on the Roof.

La musique est à nouveau le thème de l'appel à projets du Fonds Reine Mathilde pour l'année 2018.

La littérature

En tant que princesse, Mathilde soutenait déjà activement la Semaine de la lecture à haute voix organisée dans la communauté néerlandophone par la Stichting Lezen (à qui elle accorde son Haut Patronage), et a effectué personnellement plusieurs lectures devant des enfants.

La Reine reçoit en audience les écrivains belges Stefan Hertmans et Amélie Nothomb, assiste à la remise des Prix des Lettres Néerlandaises 2015 et au monologue théâtral "Missie" de l'auteur belge David Van Reybrouck. A l'occasion du centenaire de la mort du poète belge Emile Verhaeren en 2016, le couple royal se rend à Sint-Amands pour se recueillir devant sa tombe et visiter le musée qui lui est consacré. Ils se déplacent également à la Foire du Livre 2016 de Francfort afin d'y soutenir les écrivains belges et néerlandais qui y sont mis à l'honneur.

Un an plus tard, la reine Mathilde est de retour à la Foire du Livre de Francfort dont la France est l'invitée d'honneur. Après avoir parcouru les différents stands, elle assiste à un déjeuner de travail sur le rayonnement international des Lettres francophones de Belgique, au cours duquel elle prononce un discours :

"Cette année, la Buchmesse de Francfort parle français, et tout le monde en parle.... Mais Francfort parle aussi le belge, et nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer la belle langue de notre pays. Soyons fiers de notre présence active en cet endroit où se réunit la fine fleur du monde de l'édition, des lettres et de l'expression artistique. Il est normal et important que nous nous manifestions ici car la littérature belge francophone est depuis des générations reconnue comme un fleuron culturel qui porte la réputation de la Belgique bien au-delà de nos frontières. Et pas uniquement à Paris, mais également dans toute la francophonie et au-delà. La Buchmesse est comme une lentille qui concentre tous ces faisceaux en un seul endroit. Profitons-en pour briller.

Le français comme langue, mais aussi en tant que vecteur culturel, intellectuel, scientifique et pédagogique, soutient le rayonnement de notre pays. Mais il est fondamental également dans le développement personnel de tout un chacun. Je suis très attachée à la littérature en général. Comme la musique, les livres sont activement présents dans ma vie. Je dirais même qu'ils en sont indissociables. J'essaie donc de transmettre cette passion pour les livres à mes enfants. Dans le même ordre d'idées, j'encourage les jeunes à lire régulièrement. La lecture d'un livre est en effet bénéfique pour leur apprentissage et les stimule à accroître leurs connaissances, leur fantaisie et leur imaginaire. 

Vous savez combien j'attache de l'importance à la stimulation de l'environnement cognitif de l'enfant et ce dès le plus jeune âge. De ma propre expérience, la lecture à haute voix est cruciale. Je sais aussi que cela demande un effort continu des parents et de l'école. Mais cela en vaut la peine. Pour y arriver et pour éveiller la curiosité de nos jeunes, il faut des supports illustrés, des livres pour enfants et des bandes dessinées. Cette richesse littéraire existe dans notre pays. Dans la conception et la réalisation de ces supports et de leur contenu, nos auteurs, illustrateurs et pédagogues peuvent se démarquer et offrir des produits ciblés sur les besoins de développement de l'enfant.

Nous tous, et en particulier nos enfants, sommes confrontés à l'omniprésence du monde digital. C'est un défi constant que nous devons tous relever. Lors de l'ouverture de la Buchmesse avant-hier, la chancelière Merkel a lancé un appel à tous les auteurs  "pour contribuer avec leur discernement et leurs émotions à infuser la globalisation de la force créatrice humaine".  C'est plus qu'un appel, il me semble : c'est une ambition, voire une nécessité.

Nous pouvons et devons apporter à cette communauté internationale réunie ici à Francfort ce que nous faisons de mieux :  notre créativité, notre inspiration, la mise en valeur de nos talents, l'originalité de notre approche, notre multiculturalité aussi, et notre ouverture au monde. Je vous félicite pour ce que vous faites et pour ce que vous êtes. Continuez surtout à nous étonner, nous former, nous élever, nous divertir. Le monde et notre pays ont besoin de vous. Parfois avec un regard rebelle mais toujours en créant du bonheur et de l'espérance pour les lecteurs".

Art contemporain

Au cours de ses 20 ans de règne, la reine Paola a montré tout son intérêt pour l'art contemporain, notamment en intégrant cinq oeuvres d'art contemporain belges au sein du palais royal de Bruxelles.

La reine Mathilde continuer d'encourager les artistes qui ont travaillé avec sa belle-mère :   elle a visité la rétrospective de Michaël Borremans à Bruxelles en 2014, l'exposition Rops/Fabre à Namur en 2015, les deux dernières expositions organisées en 2015 par Laurent Busine au Musée d'Art Contemporain du Grand-Hornu, le pavillon belge de Dirk Braeckman à la Biennale de Venise 2017, ainsi que l'exposition Marthe Wéry à Charleroi en 2017.

Michaël Borremans et Laurent Busine participent à un déjeuner de travail organisé par nos souverains en 2016 sur le thème "La culture comme levier de dialogue entre les communautés du pays".

La Reine s'intéresse aussi à d'autres artistes : elle a visité les ateliers de Paul Van Hoeydonck en 2017 et Luc Tuymans en 2018. Elle se rend à la foire d'art contemporain de Bruxelles à l'occasion de son 50ème anniversaire en 2018.

A l'étranger

Ses premières visites culturelles à l'étranger ont eu lieu en septembre 2013 :  visite de l'exposition "L'Europe de Rubens" au Louvre-Lens et inauguration de l'exposition Magritte à New York.

En mai 2015, la Reine se rend un jour à La Haye pour déjeuner avec des représentants culturels belges actifs aux Pays-Bas, inaugurer l'exposition "Vormidable" (marquant le 20ème anniversaire de la coopération culturelle entre la Flandre et les Pays-Bas) avec la reine Maxima, et visiter l'exposition sur les artistes plasticiens de la province de Liège. Le mois suivant, lors de leur voyage d'Etat en Chine, elle assiste au spectacle "Han Show" de Franco Dragone et se rend au Ullens Center for Contempory Art créé par des collectionneurs belges.

Nos souverains se rendent à la Foire du Livre 2016 de Francfort afin d'y soutenir les écrivains belges et néerlandais qui y sont mis à l'honneur. Puis, en octobre, la Reine passe une journée à Paris pour visiter les expositions consacrées à Hergé et Magritte. Et lors du voyage d'Etat aux Pays-Bas en novembre, les reines Maxima et Mathilde visitent la rétrospective Pierre Alechinsky en compagnie de l'artiste.

Comme l'a fait sa belle-mère à plusieurs reprises, la Reine se rend à la Biennale de Venise en septembre 2017. Elle y visite le pavillon belge et la 57ème exposition d'art contemporain "Viva Arte Viva".

Lors de la 14ème réunion informelle des chefs d'Etat de pays germanophones en septembre 2017 à Luxembourg, Mathilde et les conjoints de chefs d'Etat ont un programme culturel :  rencontre avec des auteurs luxembourgeois ayant l'identité et l'intégration comme thèmes de prédilection, présentation des itinéraires culturels du Conseil de l'Europe, visite du Musée d'Art Contemporain Grand-Duc Jean et de la Philharmonie Luxembourg. Le mois suivant, la Reine est de retour à la Foire du Livre de Francfort.

Conclusion :

Comme les reines Elisabeth, Fabiola et Paola avant elle,   Mathilde soutient de nombreuses initiatives culturelles, en particulier en faveur de la musique et de la littérature. Suite à la fédéralisation du pays, elle est la seule personnalité à s'intéresser à la culture des trois communautés, et tente de rapprocher leurs responsables en les recevant ensemble.

lundi 12 mars 2018

Exposition de photos sur notre famille royale à Bruxelles

                                           

En cette année 2018, l'hebdomadaire "Le Soir Mag" (ex- "Le Soir Illustré") fête ses 90 ans. Il appartient aujourd'hui au groupe Rossel. A cette occasion, les Musées Royaux d'Art et d'Histoire du Cinquantenaire proposent l'exposition "La famille royale fait la une" qui présente 300 couvertures du magazine avec la famille royale belge. Cette exposition a été montée par Daniel Van Wylick (directeur général du "Soir Mag"), Marc Pasteger (rédacteur en chef) et Pierre De Vuyst (journaliste responsable des pages sur la monarchie). C'est le roi Philippe en personne qui est venu l'inaugurer.

Daniel Van Wylick a répondu aux questions des journaux du groupe Sud Presse :

"D'où vient l'idée de monter cette exposition?
- Des 90 ans du "Soir Mag". Je trouvais que c'est un bel âge. Et l'une des matières les plus largement traitées depuis la naissance de ce qu'on appelait à l'époque "Le Soir Illustré", c'est la monarchie. Parfois avec un ton complaisant, parfois plus critique. La monarchie nous sert de fil rouge. Il n'y a pas une période où elle n'a pas fait la une. Plus de 500!  Pour l'exposition et le hors-série que nous mettons en vente, nous en avons retenu 300. 

- Vous en avez écarté?
- Nous avons voulu éviter les répétitions, nous avons pris les grands événements. On arrive en 1928 à la fin du règne d'Albert Ier. Nous n'avons raté que deux rois. Nous avons eu l'agréable surprise de tomber sur les couvertures des années 30 :  elles sont exceptionnelles, imprimées en noir et blanc avec un teint sépia. Elles sont très fortes.

- Vous avez fait d'autres découvertes?
- Peu de Belges le savent, mais pendant la seconde guerre mondiale, il y a aussi eu un "Soir Illustré volé", comme le "Soir volé". Nous l'avons inséré : il est mis par terre, on pourra marcher dessus.

- Il y a quoi sur ces Unes?
- Tous les grands événements heureux et malheureux. La mort de la reine Astrid, par exemple :  elle faisait partie des canons de beauté. C'est la seule reine dont on parle encore aujourd'hui. Il y a beaucoup de couvertures où on la voit se promener avec ses enfants, notamment à Ostende. Il y a aussi les souverains et les princes aux sports d'hiver. 

- Le roi Philippe n'est pas oublié...
- On a survolé toute sa vie. Depuis sa naissance à aujourd'hui, nous avons entre 15 et 20 couvertures le concernant. Il y a des documents qu'il n'avait sans doute jamais vus. C'est fabuleux de voir comment la famille royale communiquait avec la presse au fil du temps. 90 ans, ce n'est pas le Moyen Age, mais, à l'époque, le seul moyen pour le peuple de voir les souverains, c'était dans "Le Soir Illustré" et feu "Le Patriote Illustré".

- Y a-t-il des couvertures controversées que vous avez délibérément écartées?
- Nous avons jugé décent de ne pas mettre le doigts sur les Unes politiquement incorrectes. Pas exclusivement pour éviter de fâcher la famille royale mais pour respecter le public belge. Ce n'est pas une exposition agressive mais on voit par exemple une Une de Fabiola à Motril et on évoque aussi sa succession. Tout est accompagné des légendes de notre journaliste Pierre De Vuyst.

- Qui a retrouvé toutes ces couvertures?
- Nous avons pu compter sur le travail remarquable de notre directeur artistique, Richard Kubicz. C'est un Français mais il connaît mieux l'histoire de notre monarchie que la plupart des Belges! Il a sa propre collection et nous avons nos archives.

- Parlez-nous de ces colonnes...
- Il y en a 28 et elles sont inspirées des colonnes Morris. Nos 300 Unes sont imprimées sur papier photo épais, format A2. On a trouvé que c'était plus chouette de les mettre sur ces colonnes que sur un mur. On doit tout cela à notre scénographe Antonio Nardone. Il y a aussi une partie audiovisuelle avec des archives de l'ancienne Belgavox et des produits éditoriaux modernes réalisés par le "Soir Mag". 

lundi 5 mars 2018

Activités royales en février 2018

                                     


10 audiences pour le Roi :   le premier ministre Charles Michel (reçu 2 fois), le président du CDH Benoît Lutgen, le président de Bulgarie Rumen Radev, le vice-premier ministre Alexander De Croo, le ministre bruxellois des Transports Pascal Smet, le ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie Armin Laschet, le ministre-président wallon Willy Borsus, la ministre flamande de l'Enseignement Hilde Crevits, le premier président de la Cour du Travail de Gand Vincent Dooms

12 activités officielles pour le Roi :  dîner au château de Laeken avec des jeunes enseignants, visite de l'Agence pour le Commerce Extérieur, 5ème anniversaire de la Jonge Academie, messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, 50ème anniversaire du statut social des indépendants, déjeuner avec les présidents du Burkina Faso, Mali, Mauritanie et Tchad (G5 Sahel), cortège des Krakelingen à Grammont, visite de MicroMarché à Anderlecht, visite de la clinique Saint-Joseph à Saint-Vith, visite du centre culturel de Saint-Vith, rencontre avec les jeunes talents de la communauté germanophone, événement "Place aux Jeunes" organisé par l'Institut Royal des Elites du Travail.

23 activités officielles pour la Reine :   visite de l'atelier du peintre Luc Tuymans à Borgerhout, dîner au château de Laeken avec des jeunes enseignants, colloque "L'engagement des étudiants, ressource pour l'avenir", messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, remise du rapport "What do you think?" d'Unicef Belgique, visite de la Maison des Arts du Spectacle de Godinne, cortège des Krakelingen à Grammont, visite de la clinique Saint-Joseph à Saint-Vith, visite du centre culturel de Saint-Vith, rencontre avec les jeunes talents de la communauté germanophone    + 12 activités officielles lors de son voyage au Ghana (rencontre avec le ministre de la Planification, breefing avec des membres du gouvernement et de la société civile, visite de la Teshie Presby High School, visite du marché de Makola, déjeuner de travail avec la Première Dame et les reines mères, visite du projet 2nd Image International, visite de l'usine de Niche Cocoa Industry, visite du Promush Mushroom Project, visite de Recycle UpGhana, rencontre avec le président de la République, déjeuner de travail à la Flagstaff House, conférence à l'Université du Ghana)

1 activité officielle pour le roi Albert II :    messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie

2 activités officielles pour la reine Paola :   messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, visite du Centre d'Aide et Soins à Domicile de Bruxelles

0 activité officielle pour la princesse Elisabeth et le prince Gabriel

4 activités officielles pour la princesse Astrid :   remise des Paralympic Sport Awards, messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, séminaire de l'Union Royale des Pharmaciens de l'Industrie Pharmaceutique, remise des prix de l'European Organisation for Rare Diseases

1 activité officielle pour le prince Lorenz :   messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie

3 activités officielles pour le prince Laurent :   première du film belgo-hollandais Zooks à Anvers, concert à Quaregnon à la mémoire des victimes de la catastrophe de Buizingen, colloque "Enfance et interculturalité".

2 activités officielles pour la princesse Claire :   première du film belgo-hollandais Zooks à Anvers, spectacle au profit de la Maison d'Enfants Reine Marie-Henriette.

Récapitulatif des activités officielles de janvier et février (source :  www.monarchie.be) :

Roi :   37 activités officielles  +  17 audiences

Reine :   42 activités officielles

Princesse Astrid :   8 activités officielles

Prince Laurent :   8 activités officielles

Princesse Claire :   4 activités officielles

Reine Paola :   4 activités officielles

Roi Albert II :   3 activités officielles

Prince Lorenz :   2 activités officielles

Princesse Elisabeth et Prince Gabriel :   0 activité officielle

lundi 26 février 2018

Prochaines activités de l'asbl Dynastie et Patrimoine Culturel

Lundi 19 mars 2018 à 18h : conférence "Herman Teirlinck et la famille royale"

Cette conférence sera donnée en néerlandais par le professeur Stefan van den Bossche au Musée Bellevue à Bruxelles. L'inscription est obligatoire et coûte 7 euros. Il mettra en évidence les relations entre Herman Teirlinck et la famille royale, et son rôle de conseiller dans l'acquisition d'oeuvres d'art.

Herman Teirlinck appartient à la deuxième génération de "Van Nu en Straks", un périodique avant-gardiste qui incarnait pour la jeunesse littéraire de la fin du 19ème siècle l'ultime à atteindre. Plus tard, il sera fonctionnaire, rédacteur, correspondant, chargé de cours, conseiller et intime de la maison du Roi. De plus, Herman Teirlinck est un des auteurs flamands les plus publiés, réimprimés et traduits. Pour la vie culturelle belge, et en particulier flamande, il est d'une importance capitale. Il a souvent donné un visage à la Flandre dans tout le pays. Il était apprécié, était omniprésent et menait une vie de bon vivant.

Lundi 23 avril 2018 à 18h : conférence "Les brevets de l'Ordre de Léopold durant le règne de Léopold Ier"

Cette conférence sera donnée en français par le colonel Eric Tripnaux, réputé pour ses travaux sur l'Ordre de Léopold, au siège de la Société de l'Ordre, rue Tabellion à Ixelles. L'inscription est obligatoire et coûte 7 euros.

Aujourd'hui, les décorés d'un ordre belge de mérite reçoivent un document de format A4 qui atteste l'honneur qui leur est fait par le Roi. A l'origine, une distinction dans l'Ordre de Léopold faisait l'objet d'une gravure ornée de symboles de l'Etat et d'une allégorie de ses vertus civiques. Surtout, elle était signée de la main royale. Comment ce brevet est-il apparu? Pourquoi a-t-il rapidement disparu? C'est le thème de cette conférence qui nous mènera de l'influence française dans la jeune Belgique indépendante au climat politique de la fin de l'unionisme. Le rôle du roi Léopold Ier, de ses ministres et du graveur seront également abordés.

Cliquez ci dessous sur "Asbl Dynastie et Patrimoine" pour avoir plus d'infos sur cette association.

lundi 19 février 2018

Le roi Philippe et la religion

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Religion catholique

Bien que croyant et pratiquant, le roi Philippe garde ses convictions religieuses pour le domaine privé, comme le faisait le roi Albert II. Le 21 juillet 2013, le primat de Belgique Mgr Léonard et le nonce apostolique n'étaient plus, pour la première fois, près de la famille royale au Parlement, mais relégués beaucoup plus loin dans les tribunes. Le Roi a signé la loi sur l'euthanasie des mineurs alors que certains redoutaient qu'il refuse et crée une crise institutionnelle.

Nos souverains effectuent une visite officielle au Vatican en 2015 et rencontrent, pour la première fois, le pape François. Contrairement à son père (ce qui lui avait été vivement reproché), Philippe ne s'est pas agenouillé devant lui, mais lui a donné la main d'égal à égal en tant que chefs d'Etat. Privilège des reines catholiques, Mathilde était habillée de blanc.

Le couple royal assiste, en décembre 2015, à la célébration à la cathédrale Saint-Rombaut de Malines pour la prise de fonction de Jozef De Kesel, nouvel archevêque de Bruxelles-Malines, qui est le chef de l'Eglise catholique belge.

En 2016, le Roi déjeune avec l'archevêque de Bruxelles-Malines Jozef De Kesel en mai, puis reçoit en audience le responsable de la communauté Sant'Egidio Belgique Jan De Volder en juin et le nonce apostolique Giacinto Berloco en juillet.

Hommage à Sœur Jeanne Devos

Lors de leur voyage d'Etat en Inde en novembre 2017, nos souverains retrouvent Sœur Jeanne Devos qu'ils avaient déjà rencontrée lors de missions économiques. Née en 1935, cette religieuse belge a été ordonnée dans la congrégation des Sœurs Missionnaires du Coeur Immaculé de Marie, et a étudié la logopédie à Utrecht aux Pays-Bas. En 1963, elle quitte la Belgique pour l'Inde. Dans un premier temps, elle travaille dans un centre pour handicapés et sourds-muets. Au fil de ses rencontres, elle prend conscience que la pauvreté touche principalement les femmes et les enfants, en particulier ceux vivant dans une situation d'esclavage. En 1985, elle fonde l'association National Domestic Workers Movement avec pour objectif de lutter pour que les domestiques aient des droits et travaillent dans des conditions humaines. Actif dans 24 Etats indiens, elle a déjà permis de sauver plus de 60.000 enfants.

Le roi Philippe prononce une petite allocution lors de leur rencontre :

"Partager ce moment avec vous est pour la Reine et moi une source de grande joie. Nous sommes heureux d'avoir pu inclure cette visite dans notre programme en Inde. Nous vous remercions pour le cadeau de vos sourires et de votre chanson. De solides valeurs gouvernent les relations entre nos deux pays depuis longtemps. Elles ont été ressenties particulièrement  pendant la première guerre mondiale au travers du soutien héroïque des courageux soldats indiens qui se sont battus à nos côtés pour notre liberté.

De nombreux Belges sont venus en Inde, fascinés par ce magnifique pays et sa population. Ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes là où le besoin se faisait sentir. Parmi eux, il y a Sœur Jeanne. Chère Sœur, nous vous connaissons depuis longtemps. Vous avez donné votre vie aux autres. Nous vous sommes reconnaissants pour votre dévouement et votre énergie. Ce que vous avez créé ici est un exemple puissant pour nous tous. Je veux vous remercier et vous féliciter, ma Sœur et tous ceux qui travaillent avec vous dans un esprit d'abnégation. La Reine et moi vous souhaitons tout le succès".

Religion juive

En mai 2014, un homme entre au Musée Juif de Belgique à Bruxelles, et tire sur quatre personnes. C'est la première attaque perpétrée par l'organisation terroriste Etat Islamique en Occident. Le Palais diffuse ce communiqué :   "Le Roi a appris avec consternation la fusillade qui a eu lieu cet après-midi au Musée Juif de Belgique. Il présente ses condoléances aux proches des victimes. Le Roi est indigné par cet acte de violence qui touche de très près la communauté juive".

Quelques semaines après sa réouverture, Philippe se rend au musée. Et un an après cet attentat, il invite des représentants de la communauté juive à un déjeuner au château de Laeken afin de leur apporter à nouveau son soutien.

A l'étranger, la reine Mathilde visite le Musée de l'Histoire des Juifs Polonais en 2015, tandis que son époux se rend en 2016 au Mémorial Juif de Francfort.

Religion orthodoxe

Philippe reçoit en audience le métropolite de Belgique Mgr Athënagoras en mai 2014.

Religion musulmane

En 2016, le Roi reçoit en audience le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique Salah Eechllaoui, et assiste à une conférence du roi Abdallah de Jordanie au Centre interdisciplinaire d'études de l'islam dans le monde contemporain (CISMOC) à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve

Un an plus tard, Philippe participe à un iftar dans une famille musulmane d'Evergem. Et il parle de cette visite dans son discours de la fête nationale 2017 :

"Il y a un mois et demi, je suis allé fêter la rupture du jeûne dans une famille belge musulmane. J'ai été impressionné par la manière dont chacun des membres de cette famille s'implique dans la société. J'ai beaucoup appris sur le sens qu'ils donnent au jeûne et à ce moment de retrouvailles. En sortant de chez eux, tard le soir, j'ai été accueilli par leurs voisins. Ils m'ont offert une bouteille de vin et m'ont dit à quel point ils étaient heureux de vivre dans ce quartier. J'étais fier de voir coexister chez nous, côte à côte, ces deux manières simples et vraies d'exprimer l'hospitalité.

Toutes nos rues ne sont pas comme celle-là. Mais cet exemple nous montre qu'il y a dans notre pays, bien plus que nous le croyons parfois, une communion de valeurs au-delà des différences. Cherchez à apprendre au contact des autres et avec les autres. Vous découvrirez que vous partagez les mêmes interrogations, les mêmes doutes, les mêmes espoirs, les mêmes rêves que vos voisins. Eux aussi sont soucieux du bien-être de leurs enfants, de la qualité de leur travail, du bon accueil de leurs malades ou de leurs aînés. Apprenons également à nos enfants à porter ce regard-là sur le monde. Le bien-être et le bonheur, que nous recherchons tous, n'ont de valeur que s'ils sont réellement partagés".
                                
                             


Religion protestante

En décembre 2017, le Roi assiste à un service d'actions de grâce à la Chapelle Royale à Bruxelles, à l'occasion du 500ème anniversaire de la Réforme.

Laïcité

En 2015, le Roi reçoit en audience le président du Centre d'Action Laïque Henri Bartholomuseum en mars, puis le président de l'Union des Associations Laïques Sylvain Peeters en septembre.

Liens entre les religions

En 2017, Philippe participe à une réunion de travail avec les jeunes du magazine interreligieux "Lueurs", et à une table ronde avec les représentants des six cultes reconnus et de la laïcité qu'il réunissait pour la première fois depuis son accession au trône.

Responsables religieux étrangers

Le Roi reçoit en audience des responsables religieux de passage à Bruxelles :   le patriarche oeucuménique de Constantinople et l'archevêque de Canterbury en 2015, le patriarche d'Antioche en 2016 et 2017, le Grand Mufti de la République Arabe d'Egypte en 2017.

lundi 12 février 2018

Nos souverains et la France

1° Sous la présidence de François Hollande


                              

Quelques mois après leur accession au trône, le nouveau couple royal effectue une visite officielle de courtoisie d'une journée à Paris en février 2014. Accompagnés du premier ministre Elio Di Rupo et du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, ils arrivent en Thalys dans la capitale française et commencent par déposer des fleurs devant la statue équestre du roi Albert Ier, située place de la Concorde. La délégation belge est ensuite reçue à déjeuner par le président français François Hollande au palais de l'Elysée. Philippe reçoit la Grand-Croix de la Légion d'Honneur et Mathilde la Grand-Croix de l'Ordre National du Mérite. Dans l'après-midi, le couple royal se rend à l'Assemblée Nationale et à l'ambassade de Belgique.

Le Roi et la Reine vont revoir deux fois François Hollande en 2014 :   au 70ème anniversaire du Débarquement de Normandie en juin, puis à la commémoration à Liège du 100ème anniversaire du début de la première guerre mondiale en août.

En octobre 2014, le roi Philippe effectue une visite officielle à Saint-Adresse en Normandie. Située près du Havre, cette cité a accueilli le gouvernement belge en exil de Charles de Broqueville de 1914 à 1918 (le roi Albert Ier ne s'y est jamais rendu et a préféré rester à La Panne avec l'armée belge sur le dernier lambeau de territoire libre). Un meeting aérien clôture cette journée.

Le même mois, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian représente son pays aux commémorations à Nieuport et Ypres du centième anniversaire de l'inondation de la plaine de l'Yser et de la première bataille d'Ypres.

La reine Mathilde effectue une visite officielle culturelle d'une journée à Paris en octobre 2016 pour visiter les expositions Hergé au Grand Palais et Magritte au Centre Pompidou. Le déjeuner a lieu à l'ambassade de Belgique.

2° Sous la présidence d'Emmanuel Macron

                              

En mai 2017, le Roi rencontre le président français Emmanuel Macron lors de l'inauguration du nouveau siège de l'Otan à Bruxelles, pendant que son épouse Brigitte est reçue, avec les autres Premières Dames, par la reine Mathilde au château de Laeken.

Au forum économique mondial de Davos en janvier 2018, la Reine assiste au discours d'Emmanuel Macron.

3° Conclusion
En cinq ans de règne, nos souverains ont eu plus de contacts avec les présidents allemands que les présidents français. Cela n'est pas nouveau :  le dernier voyage d'Etat d'un président français remonte à François Mitterrand dans les années 1980. Il s'entendait assez bien avec le roi Baudouin qu'il avait été voir lorsqu'il avait été hospitalisé à Paris et qu'il avait ensuite reçu en voyage d'Etat en 1992, quelques mois avant sa mort. François Mitterrand était présent à ses funérailles.

Par contre, ni Jacques Chirac, ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande ne se sont rendus en voyage d'Etat en Belgique, et n'ont eu une relation étroite avec le roi Albert II qui a effectué un voyage d'Etat de trois jours en France en 2002. Au niveau des Premières Dames, la reine Paola a eu de nombreux contacts avec Bernadette Chirac, toutes deux engagées contre l'exploitation sexuelle des enfants dans le cadre du comité de parrainage de Missing Children Europe.

Y aura-t-il bientôt un nouveau voyage d'Etat franco-belge?   Affaire à suivre....

lundi 5 février 2018

Activités royales en janvier 2018

                             

7 audiences pour le Roi :    le premier ministre Charles Michel (reçu 2 fois), la secrétaire d'Etat bruxelloise Bianca Debaets, les co-présidents d'Ecolo, ainsi que les ambassadeurs de Jamaïque, Colombie et Autriche venus remettre leur lettre de créance.

25 activités officielles pour le Roi :   inauguration du Salon de l'Auto à Brussels Expo, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités de l'Otan, du Shape et de l'Union Européenne, réunion de travail à la FEB sur l'économie belge, visite sur les lieux de l'explosion à Anvers, visite de l'asbl Thermos de Liège, visite du Foyer des Orphelins à Liège, réception de Nouvel An au palais royal pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges  + 17 activités officielles au forum économique mondial de Davos (séance plénière d'ouverture, rencontre avec le roi Abdallah de Jordanie, rencontre avec la présidente de Youth for Technology Foundation, session "Creating a Shared Future in a Fractured World", rencontre avec le président du groupe Alibaba, session "Fake News versus Real Politics", session "Spain and Europe : present and future", rencontre avec le CEO du groupe Maersk, rencontre avec l'ancien secrétaire d'Etat John Kerry, rencontre avec le président de la Confédération de l'industrie britannique, rencontre avec le professeur d'histoire Yuval Noah Harari, discours de la chancelière allemande Angela Merkel, session "Will the Future Be Human?", Belgian Power Reception, rencontre avec le président du Forum Economique Mondial, rencontre avec le CEO d'Arcelor Mittal, rencontre avec le scientifique Bertrand Piccard).

19 activités officielles pour la Reine :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités de l'Otan, du Shape et de l'Union Européenne, réception de Nouvel An au palais royal pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges   + 15          activités officielles au forum économique mondial de Davos (séance plénière d'ouverture, session "Ask About Vaccines", rencontre avec le directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial, session "Creating a Shared Future in a Fractured World", discours du premier ministre canadien, session "Fastering Inclusivity", session "From Fragile Cities to Renewal", session "A sprint to 2020", session "Fake News versus Real Politics", discours du président français, rencontre avec la première ministre norvégienne, réunion avec des entrepreneurs sociaux, Belgian Power Reception, session "Mapping Eastern Europe : the Long View", rencontre avec la directrice générale de la Banque Mondiale, rencontre avec Malala Yousafzai).

2 activités officielles pour le roi Albert II et la reine Paola :   conférence "Grandeur et misère du journalisme d'aujourd'hui" aux Grandes Conférences Catholiques, opéra "Carmen" à Liège.

0 activité officielle pour la princesse Elisabeth

0 activité officielle pour le prince Gabriel

4 activités officielles pour la princesse Astrid :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges, réception de Nouvel An de l'Agence pour le Commerce Extérieur, remise du Trophée National du Mérite Sportif 2017, visite de la maison d'accueil pour défavorisés Nativitas à Bruxelles.

1 activité officielle pour le prince Lorenz :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges

5 activités officielles pour le prince Laurent :   réception du Stomaclub Boechout, inauguration de la plate-forme "We are Mobility" de la FEBIAC, visite du salon cycliste du Benelux à Courtrai, visite de la Foire des Antiquaires de Bruxelles, visite de l'exposition "American Dreams Cars and Bikes".

2 activités officielles pour la princesse Claire :   visite de la Foire des Antiquaires de Bruxelles, opéra "Carmen" à Liège

Récapitulatif des activités officielles de janvier :

Roi :   25 activités officielles   +  7 audiences

Reine :   19 activités officielles

Prince Laurent :   5 activités officielles

Princesse Astrid :   4 activités officielles

Princesse Claire :   2 activités officielles

Roi Albert II et Reine Paola :    2 activités officielles

Prince Lorenz :   1 activité officielle

Princesse Elisabeth et Prince Gabriel :   0 activité officielle

lundi 22 janvier 2018

Le combat de la reine Mathilde pour la protection de l'enfance

                                                    
1. Princesse de Belgique (de 1999 à 2013)

La princesse Mathilde commence son combat en faveur de l'enfance quelques semaines après son mariage :  le 8 février 2000, elle reçoit en audience Lieve Stappers, directrice du centre Child Focus pour enfants disparus et sexuellement exploités. En novembre, Philippe et Mathilde accueillent sur la place des Palais les participants à une marche en faveur de la protection des enfants. Le couple princier accorde son Haut Patronage à l'ONG Plan Belgique. 

Durant le voyage d'Etat de la famille royale suédoise en mai 2001, les ducs de Brabant accompagnent la princesse héritière Viktoria au centre Child Focus, où ils rencontrent Jean-Denis Lejeune, le papa de la petite Julie enlevée avec son amie Mélissa en 1995 à Grâce-Hollogne. En septembre 2001, le prince Philippe, la princesse Mathilde et le chanteur Helmut Lotti (ambassadeur bénévole d'Unicef-Belgique) assistent à la remise à Bruxelles des résultats d'une campagne de pétitions de l'Unicef dans la perspective de la séance extraordinaire des Nations Unies en faveur de l'enfance. Prévue fin septembre, elle est annulée suite aux attentats du 11 septembre et reportée à 2002.


La princesse préside la délégation belge lors de ce 2ème Sommet Mondial de l'Enfance, organisé à New York par les Nations Unies du 8 au 10 mai 2002. Elle est accompagnée notamment du ministre des Affaires étrangères Louis Michel, du ministre de l'Enfance en communauté française Jean-Marc Nollet, des sénatrices Nathalie de T'Serclaes et Sabine de Béthune, ainsi que par des jeunes Belges participant au projet "What do you think?" d'Unicef-Belgique.


Durant son séjour à New York, Mathilde prend plusieurs fois la parole et déclare notamment :   "A chaque rencontre que j'ai avec des enfants, en Belgique ou de par le monde, je m'aperçois qu'un enfant ne demande pas beaucoup pour être heureux. Et que très peu est nécessaire pour les rendre heureux. Mais même ce très peu, on ne leur donne pas toujours.

Notre société attache beaucoup d'importance à la productivité. Elle a souvent moins de patience pour ceux qui ne sont pas productifs : les enfants et les personnes âgées. Pour les enfants, s'y ajoute encore une autre condition : ils sont innocents, sans voix, sans pouvoir de décision, on les écoute peu, leurs opinions ne comptent pas pour grand'chose. Et pourtant, quand on les écoute bien, ils ont beaucoup à dire. Malgré leur situation parfois difficile, les enfants veulent presque toujours faire passer un message positif. Ils cherchent de façon positive à être considérés comme acteurs dans notre société. Ils veulent participer aux changements qui les concernent directement. Ils veulent tout simplement être pris au sérieux.

Ce qui me semble important, c'est que l'enfant puisse être respecté pour ce qu'il est : un sujet de droit et qui a des droits. Les droits de l'enfant constituent une progression, un raffinement des droits de l'homme universels. Ces droits, il faut les promouvoir et les protéger. Les enfants sont une valeur pour la société, tout comme la famille et l'affection qu'ils y trouvent est une valeur pour les enfants. Mais nous, qui façonnons la société, nous avons le devoir de bien accompagner l'insertion des enfants dans cette société. C'est un devoir qui incombe en premier lieu aux parents, à la famille. Ensuite à nos dirigeants, aux responsables politiques et sociétaux. Mais c'est aussi le rôle fondamental de l'éducation".

Mêmes idées dans un autre discours prononcé à New York :    "A travers mon expérience avec des enfants vulnérables, je m'aperçois de plus en plus combien l'éducation joue un rôle fondamental. Et j'entends ici éducation dans le sens le plus large, non seulement à l'école mais aussi, et surtout, à travers les parents, la famille, l'environnement social de l'enfant. Mais en ce qui me concerne, je voudrais souligner ici combien je trouve important le rôle que joue la famille pour d'une part permettre à l'enfant de vivre pleinement son enfance et d'autre part contribuer à son épanouissement et à son développement affectif. Mais le rôle le plus fondamental des parents et de la famille, me semble être celui d'accompagner et de stimuler la progression d'un enfant vers un être humain autonome, responsable, ouvert sur le monde et respectueux d'autrui".

De retour en Belgique, la princesse Mathilde assiste au Sénat à un débriefing de la session spéciale des Nations Unies sur l'enfance. A l'occasion du 50ème anniversaire d'Unicef-Belgique, elle participe à Bastogne en septembre à la Journée des Volontaires de l'Unicef. En décembre 2002, elle rencontre les jeunes participants à la conférence "Enfants, acteurs de changement", organisée par Unicef.

Le 5 juin 2003, Mathilde reçoit en audience Kay Labate, la présidente de "Europe's Children - Our Concern". En décembre, la princesse est l'invitée d'honneur de la 11ème Nuit Internationale de l'Enfance au château de Versailles au profit de la Fondation pour l'Enfance (créée par Anne-Aymone Giscard d'Estaing, ancienne Première Dame de France), puis visite la consultation de nourrissons de l'O.N.E. au centre "Le Bon Lait" à Ixelles qui fête son centième anniversaire. Cette institution offre à des enfants d'âge préscolaire de plus de 40 nationalités différentes un accès à la médecine préventive, à l'éducation, à la santé et à l'aide aux familles. Par sa visite, la princesse souhaite souligner l'importance d'un bon suivi des nouveaux-nés.

Une table ronde sur l'enlèvement parental a lieu le 31 mars 2004 au palais d'Egmont. Mathilde y écoute le témoignage de mères d'enfants enlevés, ainsi que les consuls belges à l'étranger qui sont chargés de trouver une solution acceptable pour les deux parents. En octobre, elle assiste à Bruxelles au lancement de la campagne "L'école, mon droit!" d'Unicef-Belgique qui a pour objectif de scolariser 150.000 enfants au Congo, au Niger et en Roumanie. Un mois plus tard, elle visite l'exposition "L'école, mon droit" aux Halles Saint-Géry. En décembre, la princesse participe à la conférence internationale "Child Abuse and Neglect" à Louvain, et se rend à Copenhague au Danemark pour découvrir l'entrepôt d'approvisionnement central de l'Unicef.

En mai 2005, Mathilde assiste à une réunion de travail au centre SOS Enfants pour enfants abusés et maltraités à Anvers (en 25 ans d'existence, il a traité 30.000 dossiers) et à la remise du titre de docteur honoris causa de l'Université d'Anvers à l'Unicef mondial.

Au cours de l'année 2006, elle préside une nouvelle table ronde à Bruxelles sur la maltraitance d'enfants, elle visite l'asbl De Stobbe (centre d'hébergement pour familles victimes de violence familiale) et elle assiste à Anvers à la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants.

En février 2007, la princesse reçoit en audience Sœur Jeanne Devos qu'elle avait déjà rencontrée lors d'une mission économique en Inde. Celle-ci était revenue en Belgique pour la création par la KUL du Fonds Jeanne Devos pour les droits des enfants. Il aura pour but d'accueillir des enfants victimes d'esclavage. En septembre, elle rencontre dans le domaine de Laeken les associations travaillant pour l'enfance invitées par la reine Paola à l'occasion de son 70ème anniversaire.

Trois activités officielles sur ce sujet sont à son agenda de 2008 en Belgique :   rencontre avec la vice-directrice exécutive d'Unicef Hilde F. Johnson, réunion de travail à Bertrix avec l'asbl SOS Enfants, et journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants organisée à Anvers par l'asbl De Stobbe que la princesse avait visitée deux ans plus tôt. En tant que représentante spéciale de l'Unicef et d'Onusida pour la problématique des enfants et du sida , la princesse, le directeur exécutif d'Onusida Peter Piot et la directrice du bureau régional d'Unicef pour l'Afrique occidentale et centrale se rendent au Sénégal pour des visites de terrain et la conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique.

En 2009, Mathilde visite l'asbl Notre Abri à Uccle (qui accueille une cinquantaine d'enfants de 0 à 6 ans, victimes de malveillance, maltraitance ou de carences affectives profondes), assiste à une rencontre organisée par Plan Belgique sur le thème "La violence quotidienne à l'égard des enfants dans les pays en développement", devient présidente d'honneur d'Unicef-Belgique , et célèbre avec les princesses Astrid et Claire le 20ème anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant organisée par le commissaire flamand aux droits de l'enfant Bruno Vanobbergen et le délégué général aux droits de l'enfant en communauté française Bernard De Vos.

La princesse prononce le discours suivant :   "Lorsqu'Unicef-Belgique m'a invitée à la célébration du 20ème anniversaire de la convention relative aux droits de l'enfant, j'ai accepté avec plaisir. Il s'agit d'ailleurs d'un moment symbolique :  c'est en effet la première fois que je prends la parole en tant que présidente d'honneur d'Unicef-Belgique sur les droits de l'enfant et la participation des enfants. La mise en place de la convention relative aux droits de l'enfant doit être vue comme une étape décisive dans l'histoire du bien-être de l'enfant. Le 20 novembre 1989, les Nations Unies adoptaient la convention relative aux droits de l'enfant. Sa genèse n'a pourtant pas été évidente. Depuis, cette convention est devenue un instrument quasi universellement reconnu. Elle donne de la visibilité aux enfants et les reconnaît comme porteurs de droits.

Les enfants peuvent prendre leurs responsabilités pour les choses qui les concernent directement. Et c'est précisément ce qui se passe aujourd'hui avec la présentation du deuxième rapport relatif à l'enfance et à la jeunesse : les enfants ont eu l'occasion d'exprimer leurs problèmes, leurs convictions et leurs souhaits à propos de sujets qui leur tiennent à cœur. Le résultat final est à la hauteur des attentes.

Il est important que les enfants soient entendus et que les adultes les écoutent pour que leur opinion soit prise en compte. Il est important de montrer que les adultes les prennent au sérieux et que les enfants et les jeunes ont leur mot à dire dans le façonnement de leur propre milieu de vie. Les enfants ont droit à un environnement social stimulant qui les aide à se respecter et à développer des capacités sociales. Toutefois, cela ne signifie pas que les enfants peuvent toujours faire ce qui leur plaît. Les enfants doivent apprendre à collaborer, en accord avec leurs parents et leurs enseignants. Ils doivent apprendre à devenir des citoyens responsables au sein de la société. C'est un processus d'apprentissage important. Aussi bien les adultes que les enfants doivent parfois adapter leur pensée pour rapprocher encore plus leurs points de vue.

La convention relative aux droits de l'enfant représente aussi un progrès indéniable pour des millions d'enfants à travers le monde :  le nombre d'enfants scolarisés a augmenté, la mortalité infantile a diminué dans le monde, de plus en plus d'enfants ont accès à de meilleurs soins de santé et à une eau pure. En outre, ils reçoivent une protection particulière pendant les conflits et en situation d'urgence.

Au cours des 20 dernières années, des résultats impressionnants ont donc été obtenus. Ce ne sont cependant pas les défis qui manquent dans l'application de la convention. Aujourd'hui encore, 24.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour des suites de maladies et de privations. Même dans notre pays, les enfants et les jeunes n'ont pas toujours la vie facile et il est donc important d'être à l'écoute de leurs préoccupations, de leurs questions et de leurs propositions. L'opinion des enfants vulnérables dans notre société doit continuer à retenir notre attention particulière".

En 2010, la princesse visite l'asbl SOS Villages d'Enfants - Belgique (à qui elle accorde son Haut Patronage)  en province de Luxembourg, et participe à une table ronde à Liège sur la maltraitance des enfants avec les équipes liégeoises de SOS Famille et de l'O.N.E. , à la conférence européenne sur la pauvreté des enfants (co-organisée par Unicef-Belgique), à une réunion du groupe intergouvernemental permanent Europe de l'Enfance, au colloque "La parole aux enfants" et à la conférence "Les enfants vulnérables en situation d'errance : un défi européen" organisée par la reine Paola au palais royal de Bruxelles.

En décembre 2012, Mathilde se rend trois jours en Haïti pour y découvrir les projets d'Unicef-Belgique. Elle accepte de répondre aux questions de la presse :

"Madame, s'il y a une seule image que vous conserverez d'Haïti, quelle serait-elle?
- Quelque chose qui m'a énormément frappée, c'est que toutes les personnes que j'ai rencontrées étaient souriantes, positives. Elles ne baissaient pas les bras, ne se plaignaient pas. Elles nous ont appris l'humilité, la modestie. J'ai aussi été frappée par le regard des gens. J'y ai senti de la souffrance.

- Comment vous préparez-vous à ce type de mission?
- Peut-on vraiment se préparer psychologiquement? Théoriquement, oui. J'ai rencontré le président d'Haïti et le responsable d'Unicef-Haïti à Bruxelles, j'ai lu beaucoup de livres, j'ai regardé des reportages...mais rien ne vaut la réalité du terrain. Il est difficile de s'y préparer. En tant que mère, j'ai reçu beaucoup d'émotions en voyant ces enfants qui partent déjà avec une faiblesse dans la vie. Dans l'école de mes propres enfants, ils font un projet sur Haïti. Le but est d'aider à la construction d'une école au nord-est de l'île, dans un endroit perdu. J'ai acheté des peintures haïtiennes que je leur montrerai. Si l'école me le demande, je suis prête à y donner un exposé en classe.

- Votre rôle de princesse est-il de montrer ce qui ne va pas dans le monde?
- Cette tâche, je l'ai commencée bien avant que je ne sois princesse. A 18 ans, j'ai passé six semaines dans un projet humanitaire en Egypte. C'était ma première expérience. Il est important que je puisse mettre ma fonction de princesse au profit d'organisations comme Unicef-Belgique".


2. Reine des Belges (depuis 2013)

Après l'accession au trône de son époux, la reine Mathilde continue son combat. Lors d'un de ses premiers déplacements officiels à l'étranger, à New York en septembre 2013, elle soutient le projet de sociétés belges qui se sont engagées à faire respecter les droits des enfants, et rencontre le directeur exécutif de l'Unicef Anthony Lake et le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. Un mois plus tard, elle assiste à la représentation de la pièce "Heb jij ze wel alle vijf?" sur la pauvreté intergénérationnelle (Unicef-Belgique ayant été impliqué dans la réalisation du dossier pédagogique de cette pièce de théâtre).

A l'occasion de la Journée Internationale des Droits de l'Enfant 2013, la Reine participe à une table ronde organisée par Unicef-Belgique sur les mesures à mettre en place pour lutter contre les inégalités scolaires, le bien-être des élèves et le renforcement de l'enseignant, suite au rapport "L'égalité des chances à l'école? Voilà ce qu'ils en pensent". Le même jour, elle est aussi présente à un concert de la chorale bruxelloise d'enfants Shanti, réunissant des enfants de milieux socio-économiques et culturels différents, qui chante régulièrement pour des enfants malades.

En janvier 2014, la reine Mathilde succède à la reine Paola à la présidence d'honneur du centre Child Focus. Plusieurs activités officielles de son agenda 2014 sont liées à cette problématique :  journée d'étude de l'Université d'Anvers en février sur le cyber-harcèlement à l'égard d'enfants et d'adolescents, table ronde à Bruxelles en octobre sur la lutte contre la pornographie enfantine sur Internet, débat à la FEB en novembre sur l'intégration des droits de l'enfant dans les plans stratégiques des entreprises belges, 25ème anniversaire de la Convention des droits de l'enfant à Auderghem avec 400 élèves francophones et néerlandophones dont les écoles sont engagées avec Unicef-Belgique ("Les Classes du Monde") et Plan Belgique ("Les Ecoles des droits de l'enfant"), deux associations soutenues par la souveraine depuis plusieurs années.

A l'occasion du Safer Internet Day 2015 organisé par Child Focus, la Reine assiste à la projection du film "Disconnect" au cinéma Kinépolis à Bruxelles, suivie d'un débat sur l'utilisation responsable des médias sociaux. Son fils le prince Gabriel est présent dans la salle avec sa classe. Elle se rend également à Genève pour le High Level Event sur le thème Child Online Protection.

En voyage en Ethiopie avec l'Unicef-Belgique (dont elle est présidente d'honneur) en novembre 2015, Mathilde accepte de répondre aux questions de la presse belge :

"Quelles images vous ont-elles marqué?
- Il y a eu plusieurs moments émouvants, comme la vision de cet enfant mal nourri. J'ai pu constater avec mes propres yeux à quel point la malnutrition avait des effets dévastateurs. Il y avait un enfant au stade 1, un autre au stade 2. Une dame a poussé sur le pied d'une fillette :  si l'empreinte restait, c'est que l'œdème n'était pas encore résorbé. J'ai été frappée par l'aspect atonique de cet autre enfant qui toussait, qui ne réagissait pas quand on le touchait. Ces images restent très fort dans la tête. Il y a aussi le témoignage de ce groupe de jeunes filles qui font tout pour changer les mentalités. C'est très courageux de leur part. Elles ont parlé des mariages forcés, de l'excision, tout en signalant l'importance que les garçons soient aussi impliqués.

- Comment avez-vous préparé cette mission?
- On peut le faire de différentes manières. J'ai rencontré beaucoup de personnes en Belgique qui travaillent dans des universités, des hôpitaux ou des ONG qui collaborent avec des Ethiopiens. J'ai aussi vu ce film "Difret" qui parle du combat d'une jeune fille qui a tué son mari qu'elle avait dû épouser car il l'avait violée. J'ai rencontré lundi l'avocate qui l'a défendue et qui est l'héroïne du film. Par contre, on ne peut pas se préparer au niveau émotionnel. Pour avoir une image du pays, il faut rencontrer les gens sur place.

- Vos formations de logopède et de psychologue vous ont-elles aidée à passer de la théorie à la pratique sur le terrain?
- Vous savez, j'étais déjà dans la pratique bien avant de rencontrer mon époux. Mais, oui, c'est vrai, cela m'aide tous les jours. C'est une formation continue.

- A Haïti il y a trois ans, vous aviez dit que vous parliez de ce que vous voyiez avec vos enfants, que vous comptiez bien les emmener un jour pour voir la réalité.
- Il est très important de pouvoir leur parler de ce que j'ai vu. Je le ferai dès mon retour. C'est aussi important qu'ils sachent que d'autres enfants, qui ont le même âge qu'eux, doivent vivre dans des conditions très difficiles. Et pourtant, avez-vous vu leur sourire? C'est un message que je veux passer à mes enfants. J'aimerais, oui, les emmener un jour avec moi, mais chaque chose en son temps.

- Qu'allez-vous faire de toutes ces images, de tous ces messages et ces appels que vous avez emmagasinés?
- On parle beaucoup de ce qu'on a vu dans le cadre d'Unicef. On sait l'importance de continuer à montrer en Belgique ce qui est fait par l'organisation pour changer la vie des gens. Il est très important de donner de la visibilité aux projets de l'Unicef et de mobiliser le peuple belge afin de continuer l'aide aux plus démunis. Mon rôle est de pouvoir donner une voix aux plus démunis. J'ai toujours voulu agir en ce sens depuis que je suis mariée.

- C'est un rôle un peu différent des pop stars, comme Axelle Red par exemple qui est ambassadrice d'Unicef Belgique?
- Heureusement que je ne chante pas! C'est à vous d'estimer s'il y a une différence, mais Axelle Red fait du très bon travail".

La Reine poursuit en 2016 son combat pour la protection des enfants tant dans notre pays qu'à l'étranger :   visite du centre Child Focus avec l'épouse du président allemand, conférence "Children's rights matter :  why Europe needs to invest in children", rencontre à New York avec le directeur-général de l'Unicef et les représentants spéciaux du secrétaire-général de l'ONU sur le sort des enfants dans les conflits armés et sur les violences contre les enfants, lancement du jeu "Dossier 116 000" par Child Focus, visite du centre de réfugiés Makani géré par l'Unicef en Jordanie, table ronde organisée par Child Focus à l'occasion de la Journée Européenne pour la protection des enfants contre l'exploitation sexuelle.

En février 2017,  après avoir prononcé un discours à une conférence organisée à Bruxelles sur les enfants dans les conflits armés, Mathilde effectue un voyage avec Unicef-Belgique au Laos, au cours duquel elle accepte de répondre aux questions des journalistes :

"Cela vous manque-t-il de ne plus pouvoir partir du jour au lendemain, avec un sac à dos, sans protocole?
- J'ai beaucoup voyagé avec un sac à dos avant que je rencontre mon époux. C'était quelque chose d'intéressant, de fun. J'ai même été en Syrie, en Inde, en Bolivie, etc. J'ai commencé très jeune mon engagement au niveau social. A l'âge de 18 ans, j'ai été volontaire pour une ONG en Egypte, où on a vécu quelques semaines dans des bidonvilles. Chaque âge a ses avantages et ses limites. Dans le cadre de mon voyage au Laos, j'ai pu rencontrer des personnes merveilleuses. J'ai énormément de plaisir à participer à ce type de voyage et j'en garde des aventures uniques.

- Qu'est-ce qui vous a le plus frappée ici au Laos?
- J'ai été très impressionnée par l'hospitalité des personnes que nous avons pu rencontrer, de leur générosité. De leur calme aussi parce que ce sont des personnes très patientes. J'ai été marquée par le projet qui vise à lutter contre la malnutrition, avec ce bébé de neuf mois qui donne l'impression de n'avoir qu'un mois. J'ai bien regardé la courbe de croissance de cet enfant, qui était en dessous de la courbe la plus basse. Le retard est quasiment irrécupérable, d'autant que si vous êtes mal nourri, vous n'avez plus que la moitié du cerveau. Cet enfant, comme tant d'autres malheureusement, va porter les conséquences toute sa vie. Cette maman dépourvue avec son bébé est donc une image qui me marquera. J'ai aussi été interpellée par les jeunes volontaires qui s'engagent dans les écoles gardiennes pour leur fournir un enseignement avant d'entrer en primaire. Ce qui est marquant, c'est que ces volontaires formés par l'Unicef s'engagent pour leur communauté en disposant de très peu d'instruments pour pouvoir interagir avec les enfants.

- Quel impact votre visite a-t-elle pu avoir pour le Laos?
- Les autorités que j'ai eu l'occasion de rencontrer sont sensibles à l'importance d'investir dans l'éducation. Ce que j'essaie de leur dire, c'est que chaque enfant a droit à un enseignement de qualité. Cela m'a frappée de voir qu'ils travaillent avec les communautés des différents villages. J'ai parlé avec le chef d'un village, et tout ce qu'ils font pour éduquer les enfants m'a impressionnée. Tout un programme de prévention pour lutter contre la malnutrition commence à porter ses fruits. Il y a un vrai travail sur le terrain.

- Après un voyage humanitaire comme celui-ci, avez-vous un suivi du Laos?
- L'Unicef me briefe beaucoup. J'ai construit un lien avec la représentante de l'Unicef au Laos. Généralement, ils m'expliquent après comment ça s'est passé.

- Vous ne vous lassez jamais de ce type de voyage?
- Rencontrer des personnes qui se battent pour survivre, on ne s'en lasse jamais. Je suis toujours étonnée que, malgré ce qu'elles traversent, elles gardent le sourire.

- Votre engagement n'a-t-il jamais été remis en cause?
- Jamais! Je n'ai jamais remis en cause une minute de me désengager. J'y crois trop de pouvoir investir dans les enfants".

D'autres activités officielles de Mathilde en 2017 sont en lien avec la protection de l'enfance :  journée d'étude organisée par Child Focus sur la fugue, visite de la halte-accueil Bébé Bus à Sombreffe, visite du call-center Child Line en Inde, démonstration de cricket en lien avec l'Unicef en Inde, p.ex. De passage à Bruxelles pour un sommet de l'Otan en 2017, le nouveau couple présidentiel américain est reçu par nos souverains. La Reine en profite pour organiser une réunion de travail entre Child Focus et Melania Trump.

A l'occasion des 125 ans de la Société Royale Protectrice de l'Enfance (à qui elle accorde son Haut Patronage depuis le décès de la reine Fabiola), Mathilde visite le pensionnat Jules Lejeune à Wezembeek-Oppem en décembre 2017. Il propose un accompagnement résidentiel semi-autonome à des jeunes ayant une situation familiale difficile.

Lors du Safer Internet Day 2018, la Reine enregistre un message vidéo destiné aux jeunes contre le cyberharcèlement.

D'autres activités officielles de Mathilde en 2018 sont en lien avec la protection de l'enfance :   remise du rapport "What do you think?" d'Unicef Belgique, 20ème anniversaire du centre Child Focus, visite d'un projet de la Fondation des Canadiens pour l'enfance de Montréal.

Conclusion :    dans le domaine social, la protection de l'enfance est le combat pour lequel la princesse/reine Mathilde s'est le plus engagée depuis son mariage en 1999. Elle soutient les principales associations belges qui s'en occupent (ONG Plan-Belgique,  Unicef-Belgique,  SOS Villages d'Enfants-Belgique, centre Child Focus, Société Royale Protectrice de l'Enfance), comme l'ont fait avant elle les reines Fabiola et Paola.

lundi 8 janvier 2018

Les ministres d'Etat

                           


En 2017, le roi Philippe a nommé son premier Ministre d'Etat :  Frans Van Daele (voir ci-dessus) qui n'est autre que son chef de cabinet de 2013 à sa retraite en 2017.

1. Qu'est-ce qu'un Ministre d'Etat en Belgique?
C'est un titre honorifique que le Roi peut accorder à des personnalités ayant servi la Belgique (dans la diplomatie ou la politique, par exemple). Ils ne donnent lieu à aucun salaire ou privilège, excepté une place honorifique lors des cérémonies organisées par l'Etat belge. Le choix des nouveaux Ministres d'Etat se fait via un arrêté royal contresigné par un membre du gouvernement fédéral.

2. Un rôle de conseil
Avec leur expérience, les Ministres d'Etat ont pour rôle de conseiller le souverain lors de moments difficiles. Cela peut se faire de deux manières. Le Roi peut réunir le "Conseil de la Couronne" : les membres du gouvernement fédéral, et les ministres d'Etat n'ayant qu'une voix consultative si un vote devait avoir lieu. Depuis l'instauration de la monarchie en 1830, ce Conseil de la Couronne n'a été réuni que cinq fois. C'est le roi Baudouin qui l'a réuni pour la dernière fois en 1960 lors de l'indépendance du Congo.

Durant ses 20 ans de règne, le roi Albert II n'a pas réuni le Conseil de la Couronne, mais il a fait plusieurs fois appel de façon officielle aux Ministres d'Etat lors des crises politiques de 2007 à 2011 :  soit en les recevant en audience pour leur demander conseil, soit en leur confiant une mission de conciliation ou de médiation lorsque les responsables politiques ne trouvaient pas de solution pour former un gouvernement fédéral.

3. Qui sont-ils?
On compte actuellement une trentaine de Ministres d'Etat, dont les anciens premiers ministres et commissaires européens. Il ne reste que quatre Ministres d'Etat choisis par le roi Baudouin avant 1993 :  Willy Claes, Antoinette Spaak, Philippe Busquin et Paula D'Hondt. La majorité des Ministres d'Etat ont été nommés durant les 20 ans de règne du roi Albert II, dont les deux derniers furent l'ancien premier ministre Yves Leterme à la fin de son mandat en 2011, et son chef de cabinet Jacques van Ypersele de Strihou la veille de son abdication en 2013. Quant au roi Philippe, il n'a donné le titre de Ministre d'Etat qu'à son chef de cabinet Frans Van Daele lorsqu'il est parti à la retraite en 2017.

4. Hommage
Comme son père, le roi Philippe rend hommage aux ministres d'Etat lors de leur décès :  depuis son accession au trône, il s'est recueilli devant les dépouilles mortelles de Wilfried Martens en 2013, de Jean-Luc Dehaene et Leo Tindemans en 2014, de Jean Defraigne, Andries Kinsbergen et Jacky Morael en 2016, de  Luc Coene et Philippe Maystadt en 2017.  Il est aussi d'usage que le Palais envoie un représentant ou des fleurs aux funérailles nationales des Ministres d'Etat.