lundi 22 août 2016

Mathilde et les Objectifs de développement durable de l'ONU

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En janvier 2016, le secrétaire-général des Nations Unies invite la reine Mathilde à faire partie, pour une durée de trois ans (2016-2018), du Groupe des défenseurs des Objectifs de développement durable des Nations Unies. Ce groupe d'une quinzaine de personnalités (dont fait également partie la princesse héritière Viktoria de Suède) est chargé d'aider l'ONU à mobiliser les énergies et l'action de la communauté internationale en vue de réaliser les Objectifs de Développement Durable d'ici 2030 (ces objectifs ont été adoptés par les Etats membres de l'ONU en septembre 2015).

La Reine a commencé par rencontrer en janvier le secrétaire-général des Nations Unies Ban Ki-Moon et le créateur du micro-crédit Mohammad Yunus lors du forum économique de Davos, et par recevoir en février au palais royal de Bruxelles le président de la 70ème session de l'assemblée général des Nations Unies et le ministre belge de la Coopération au Développement Alexander De Croo. Lors de sa visite du campus Diepenbeek de l'Université d'Hasselt, elle met l'accent sur les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) au cours de sa discussion avec les étudiants. Et le 7 avril, elle se rend au palais d'Egmont à Bruxelles pour prononcer le discours d'ouverture du forum 2016 de coopération pour le développement des Nations Unies.

En juin, Mathilde assiste aux 10èmes Journées Européennes de Développement organisées par la Commission Européenne à Bruxelles sur le thème "Le rôle de la femme dans le développement est au cœur des Objectifs de Développement Durable", participe à un déjeuner de travail avec des représentants des institutions européennes afin d'être informée sur la réalisation des ODD au sein de l'Union Européenne,  et reçoit au palais royal le secrétaire général des Nations Unies et le président de la Banque Mondiale.

Dans son discours aux Journées Européennes de Développement, elle déclare :   "Les Objectifs de Développement Durable nous rappellent que le développement nous concerne tous, collectivement et individuellement. D'une façon, ne sommes-nous pas tous des pays en développement? Les maîtres-mots qui distinguent les nouveaux objectifs de leurs prédécesseurs sont "inclusivité" et "universalité". Le développement ne concerne pas uniquement une relation nord-sud ou sud-sud. C'est à chacun des pays à tous les niveaux de développement, aux nombreuses dynamiques à l'intérieur de nos sociétés, à chacun de nous tous qu'il incombe de s'approprier les ambitions définies dans les objectifs. Les responsabilités sont dès lors partagées. Nous avons des engagements précis à prendre et à respecter. Il s'agit d'un véritable partenariat, où personne ne peut être laissé pour compte".

La Reine se rend deux jours en juillet au siège de l'ONU à New York avec le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. Ils y enchaînent les réunions de travail sur la protection des enfants dans les conflits armés, les droits de l'homme, la problématique des maladies mentales ou la violence contre les enfants. Ils rencontrent également le secrétaire-général des Nations Unies et le directeur général de l'Unicef.

A New York, elle confie aux journalistes belges qui l'accompagnent :   "Je suis ici pour quelques heures seulement mais c'était très important d'être ici pour rencontrer des personnes importantes dont Ban Ki-Moon et le féliciter pour son engagement depuis huit ans dans la lutte contre la pauvreté et pour donner un monde meilleur, et qui se termine avec ces Objectifs de Développement Durable (ODD) que je suis enthousiaste de soutenir pour les prochaines années. Soutenir ces ODD, c'est la prolongation d'un travail que j'ai commencé avant mon mariage, car l'enfance et les personnes vulnérables étaient déjà au centre de mes préoccupations. J'avais à cœur de donner une voie aux plus vulnérables et d'investir dans l'éducation, car j'y crois profondément.

Je parle beaucoup à mes enfants. Je leur explique que c'est un luxe d'avoir accès à la culture, notamment musicale, et que des millions d'enfants n'ont pas la chance d'aller à un concert par exemple. Je leur ai expliqué l'histoire de ce petit garçon sous-alimenté enfant, et que cela impactera toute sa vie future. Que certaines filles ne peuvent pas aller à l'école. C'est un monde plein de défis où il y a certaines turbulences. En tant que mère, il faut y croire et vouloir donner un monde meilleur pour les générations futures. Et je pense que cela passe par l'éducation : il y a encore beaucoup trop d'enfants qui quittent l'école à 10-12 ans et qui ne savent pas lire".

lundi 15 août 2016

Les liens entre la dynastie belge et le Brésil

                    
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Juillet 2016 :  voyage de la princesse Maria-Esmeralda au Brésil
Du 3 au 7 juillet, la princesse Maria-Esmeralda s'est rendue au Brésil sur les traces de son père et de ses grands-parents. Au programme de son voyage :   inauguration d'un buste de la reine Elisabeth dans les jardins de l'ambassade de Belgique à Brasilia, visite du village de Porteira afin de rencontrer le peuple indigène des Xerente (le roi Léopold III avait déjà rencontré cette communauté lors d'une expédition au Brésil dans les années 60), rencontre avec le vice-gouverneur et le gouverneur de l'Etat du Tocantins, visite du projet social "Kritzelei" à Sao Sebastiao (dans lequel la chanteuse belge Dorka Hepp est impliquée en faveur de filles et adolescentes de 9 à 18 ans), inauguration au Mémorial des Peuples Indigènes de Brasilia de l'exposition des photos prises par Léopold III lors de son voyage au Brésil en 1964

Août 2016 : le roi Philippe et la reine Mathilde aux Jeux Olympiques de Rio
Le couple royal s'est rendu au Brésil pour les premières journées des Jeux Olympiques 2016 de Rio : cérémonie d'ouverture, visite du Village Olympique, réception offerte aux chefs d'Etat et de gouvernement présents par le président intérimaire du Brésil Michel Temer, rencontre avec les responsables d'un projet social de l'ONG belge Kiyo, rencontre avec le président du Comité International Olympique Thomas Bach, réception du Comité Olympiques et Interfédéral Belge, ainsi que diverses épreuves sportives auxquelles participaient des Belges (judo, hockey, tennis, haltérophilie, p.ex.).

C'est le deuxième voyage de nos souverains au Brésil depuis le début de leur règne. En effet, ils s'y étaient rendus un week-end en 2014 pour assister à un match des Diables Rouges dans le cadre de la Coupe du Monde de football. Ils en avaient profité pour dévoiler la nouvelle plaque de l'avenue dédiée à la reine Elisabeth et déposer des fleurs devant le buste du roi Albert Ier (ces deux hommages du Brésil aux souverains belges rappellent leur voyage dans ce pays en 1920).

Avant 2014 et 2016, il y a eu d'autres visites de notre famille royale au Brésil, mais celle qui est restée dans les mémoires, c'est celle du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth (voir ci-dessous).

Le voyage du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth au Brésil en 1920
En voici le compte-rendu que j'ai trouvé dans le livre "Elisabeth de Belgique : les défis d'une reine" de l'historien Georges-Henri Dumont :


"Pour de multiples raisons, les souverains belges avaient accepté l'invitation officielle que leur avait faite le président brésilien Epitacao Pessoa. Le Brésil était entré dans la guerre aux côtés des Alliés en 1917. Assez modestement sur le plan militaire (il s'était contenté d'envoyé une petite flotille dans les mers septentrionales), mais c'est en grandes quantités qu'il avait expédié des médicaments et des vivres. La Belgique ne l'avait pas oublié. Et puis Elisabeth n'était-elle pas une Bragance par sa mère, une "fille des enfants de lumière", selon les mots de Camoëns?  République depuis 1889, le Brésil se souvenait néanmoins du roi Joao VI et surtout de don Pedro qui avait proclamé l'indépendance en 1822 et pris le titre d'empereur. Les Brésiliens considéraient Elisabeth presque comme des leurs. Enfin, les souverains belges, qui avaient l'intention de se rendre bientôt au Congo, étaient heureux de l'occasion qui leur était offerte de parcourir une région tropicale. La Reine avait d'ailleurs demandé au docteur Nolf de l'accompagner afin d'enquêter sur place sur le diagnostic et le traitement des maladies tropicales.


L'embarquement eut lieu le mercredi 1er septembre 1920 au port de Zeebrugge, où avait accosté le cuirassé brésilien "Sao Paulo". Avant de franchir la passerelle et de faire ses adieux à ses trois enfants, la Reine s'entretint pendant quelques instants avec les orphelins de marins et de pêcheurs, élèves de l'école Ibis, venus lui offrir des fleurs. Puis ce furent la montée à bord, les traditionnelles acclamations de la foule massée sur le môle ou les toits des hangars, les hymnes nationaux, les ancres levées, les amarres lâchées.


La traversée fut presque sans histoire. La Reine qui aimait la chaleur et en éprouvait le besoin physique se dorait volontiers au soleil, un livre à la main. L'équipage était surpris par sa jovialité et son apparente simplicité. Elle se mêlait aux habituels jeux de bord qu'elle connaissait bien depuis son voyage aux Etats-Unis. Et le soir, elle prenait souvent sa place parmi les violonistes de l'orchestre. Comme c'était la première fois qu'elle franchissait la ligne de l'équateur, il lui fallut subir l'épreuve du baptême par le roi Neptune. En souvenir de quoi les marins lui offrirent un poudrier en cristal et bronze.


Escorté de dix torpilleurs, le "Sao Paulo" pénétra majestueusement dans la baie de Rio au début de l'après-midi du dimanche 19 septembre 1920. Pendant que, sous un soleil éclatant, les forteresses de Santa Cruz, Sao Joao et Imbuhy saluaient le cuirassé de leurs canons, soixante-quatre rameurs conduisaient vers le Roi et la Reine une galiote toute blanc et or. C'était l'historique "Dom Joao VI", construite en 1808, venue du Portugal lorsque l'arrière-grand-père maternel d'Elisabeth, fuyant l'occupation napoléonienne, s'était exilé en terre brésilienne.


Albert et Elisabeth, accueillis par le président Epitacao Pessoa, sa femme et sa fille, descendirent dans la galiote qui les mena au débarcadère. Discours, cortège triomphal jusqu'au palais de Guanabara, apparitions au balcon : la visite officielle commençait. Trop, beaucoup trop officielle au gré de la Reine. Les autorités brésiliennes avaient cru bien faire en montrant à leurs hôtes combien leur pays était européanisé. Réception au parlement, soirées de gala au théâtre, parades militaires, garden-parties, concours hippique, match de football : rien ne leur fut épargné alors qu'ils souhaitaient essentiellement rencontrer ceux qui luttaient difficilement pour le développement, les dirigeants d'établissements industriels, les responsables de l'urbanisme aux prises avec l'extension des favellas, etc.


Le mardi 27 septembre, après une semaine de cérémonies aussi lassantes que brillantes, la Reine, accompagnée du docteur Nolf et de la comtesse de Caraman-Chimay, put enfin visiter l'Institut de Médecine Tropicale Oswaldo-Cruz situé dans un faubourg de Rio. Elle s'y fit notamment expliquer comment, en quelques années, le docteur Oswaldo-Cruz, un élève de Pasteur, avait réussi à éradiquer la fièvre jaune apportée en 1849 par des navires venant d'Amérique centrale. Nommé directeur de la Santé publique par le président Rodriguez Alvoz, il avait constitué une brigade de 1.500 hommes qui procédèrent systématiquement à l'assèchement ou à la pétrolisation des marais, au nettoyage régulier des petites rivières et à l'examen quotidien des égouts de la capitale. Les résultats ne s'étaient guère fait attendre :   dès 1903, la mortalité due à la fièvre jaune était tombée à 584 décès. En 1908, on n'en enregistrait plus que 4 et l'année suivante, plus du tout. Le docteur Chagaz, successeur de Cruz, étendit le domaine des recherches de l'Institut de Médecine Tropicale aux épidémies qui décimaient le bétail. Après avoir entendu les paroles élogieuses de la Reine, Chagaz et ses collaborateurs signalèrent à celle-ci qu'ils connaissaient et appréciaient les travaux de plusieurs médecins belges, notamment le docteur Jules Bordet.


La flore brésilienne fascinait la Reine. Aussi voulut-elle passer de longues heures au jardin botanique où on lui fit admirer le premier palmier que son arrière-grand-père, le roi Joao du Portugal, planta en 1808. Albert Ier, qui semblait soucieux depuis qu'il savait son gouvernement menacé par les démissions successives du ministre de la Défense Nationale et du ministre des Colonies, planta, lui aussi, un arbre pour commémorer sa visite :  un metrodora. Pour compenser les effets débilitants de la chaleur humide de Rio de Janeiro, les souverains furent conviés à passer un jour et une nuit dans une plantation de café établie dans la montagne. La Reine en profita pour chevaucher dans la région, tantôt au trot, tantôt au galop. A un moment donné, elle piqua des deux à la poursuite d'un immense papillon bleu. Epuisés par son rythme, transpirant, la plupart des membres de sa suite abandonnèrent, l'un après l'autre, la randonnée. Elle, elle continuait, joyeuse et fougueuse comme aux beaux jours de Possenhofen.


Le périple brésilien conduisit Albert et Elisabeth à la ville résidentielle de Petrópolis, à Theresopolis peuplée de colons allemands et suisses, à Belo Horizonte, la nouvelle capitale de l'Etat de Minas Gerais, construite de toutes pièces en quelques années sur l'emplacement d'un village perdu, à Sao Paulo où le prince Léopold vint rejoindre ses parents. A nouveau, trop de cérémonies officielles, mais aussi un enthousiasme populaire délirant, ponctué à chaque gare de salves de fusil et de coups de revolver. Le roi Albert prononça une nouvelle série de discours de remerciement dans le style banal qui convenait. Toutefois, lors de la réception à la Cour de Justice de Belo Horizonte, il glissa une petite phrase qui ne passa pas inaperçue :  "Plus un pays avance dans la civilisation, plus le pouvoir judiciaire y occupe une situation indépendante et respectée".

Quant à la Reine, elle visita à Sao Paulo le couvent de l'ordre belge de Saint-Vincent dont l'école était fréquentée par les enfants de la classe ouvrière. Et pour ne pas faire de discrimination, elle s'arrêta aussi chez les sœurs de Saint-Augustin, un autre ordre belge, qui réservaient leur enseignement aux enfants de ce qu'on appelait la "bonne société".


Le vendredi 8 octobre, le Roi, la Reine et le prince Léopold partirent pour la plaine de Campinas, le plus ancien centre de plantations de café de la région. A cheval, ils montèrent jusqu'à l'important institut zootechnique. Puis ce fut la visite des différents centres agricoles de la Fazenda de Guatapara, suivies de celle du port de Santos aux entrepôts bourrés de sacs de café.


Le voyage se termina comme il avait commencé : à bord du "Sao Paulo". A l'escale de Lisbonne, Elisabeth retrouva le souvenir de ses ancêtres : pour elle, les Portugais tirèrent les carrosses royaux exposés au musée près de la tour de Belem".


(extrait de "Elisabeth de Belgique : les défis d'une reine" de Georges-Henri Dumont)   

lundi 8 août 2016

Les voyages d'Etat

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En règle générale, les voyages d'Etat n'ont lieu qu'une seule fois par règne ou mandat présidentiel, et par pays (le roi Baudouin s'est cependant rendu deux fois en France et aux Pays-Bas, et le roi Albert II deux fois en Allemagne). Ceux-ci sont des événements politiques importants suite aux échanges que le Roi, son ministre des Affaires étrangères et leur délégation ont à leur niveau respectif d'une part, et aux discours prononcés par les deux chefs d'Etat lors du traditionnel dîner de gala d'autre part. Le protocole est très présent lors des voyages d'Etat avec passage des troupes en revue, échanges de décorations et cadeaux, p.ex. Des visites sociales, économiques et culturelles sont également au programme, ainsi qu'une rencontre avec la communauté belge d'un pays visité. La durée d'un voyage d'Etat peut varier de deux jours à une semaine.

Sous le règne d'Albert II (1993-2013)
En 20 ans de règne, le roi Albert et la reine Paola ont effectué 29 voyages d'Etat :  Luxembourg, Suède et Espagne en 1994, Danemark et Allemagne en 1995, Finlande et Japon en 1996, Norvège et Autriche en 1997, Russie et Italie en 1998, Pologne et Portugal en 1999, Pays-Bas, Tchéquie et Suisse en 2000, Grèce en 2001, Hongrie en 2002, Bulgarie et France en 2003, Maroc en 2004, Chine en 2005, Lituanie en 2006, Lettonie et Irlande en 2007, Estonie et Irlande en 2008, Roumanie en 2009, avant d'effectuer un second voyage d'Etat en Allemagne avec un protocole cependant plus allégé par rapport au premier.

Le couple royal a reçu 15 chefs d'Etat en voyage d'Etat en Belgique au cours de leur règne :  l'empereur Akihito du Japon en 1993, le président allemand Roman Herzog en 1998, le grand-duc Jean de Luxembourg en 1999, le roi Juan-Carlos d'Espagne en 2000, le roi Carl-Gustav de Suède en 2001, la reine Marghrete de Danemark et le président italien Ciampi en 2002, le roi Harald de Norvège en 2003, la présidente finlandaise Tarja Halonen et le président polonais Aleksander Kwasniewski en 2004, le président grec Constantinos Stephanopoulos et le président portugais Jorge Sampaio en 2005, la reine Béatrix des Pays-Bas en 2006, le grand-duc Henri de Luxembourg en 2007, le président hongrois Laslzo Solyom en 2008. Depuis 1998, le dîner de gala a désormais lieu au château de Laeken, et plus au palais royal comme c'était le cas sous le règne du roi Baudouin.

Sous le règne de Philippe Ier (depuis 2013)
En 2015, le roi Philippe et la reine Mathilde ont effectué un voyage d'Etat en Chine et en Pologne, et y ont été accompagnés par les ministres-présidents de nos trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale) en plus du ministre fédéral des Affaires étrangères. Ce ne fut jamais le cas sous le règne précédent. Cette tendance va-t-elle se poursuivre?  Leur présence est annoncée lors du troisième voyage d'Etat de nos souverains qui aura lieu du 9 au 15 octobre 2016 au Japon (à Tokyo, Nagoya et Osaka précisément) dans le cadre des 150 ans des relations diplomatiques entre nos deux pays. Les deux familles royales sont très liées depuis le règne du roi Baudouin. Par ailleurs, on parle ensuite d'un futur voyage d'Etat aux Pays-Bas. Affaire à suivre...

Depuis leur accession au trône, notre nouveau couple royal a reçu 4 chefs d'Etat en voyage d'Etat en Belgique :   le président chinois Xi Jinping en 2014, le président turc Recep Tayyip Erdogan en 2015, le président allemand Joachim Gauck et le roi Abdallah de Jordanie en 2016.

On constate donc que le roi Philippe a voulu effectuer le premier voyage d'Etat de son règne en Chine, et a choisi le président chinois comme le premier de son règne à être reçu en voyage d'Etat en Belgique. Cela montre l'importance qu'il accorde à ce pays dans lequel il s'est souvent rendu en mission économique.

lundi 1 août 2016

Activités royales en juillet 2016

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12 audiences pour le Roi :   le premier ministre Charles Michel (reçu 3 fois), le président d'Argentine Mauricio Macri et son épouse, l'ancien chef de la Défense Gerard Van Caelenberge, le président de Slovaquie Andrej Kiska, le président du parlement flamand Jan Peumans, le vice-président du gouvernement wallon Jean-Claude Marcourt, le nouveau chef de la Défense Marc Compernol, le nonce apostolique Giacinto Berloco, le commandant de la Composante Air Frederik Vansina, le commandant de la Composante Médicale Pierre Neirinckx.

14 activités officielles pour le Roi :  hommage au ministre d'Etat Andries Kinsbergen, match de football Belgique-Pays de Galles à Lille, 18èmes Fêtes du Couronnement à Tongres, déjeuner avec le duc et la duchesse de Wellington, table ronde au palais royal sur la sécurité, visite de l'exposition "L'âge d'or des Pays-Bas méridionaux" à Gand, visite d'un camp de vacances pour enfants défavorisés à Grammont, réception pour les athlètes belges médaillés aux championnats d'Europe d'athlétisme, inauguration des expositions estivales du palais royal, concert de l'Orchestre National de Belgique pour la fête nationale, Te Deum de la fête nationale à Bruxelles, défilé militaire et civil, visite de La Fête au Parc, feu d'artifice.

20 activités officielles pour la Reine :  18èmes Fêtes du Couronnement à Tongres, audience avec le président d'Argentine Mauricio Macri et son épouse, conférence "Children's rights matter : why Europe needs to invest in children", déjeuner avec le duc et la duchesse de Wellington, visite de l'exposition "L'âge d'or des Pays-Bas méridionaux" à Gand, conférence de l'Unicef sur les enfants dans les conflits armés, conférence sur les droits de l'homme au cœur de l'agenda mondial, réception pour la campagne de la Belgique pour avoir un siège au conseil de sécurité de l'ONU, table ronde à l'ONU sur la santé mentale, rencontre avec la représentante spéciale du secrétaire-général de l'ONU sur le sort des enfants dans les conflits armés, rencontre avec la représentante spéciale du secrétaire-général de l'ONU sur les violences contre les enfants, rencontre avec le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-Moon, rencontre avec le directeur-général de l'Unicef, visite de l'exposition "Belgian Crew" au palais d'Egmont, inauguration des expositions estivales du palais royal, concert de l'Orchestre National de Belgique pour la fête nationale, Te Deum de la fête nationale à Bruxelles, défilé militaire et civil, visite de La Fête au Parc, feu d'artifice.

0 activité officielle pour le roi Albert II et la reine Paola

5 activités officielles pour la princesse Elisabeth :  match de football Belgique-Pays de Galles à Lille, 18èmes Fêtes du Couronnement à Tongres, Te Deum de la fête nationale à Bruxelles, défilé militaire et civil, feu d'artifice.

3 activités officielles pour la princesse Astrid et le prince Lorenz :   concert de l'Orchestre National de Belgique pour la fête nationale, Te Deum de la fête nationale à Arlon, gala d'ouverture de l'Européade à Namur.

4 activités officielles pour le prince Laurent :  rencontre avec le président du Comité Européen des Régions Markku Markkula, cérémonie d'ouverture de la 5ème Semaine Mondiale des Forêts et de la 23ème session du Comité des Forêts de la FAO, Te Deum de la fête nationale à Hasselt, défilé militaire et civil.

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Récapitulatif des activités officielles de janvier à juillet (source : www.monarchie.be) :

Roi :  124 activités officielles + 101 audiences

Reine :  148 activités officielles

Princesse Astrid :   61 activités officielles

Prince Laurent :  39 activités officielles

Prince Lorenz :  15 activités officielles

Princesse Claire :   13 activités officielles

Reine Paola :   7 activités officielles

Princesse Elisabeth :   6 activités officielles

Roi Albert II :   5 activités officielles

lundi 25 juillet 2016

"Lilian et le Roi" d'Olivier Defrance

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Née en 1916, elle est le septième enfant d'un couple d'Ostendais réfugié en Angleterre en raison de la guerre. Son père Henri Baels sera notamment avocat, échevin, administrateur de sociétés de pêcherie, député à la Chambre, ministre de l'Agriculture et des Travaux publics, et gouverneur de la province de Flandre Occidentale à partir de 1933. Elle fréquente l'école primaire des Sœurs de Saint-Joseph à Ostende, puis l'Institut Val Notre-Dame à Antheit et l'Institut des Dames du Sacré-Coeur à Bruxelles. Elle passe ensuite deux années dans une finishing school (une sorte d'"école des bonnes manières") à Londres et y loge parfois chez l'ambassadeur de Belgique. Lilian parle le français, le néerlandais et l'anglais. L'auteur consacre tout un chapitre à ses fréquents séjours en Autriche dans les années 30 et à ses projets de mariage avec Peter Draskovich.

Veuf de la reine Astrid, le roi Léopold III tombe sous le charme de cette jeune femme belle, cultivée et ambitieuse avec qui il joue au golf. Il l'épouse secrètement et religieusement en 1941. Contrairement à ce que prévoit la Constitution belge, leur mariage civil est célébré quelques mois plus tard, ce qui provoque une grande polémique et déçoit beaucoup de Belges Le mythe du roi veuf et prisonnier s'effondre. On reprochera également au souverain d'avoir remercié Hitler pour les félicitations et les fleurs qu'il avait envoyées lors de leur mariage.

En 1941, la princesse Lilian devient donc un personnage public qui ne laisse personne indifférend et qui a suscité la controverse lors de la Question Royale (1945-1950). De nombreuses rumeurs ont circulé à son sujet, et l'historien Olivier Defrance a le grand mérite de nous offrir enfin une biographie sérieuse, objective, bien documentée et très agréable à lire. Son livre propose des documents inédits jamais exploités qui apporte un éclairage nouveau sur la déportation par les Allemands à Hirschtein, la Question Royale, ses problèmes conjugaux (lorsqu'elle découvre que Léopold III a une maîtresse), ses relations difficiles avec d'autres membres de la famille royale (Elisabeth, Baudouin et Fabiola, Albert et Paola, Marie-Christine, Joséphine-Charlotte, Léa).  Sans jamais prendre parti.

Olivier Defrance évoque aussi son travail à la tête de la Fondation Cardiologique Princesse Lilian et la vie au domaine royal d'Argenteuil. Plusieurs tentatives de rapprochement ont lieu, mais c'est Albert II, devenu roi et nouveau chef de famille, qui parviendra le mieux à une réconciliation avec sa belle-mère. Un seul petit regret :  l'auteur n'évoque pas la vente de ses bijoux dans les années 80, et le sort de certains bijoux de la reine Astrid qui suscite de nombreuses interrogations.

Bref, bravo à Olivier Defrance pour cette biographie qui devient désormais l'ouvrage de référence le plus complet et le plus objectif sur la princesse Lilian (par contre, on peut désormais ranger aux oubliettes l'ancien livre d'Evrard Raskin qui était bien trop impartial et moins bien documenté).

lundi 18 juillet 2016

Les 38 anoblis du règne de Philippe Ier

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A l'occasion de la fête nationale 2016,  le Roi a donné le titre de baron à huit personnalités (deux femmes et six hommes) : 

1. Sophie De Schaepdrijver, spécialiste de la première guerre mondiale et professeur à la Pennsylvania State University (USA)
2. Isabelle Salmon, professeur à l'Université Libre de Bruxelles, spécialiste en cancérologie
3. Eddy Bruyninckx, patron du port d'Anvers
4. Jacques Delen, actif dans les milieux bancaires
5. Dominique Lambert, professeur aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, expert en éthique des sciences et de la technologie
6. Joseph Martial, fondateur de la première spin-off liégeoise Eurogentec et confondateur du projet Giga
7. Pierre Rion, patron de diverses sociétés
8. Hans Vanhoutte, ancien professeur à la KUL, spécialiste en arbitrage international

Qui sont les premiers anoblis du règne de Philippe Ier?
Ils sont en tout 38, et leur nombre va en diminuant (16 en 2014, 14 en 2015 et 8 en 2016). Les femmes sont clairement sous-représentées :   3 en 2014,  3 en 2015 et 2 en 2016.  Si on regarde par titre de noblesse, Philippe a titré 2 comtes, 32 baron(nes) et 4 chevaliers. Parmi les 38 anoblis, 34 l'ont reçu à titre personnel, et seuls quatre d'entre eux à titre héréditaire pour leurs descendants (le comte Paul Buysse, les barons Marc du Bois, Jean Charlent et Herman Daems).

Le Roi a élevé au titre de comte deux personnalités du nord du pays :  le baron Paul Buysse, patron de Bekaert, administrateur de sociétés, ancien président du Fonds Prince Philippe (ainsi qu'à ses descendants), et Herman Van Rompuy, premier président du Conseil Européen, ancien premier ministre belge.

Le titre de baron(ne) est celui qui est le plus attribué :   14 en 2014,  10 en 2015 et 8 en 2016. Beaucoup de scientifiques et de professeurs l'ont reçu :  Georges de Leval (professeur émérite de l'ULG), Corinne Hubinont (gynécologue), Jean Bourgain (mathématicien), Peter Carmeliet (médecin et professeur à la KUL), Marc Henneaux (physicien), Koenraad Debackere (professeur à la KUL en sciences de gestion), Isabelle Salmon (professeur à l'ULB), François Cornelis (chimiste), Hilde Laga (professeur de droit à la KUL), Sophie De Schaepdrijver (spécialiste de la première guerre mondiale), p.ex.

Le monde des affaires est également bien représenté :  Marc du Bois (patron de Spa Monopole et manager de l'année 2013), Herman Daems (président de BNP Paribas Fortis), Jean De Cloedt (entrepreneur spécialisé dans le dragage), Jean-Pierre Hansen (ex-patron d'Electrabel), Pierre-Alain De Smedt (ancien président de la FEB), Eddy Bruyninckx (patron du port d'Anvers), Jacques Delen (actif dans les milieux bancaires), Pierre Rion (patron de diverses sociétés), Joseph Martial (fondateur de la première spin-off liégeoise Eurogentec), Jean De Cloedt (administrateur-délégué de la firme de construction Burco), entre autres, ont reçu le titre de baron.

Deux anciens responsables politiques néerlandophones à la retraite ont été titrés :  le baron Karel Pinxten (Open VLD) et le comte Herman Van Rompuy (CD&V). Mais ils l'ont été car après la politique belge, ils ont été nommés dans des institutions européennes :  Karel Pinxten à la Cour des Comptes Européenne et Herman Van Rompuy au Conseil Européen.

La diplomatie a également droit à des titres de noblesse :   Ernest de Laminne de Bex (président du Cercle International Diplomatique Consulaire),  Johan Swinnen (ancien ambassadeur belge à Kigali et Kinshasa) et Bénédicte Frankinet (représentante permanente de la Belgique à l'ONU) ont reçu le titre de baron(ne).  Même titre pour le magistrat eupenois Serge Brammertz, procureur au tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Dans le domaine culturel, la célèbre romancière Amélie Nothomb et le directeur du Koninklijke Concertgebouworkest d'Amsterdam Jan Raes ont été titrés baron(ne). Quatre autres personnalités du monde culturel ont reçu le titre de chevalier :  Thierry Bosquet (décorateur de théâtre), François Glorieux (pianiste, compositeur et chef d'orchestre), Albert Vandervelden (galeriste liégeois) et Jean Van Hamme (romancier et scénariste de bande dessinée).

Le social est un peu oublié... On notera juste le titre de baronne pour Marie-Claire Léonard (pionnière de l'intégration) et Jenny Vanlerberghe (journaliste et écrivain engagée pour les droits des femmes). Et aucun représentant du monde sportif jusqu'à présent.

lundi 4 juillet 2016

Activités royales en juin 2016

                   
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13 audiences pour le Roi :  le premier ministre Charles Michel (reçu 3 fois), le commandant suprême des forces alliées en Europe le général Scaparotti, le procureur général de la Cour d'Appel de Gand Erwin Denicourt, le responsable de la communauté Sant'Egidio Belgique Jan De Volder, le président du Kenya Uhuru Kenyatta, le président d'Israël Reuven Rivlin, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, Bart Moeyaert et Koen Van Bockstal (audience conjointe de ces responsables culturels), le colonel Vandevelde de l'Ecole Royale Militaire, l'ancien maire de New York Michaël Bloomberg, le ministre flamand de la Santé Jo Vandeurzen.

15 activités officielles pour le Roi :  visite sur les lieux de la catastrophe ferroviaire de Hermalle-sous-Huy, visite du Musée Verhaeren à Sint-Amands, remise du Prix Francqui 2016, concert de clôture du Concours Musical International Reine Elisabeth, inauguration d'une nouvelle écluse dans le port d'Anvers, réception au château de Laeken pour les participants au Brussels-Asia Society Dialogue, travaux du Brussels-Asia Society Dialogue au palais d'Egmont, déjeuner avec le secrétaire général des Nations Unies et son épouse, visite du Conseil d'Etat, match de football Belgique-Irlande, déjeuner avec le vice-président de la Commission Européenne Maros Sefcovic,  réunion de travail avec le réseau Entreprendre, Belgian Air Force Days à Florennes, déjeuner avec les gouverneurs de province, remise du Prix de la Francophonie Economique 2016.

14 activités officielles pour la Reine :  concert des lauréats du Concours Musical Reine Elisabeth, visite du Musée Verhaeren à Sint-Amands, conférence "Valoriser le consensus européen : un levier pour vaincre le sans-abrisme", concert de clôture du Concours Musical Reine Elisabeth, réception pour les participants au Brussels Asia Society Dialogue, rencontre avec le président de la Banque Mondiale, déjeuner avec le secrétaire général des Nations Unies et son épouse, déjeuner de travail sur le développement durable au sein de l'Union Européenne, 10ème édition des Journées Européennes de Développement, rencontre avec l'ancien maire de New York Michaël Bloomberg, visite du Centrum Menselijke Erfelijkheid de la KUL, 50ème édition des concerts de printemps de l'abbaye du Val-Dieu, déjeuner avec les gouverneurs de province, remise du Prix Fédéral de Lutte contre la Pauvreté 2016.

0 activité officielle pour le roi Albert II

1 activité officielle pour la reine Paola :  remise des Prix pour l'Enseignement 2015-2016 de la Fondation Reine Paola.

2 activités officielles pour la princesse Astrid :  dîner en l'honneur du prince Radu de Roumanie et du président du parlement moldave Andrian Candu, remise du Prix Cancer OECI 2016.

1 activité officielle pour le prince Lorenz : dîner en l'honneur du prince Radu de Roumanie et du président du parlement moldave Andrian Candu.

7 activités officielles pour le prince Laurent :  lancement de la fête d'été de Greenovate Europe, cocktaïl de clôture de l'exposition de Julian Lennon, remise du Prix Belge de l'Energie et de l'Environnement, gala de clôture du 14ème Festival International de la Langue et de la Culture, finale de la 10ème édition du concours de piano de Liège, visite des Logis de Louvranges (Caritas International) à Wavre, visite du projet RELIOS de Caroline Lepot à Wodecq.

2 activités officielles pour la princesse Claire :  gala de clôture du 14ème Festival International de la Langue et de la Culture, visite des Logis de Louvranges (Caritas International) à Wavre.

Récapitulatif des activités officielles de janvier à juin 2016 (source : www.monarchie.be) :

Roi :  110 activités officielles + 89 audiences

Reine :   128 activités officielles

Princesse Astrid :  58 activités officielles

Prince Laurent :   35 activités officielles

Princesse Claire :  13 activités officielles

Prince Lorenz :   12 activités officielles

Reine Paola :  7 activités officielles

Roi Albert II :  5 activités officielles