lundi 19 février 2018

Le roi Philippe et la religion

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Religion catholique

Bien que croyant et pratiquant, le roi Philippe garde ses convictions religieuses pour le domaine privé, comme le faisait le roi Albert II. Le 21 juillet 2013, le primat de Belgique Mgr Léonard et le nonce apostolique n'étaient plus, pour la première fois, près de la famille royale au Parlement, mais relégués beaucoup plus loin dans les tribunes. Le Roi a signé la loi sur l'euthanasie des mineurs alors que certains redoutaient qu'il refuse et crée une crise institutionnelle.

Nos souverains effectuent une visite officielle au Vatican en 2015 et rencontrent, pour la première fois, le pape François. Contrairement à son père (ce qui lui avait été vivement reproché), Philippe ne s'est pas agenouillé devant lui, mais lui a donné la main d'égal à égal en tant que chefs d'Etat. Privilège des reines catholiques, Mathilde était habillée de blanc.

Le couple royal assiste, en décembre 2015, à la célébration à la cathédrale Saint-Rombaut de Malines pour la prise de fonction de Jozef De Kesel, nouvel archevêque de Bruxelles-Malines, qui est le chef de l'Eglise catholique belge.

En 2016, le Roi déjeune avec l'archevêque de Bruxelles-Malines Jozef De Kesel en mai, puis reçoit en audience le responsable de la communauté Sant'Egidio Belgique Jan De Volder en juin et le nonce apostolique Giacinto Berloco en juillet.

Hommage à Sœur Jeanne Devos

Lors de leur voyage d'Etat en Inde en novembre 2017, nos souverains retrouvent Sœur Jeanne Devos qu'ils avaient déjà rencontrée lors de missions économiques. Née en 1935, cette religieuse belge a été ordonnée dans la congrégation des Sœurs Missionnaires du Coeur Immaculé de Marie, et a étudié la logopédie à Utrecht aux Pays-Bas. En 1963, elle quitte la Belgique pour l'Inde. Dans un premier temps, elle travaille dans un centre pour handicapés et sourds-muets. Au fil de ses rencontres, elle prend conscience que la pauvreté touche principalement les femmes et les enfants, en particulier ceux vivant dans une situation d'esclavage. En 1985, elle fonde l'association National Domestic Workers Movement avec pour objectif de lutter pour que les domestiques aient des droits et travaillent dans des conditions humaines. Actif dans 24 Etats indiens, elle a déjà permis de sauver plus de 60.000 enfants.

Le roi Philippe prononce une petite allocution lors de leur rencontre :

"Partager ce moment avec vous est pour la Reine et moi une source de grande joie. Nous sommes heureux d'avoir pu inclure cette visite dans notre programme en Inde. Nous vous remercions pour le cadeau de vos sourires et de votre chanson. De solides valeurs gouvernent les relations entre nos deux pays depuis longtemps. Elles ont été ressenties particulièrement  pendant la première guerre mondiale au travers du soutien héroïque des courageux soldats indiens qui se sont battus à nos côtés pour notre liberté.

De nombreux Belges sont venus en Inde, fascinés par ce magnifique pays et sa population. Ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes là où le besoin se faisait sentir. Parmi eux, il y a Sœur Jeanne. Chère Sœur, nous vous connaissons depuis longtemps. Vous avez donné votre vie aux autres. Nous vous sommes reconnaissants pour votre dévouement et votre énergie. Ce que vous avez créé ici est un exemple puissant pour nous tous. Je veux vous remercier et vous féliciter, ma Sœur et tous ceux qui travaillent avec vous dans un esprit d'abnégation. La Reine et moi vous souhaitons tout le succès".

Religion juive

En mai 2014, un homme entre au Musée Juif de Belgique à Bruxelles, et tire sur quatre personnes. C'est la première attaque perpétrée par l'organisation terroriste Etat Islamique en Occident. Le Palais diffuse ce communiqué :   "Le Roi a appris avec consternation la fusillade qui a eu lieu cet après-midi au Musée Juif de Belgique. Il présente ses condoléances aux proches des victimes. Le Roi est indigné par cet acte de violence qui touche de très près la communauté juive".

Quelques semaines après sa réouverture, Philippe se rend au musée. Et un an après cet attentat, il invite des représentants de la communauté juive à un déjeuner au château de Laeken afin de leur apporter à nouveau son soutien.

A l'étranger, la reine Mathilde visite le Musée de l'Histoire des Juifs Polonais en 2015, tandis que son époux se rend en 2016 au Mémorial Juif de Francfort.

Religion orthodoxe

Philippe reçoit en audience le métropolite de Belgique Mgr Athënagoras en mai 2014.

Religion musulmane

En 2016, le Roi reçoit en audience le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique Salah Eechllaoui, et assiste à une conférence du roi Abdallah de Jordanie au Centre interdisciplinaire d'études de l'islam dans le monde contemporain (CISMOC) à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve

Un an plus tard, Philippe participe à un iftar dans une famille musulmane d'Evergem. Et il parle de cette visite dans son discours de la fête nationale 2017 :

"Il y a un mois et demi, je suis allé fêter la rupture du jeûne dans une famille belge musulmane. J'ai été impressionné par la manière dont chacun des membres de cette famille s'implique dans la société. J'ai beaucoup appris sur le sens qu'ils donnent au jeûne et à ce moment de retrouvailles. En sortant de chez eux, tard le soir, j'ai été accueilli par leurs voisins. Ils m'ont offert une bouteille de vin et m'ont dit à quel point ils étaient heureux de vivre dans ce quartier. J'étais fier de voir coexister chez nous, côte à côte, ces deux manières simples et vraies d'exprimer l'hospitalité.

Toutes nos rues ne sont pas comme celle-là. Mais cet exemple nous montre qu'il y a dans notre pays, bien plus que nous le croyons parfois, une communion de valeurs au-delà des différences. Cherchez à apprendre au contact des autres et avec les autres. Vous découvrirez que vous partagez les mêmes interrogations, les mêmes doutes, les mêmes espoirs, les mêmes rêves que vos voisins. Eux aussi sont soucieux du bien-être de leurs enfants, de la qualité de leur travail, du bon accueil de leurs malades ou de leurs aînés. Apprenons également à nos enfants à porter ce regard-là sur le monde. Le bien-être et le bonheur, que nous recherchons tous, n'ont de valeur que s'ils sont réellement partagés".
                                
                             


Religion protestante

En décembre 2017, le Roi assiste à un service d'actions de grâce à la Chapelle Royale à Bruxelles, à l'occasion du 500ème anniversaire de la Réforme.

Laïcité

En 2015, le Roi reçoit en audience le président du Centre d'Action Laïque Henri Bartholomuseum en mars, puis le président de l'Union des Associations Laïques Sylvain Peeters en septembre.

Liens entre les religions

En 2017, Philippe participe à une réunion de travail avec les jeunes du magazine interreligieux "Lueurs", et à une table ronde avec les représentants des six cultes reconnus et de la laïcité qu'il réunissait pour la première fois depuis son accession au trône.

Responsables religieux étrangers

Le Roi reçoit en audience des responsables religieux de passage à Bruxelles :   le patriarche oeucuménique de Constantinople et l'archevêque de Canterbury en 2015, le patriarche d'Antioche en 2016 et 2017, le Grand Mufti de la République Arabe d'Egypte en 2017.

lundi 12 février 2018

Nos souverains et la France

1° Sous la présidence de François Hollande


                              

Quelques mois après leur accession au trône, le nouveau couple royal effectue une visite officielle de courtoisie d'une journée à Paris en février 2014. Accompagnés du premier ministre Elio Di Rupo et du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, ils arrivent en Thalys dans la capitale française et commencent par déposer des fleurs devant la statue équestre du roi Albert Ier, située place de la Concorde. La délégation belge est ensuite reçue à déjeuner par le président français François Hollande au palais de l'Elysée. Philippe reçoit la Grand-Croix de la Légion d'Honneur et Mathilde la Grand-Croix de l'Ordre National du Mérite. Dans l'après-midi, le couple royal se rend à l'Assemblée Nationale et à l'ambassade de Belgique.

Le Roi et la Reine vont revoir deux fois François Hollande en 2014 :   au 70ème anniversaire du Débarquement de Normandie en juin, puis à la commémoration à Liège du 100ème anniversaire du début de la première guerre mondiale en août.

En octobre 2014, le roi Philippe effectue une visite officielle à Saint-Adresse en Normandie. Située près du Havre, cette cité a accueilli le gouvernement belge en exil de Charles de Broqueville de 1914 à 1918 (le roi Albert Ier ne s'y est jamais rendu et a préféré rester à La Panne avec l'armée belge sur le dernier lambeau de territoire libre). Un meeting aérien clôture cette journée.

Le même mois, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian représente son pays aux commémorations à Nieuport et Ypres du centième anniversaire de l'inondation de la plaine de l'Yser et de la première bataille d'Ypres.

La reine Mathilde effectue une visite officielle culturelle d'une journée à Paris en octobre 2016 pour visiter les expositions Hergé au Grand Palais et Magritte au Centre Pompidou. Le déjeuner a lieu à l'ambassade de Belgique.

2° Sous la présidence d'Emmanuel Macron

                              

En mai 2017, le Roi rencontre le président français Emmanuel Macron lors de l'inauguration du nouveau siège de l'Otan à Bruxelles, pendant que son épouse Brigitte est reçue, avec les autres Premières Dames, par la reine Mathilde au château de Laeken.

Au forum économique mondial de Davos en janvier 2018, la Reine assiste au discours d'Emmanuel Macron.

3° Conclusion
En cinq ans de règne, nos souverains ont eu plus de contacts avec les présidents allemands que les présidents français. Cela n'est pas nouveau :  le dernier voyage d'Etat d'un président français remonte à François Mitterrand dans les années 1980. Il s'entendait assez bien avec le roi Baudouin qu'il avait été voir lorsqu'il avait été hospitalisé à Paris et qu'il avait ensuite reçu en voyage d'Etat en 1992, quelques mois avant sa mort. François Mitterrand était présent à ses funérailles.

Par contre, ni Jacques Chirac, ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande ne se sont rendus en voyage d'Etat en Belgique, et n'ont eu une relation étroite avec le roi Albert II qui a effectué un voyage d'Etat de trois jours en France en 2002. Au niveau des Premières Dames, la reine Paola a eu de nombreux contacts avec Bernadette Chirac, toutes deux engagées contre l'exploitation sexuelle des enfants dans le cadre du comité de parrainage de Missing Children Europe.

Y aura-t-il bientôt un nouveau voyage d'Etat franco-belge?   Affaire à suivre....

lundi 5 février 2018

Activités royales en janvier 2018

                             

7 audiences pour le Roi :    le premier ministre Charles Michel (reçu 2 fois), la secrétaire d'Etat bruxelloise Bianca Debaets, les co-présidents d'Ecolo, ainsi que les ambassadeurs de Jamaïque, Colombie et Autriche venus remettre leur lettre de créance.

25 activités officielles pour le Roi :   inauguration du Salon de l'Auto à Brussels Expo, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités de l'Otan, du Shape et de l'Union Européenne, réunion de travail à la FEB sur l'économie belge, visite sur les lieux de l'explosion à Anvers, visite de l'asbl Thermos de Liège, visite du Foyer des Orphelins à Liège, réception de Nouvel An au palais royal pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges  + 17 activités officielles au forum économique mondial de Davos (séance plénière d'ouverture, rencontre avec le roi Abdallah de Jordanie, rencontre avec la présidente de Youth for Technology Foundation, session "Creating a Shared Future in a Fractured World", rencontre avec le président du groupe Alibaba, session "Fake News versus Real Politics", session "Spain and Europe : present and future", rencontre avec le CEO du groupe Maersk, rencontre avec l'ancien secrétaire d'Etat John Kerry, rencontre avec le président de la Confédération de l'industrie britannique, rencontre avec le professeur d'histoire Yuval Noah Harari, discours de la chancelière allemande Angela Merkel, session "Will the Future Be Human?", Belgian Power Reception, rencontre avec le président du Forum Economique Mondial, rencontre avec le CEO d'Arcelor Mittal, rencontre avec le scientifique Bertrand Piccard).

19 activités officielles pour la Reine :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités de l'Otan, du Shape et de l'Union Européenne, réception de Nouvel An au palais royal pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges   + 15          activités officielles au forum économique mondial de Davos (séance plénière d'ouverture, session "Ask About Vaccines", rencontre avec le directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial, session "Creating a Shared Future in a Fractured World", discours du premier ministre canadien, session "Fastering Inclusivity", session "From Fragile Cities to Renewal", session "A sprint to 2020", session "Fake News versus Real Politics", discours du président français, rencontre avec la première ministre norvégienne, réunion avec des entrepreneurs sociaux, Belgian Power Reception, session "Mapping Eastern Europe : the Long View", rencontre avec la directrice générale de la Banque Mondiale, rencontre avec Malala Yousafzai).

2 activités officielles pour le roi Albert II et la reine Paola :   conférence "Grandeur et misère du journalisme d'aujourd'hui" aux Grandes Conférences Catholiques, opéra "Carmen" à Liège.

0 activité officielle pour la princesse Elisabeth

0 activité officielle pour le prince Gabriel

4 activités officielles pour la princesse Astrid :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges, réception de Nouvel An de l'Agence pour le Commerce Extérieur, remise du Trophée National du Mérite Sportif 2017, visite de la maison d'accueil pour défavorisés Nativitas à Bruxelles.

1 activité officielle pour le prince Lorenz :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges

5 activités officielles pour le prince Laurent :   réception du Stomaclub Boechout, inauguration de la plate-forme "We are Mobility" de la FEBIAC, visite du salon cycliste du Benelux à Courtrai, visite de la Foire des Antiquaires de Bruxelles, visite de l'exposition "American Dreams Cars and Bikes".

2 activités officielles pour la princesse Claire :   visite de la Foire des Antiquaires de Bruxelles, opéra "Carmen" à Liège

Récapitulatif des activités officielles de janvier :

Roi :   25 activités officielles   +  7 audiences

Reine :   19 activités officielles

Prince Laurent :   5 activités officielles

Princesse Astrid :   4 activités officielles

Princesse Claire :   2 activités officielles

Roi Albert II et Reine Paola :    2 activités officielles

Prince Lorenz :   1 activité officielle

Princesse Elisabeth et Prince Gabriel :   0 activité officielle

lundi 22 janvier 2018

Le combat de la reine Mathilde pour la protection de l'enfance

                                                    
1. Princesse de Belgique (de 1999 à 2013)

La princesse Mathilde commence son combat en faveur de l'enfance quelques semaines après son mariage :  le 8 février 2000, elle reçoit en audience Lieve Stappers, directrice du centre Child Focus pour enfants disparus et sexuellement exploités. En novembre, Philippe et Mathilde accueillent sur la place des Palais les participants à une marche en faveur de la protection des enfants. Le couple princier accorde son Haut Patronage à l'ONG Plan Belgique. 

Durant le voyage d'Etat de la famille royale suédoise en mai 2001, les ducs de Brabant accompagnent la princesse héritière Viktoria au centre Child Focus, où ils rencontrent Jean-Denis Lejeune, le papa de la petite Julie enlevée avec son amie Mélissa en 1995 à Grâce-Hollogne. En septembre 2001, le prince Philippe, la princesse Mathilde et le chanteur Helmut Lotti (ambassadeur bénévole d'Unicef-Belgique) assistent à la remise à Bruxelles des résultats d'une campagne de pétitions de l'Unicef dans la perspective de la séance extraordinaire des Nations Unies en faveur de l'enfance. Prévue fin septembre, elle est annulée suite aux attentats du 11 septembre et reportée à 2002.


La princesse préside la délégation belge lors de ce 2ème Sommet Mondial de l'Enfance, organisé à New York par les Nations Unies du 8 au 10 mai 2002. Elle est accompagnée notamment du ministre des Affaires étrangères Louis Michel, du ministre de l'Enfance en communauté française Jean-Marc Nollet, des sénatrices Nathalie de T'Serclaes et Sabine de Béthune, ainsi que par des jeunes Belges participant au projet "What do you think?" d'Unicef-Belgique.


Durant son séjour à New York, Mathilde prend plusieurs fois la parole et déclare notamment :   "A chaque rencontre que j'ai avec des enfants, en Belgique ou de par le monde, je m'aperçois qu'un enfant ne demande pas beaucoup pour être heureux. Et que très peu est nécessaire pour les rendre heureux. Mais même ce très peu, on ne leur donne pas toujours.

Notre société attache beaucoup d'importance à la productivité. Elle a souvent moins de patience pour ceux qui ne sont pas productifs : les enfants et les personnes âgées. Pour les enfants, s'y ajoute encore une autre condition : ils sont innocents, sans voix, sans pouvoir de décision, on les écoute peu, leurs opinions ne comptent pas pour grand'chose. Et pourtant, quand on les écoute bien, ils ont beaucoup à dire. Malgré leur situation parfois difficile, les enfants veulent presque toujours faire passer un message positif. Ils cherchent de façon positive à être considérés comme acteurs dans notre société. Ils veulent participer aux changements qui les concernent directement. Ils veulent tout simplement être pris au sérieux.

Ce qui me semble important, c'est que l'enfant puisse être respecté pour ce qu'il est : un sujet de droit et qui a des droits. Les droits de l'enfant constituent une progression, un raffinement des droits de l'homme universels. Ces droits, il faut les promouvoir et les protéger. Les enfants sont une valeur pour la société, tout comme la famille et l'affection qu'ils y trouvent est une valeur pour les enfants. Mais nous, qui façonnons la société, nous avons le devoir de bien accompagner l'insertion des enfants dans cette société. C'est un devoir qui incombe en premier lieu aux parents, à la famille. Ensuite à nos dirigeants, aux responsables politiques et sociétaux. Mais c'est aussi le rôle fondamental de l'éducation".

Mêmes idées dans un autre discours prononcé à New York :    "A travers mon expérience avec des enfants vulnérables, je m'aperçois de plus en plus combien l'éducation joue un rôle fondamental. Et j'entends ici éducation dans le sens le plus large, non seulement à l'école mais aussi, et surtout, à travers les parents, la famille, l'environnement social de l'enfant. Mais en ce qui me concerne, je voudrais souligner ici combien je trouve important le rôle que joue la famille pour d'une part permettre à l'enfant de vivre pleinement son enfance et d'autre part contribuer à son épanouissement et à son développement affectif. Mais le rôle le plus fondamental des parents et de la famille, me semble être celui d'accompagner et de stimuler la progression d'un enfant vers un être humain autonome, responsable, ouvert sur le monde et respectueux d'autrui".

De retour en Belgique, la princesse Mathilde assiste au Sénat à un débriefing de la session spéciale des Nations Unies sur l'enfance. A l'occasion du 50ème anniversaire d'Unicef-Belgique, elle participe à Bastogne en septembre à la Journée des Volontaires de l'Unicef. En décembre 2002, elle rencontre les jeunes participants à la conférence "Enfants, acteurs de changement", organisée par Unicef.

Le 5 juin 2003, Mathilde reçoit en audience Kay Labate, la présidente de "Europe's Children - Our Concern". En décembre, la princesse est l'invitée d'honneur de la 11ème Nuit Internationale de l'Enfance au château de Versailles au profit de la Fondation pour l'Enfance (créée par Anne-Aymone Giscard d'Estaing, ancienne Première Dame de France), puis visite la consultation de nourrissons de l'O.N.E. au centre "Le Bon Lait" à Ixelles qui fête son centième anniversaire. Cette institution offre à des enfants d'âge préscolaire de plus de 40 nationalités différentes un accès à la médecine préventive, à l'éducation, à la santé et à l'aide aux familles. Par sa visite, la princesse souhaite souligner l'importance d'un bon suivi des nouveaux-nés.

Une table ronde sur l'enlèvement parental a lieu le 31 mars 2004 au palais d'Egmont. Mathilde y écoute le témoignage de mères d'enfants enlevés, ainsi que les consuls belges à l'étranger qui sont chargés de trouver une solution acceptable pour les deux parents. En octobre, elle assiste à Bruxelles au lancement de la campagne "L'école, mon droit!" d'Unicef-Belgique qui a pour objectif de scolariser 150.000 enfants au Congo, au Niger et en Roumanie. Un mois plus tard, elle visite l'exposition "L'école, mon droit" aux Halles Saint-Géry. En décembre, la princesse participe à la conférence internationale "Child Abuse and Neglect" à Louvain, et se rend à Copenhague au Danemark pour découvrir l'entrepôt d'approvisionnement central de l'Unicef.

En mai 2005, Mathilde assiste à une réunion de travail au centre SOS Enfants pour enfants abusés et maltraités à Anvers (en 25 ans d'existence, il a traité 30.000 dossiers) et à la remise du titre de docteur honoris causa de l'Université d'Anvers à l'Unicef mondial.

Au cours de l'année 2006, elle préside une nouvelle table ronde à Bruxelles sur la maltraitance d'enfants, elle visite l'asbl De Stobbe (centre d'hébergement pour familles victimes de violence familiale) et elle assiste à Anvers à la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants.

En février 2007, la princesse reçoit en audience Sœur Jeanne Devos qu'elle avait déjà rencontrée lors d'une mission économique en Inde. Celle-ci était revenue en Belgique pour la création par la KUL du Fonds Jeanne Devos pour les droits des enfants. Il aura pour but d'accueillir des enfants victimes d'esclavage. En septembre, elle rencontre dans le domaine de Laeken les associations travaillant pour l'enfance invitées par la reine Paola à l'occasion de son 70ème anniversaire.

Trois activités officielles sur ce sujet sont à son agenda de 2008 en Belgique :   rencontre avec la vice-directrice exécutive d'Unicef Hilde F. Johnson, réunion de travail à Bertrix avec l'asbl SOS Enfants, et journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants organisée à Anvers par l'asbl De Stobbe que la princesse avait visitée deux ans plus tôt. En tant que représentante spéciale de l'Unicef et d'Onusida pour la problématique des enfants et du sida , la princesse, le directeur exécutif d'Onusida Peter Piot et la directrice du bureau régional d'Unicef pour l'Afrique occidentale et centrale se rendent au Sénégal pour des visites de terrain et la conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique.

En 2009, Mathilde visite l'asbl Notre Abri à Uccle (qui accueille une cinquantaine d'enfants de 0 à 6 ans, victimes de malveillance, maltraitance ou de carences affectives profondes), assiste à une rencontre organisée par Plan Belgique sur le thème "La violence quotidienne à l'égard des enfants dans les pays en développement", devient présidente d'honneur d'Unicef-Belgique , et célèbre avec les princesses Astrid et Claire le 20ème anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant organisée par le commissaire flamand aux droits de l'enfant Bruno Vanobbergen et le délégué général aux droits de l'enfant en communauté française Bernard De Vos.

La princesse prononce le discours suivant :   "Lorsqu'Unicef-Belgique m'a invitée à la célébration du 20ème anniversaire de la convention relative aux droits de l'enfant, j'ai accepté avec plaisir. Il s'agit d'ailleurs d'un moment symbolique :  c'est en effet la première fois que je prends la parole en tant que présidente d'honneur d'Unicef-Belgique sur les droits de l'enfant et la participation des enfants. La mise en place de la convention relative aux droits de l'enfant doit être vue comme une étape décisive dans l'histoire du bien-être de l'enfant. Le 20 novembre 1989, les Nations Unies adoptaient la convention relative aux droits de l'enfant. Sa genèse n'a pourtant pas été évidente. Depuis, cette convention est devenue un instrument quasi universellement reconnu. Elle donne de la visibilité aux enfants et les reconnaît comme porteurs de droits.

Les enfants peuvent prendre leurs responsabilités pour les choses qui les concernent directement. Et c'est précisément ce qui se passe aujourd'hui avec la présentation du deuxième rapport relatif à l'enfance et à la jeunesse : les enfants ont eu l'occasion d'exprimer leurs problèmes, leurs convictions et leurs souhaits à propos de sujets qui leur tiennent à cœur. Le résultat final est à la hauteur des attentes.

Il est important que les enfants soient entendus et que les adultes les écoutent pour que leur opinion soit prise en compte. Il est important de montrer que les adultes les prennent au sérieux et que les enfants et les jeunes ont leur mot à dire dans le façonnement de leur propre milieu de vie. Les enfants ont droit à un environnement social stimulant qui les aide à se respecter et à développer des capacités sociales. Toutefois, cela ne signifie pas que les enfants peuvent toujours faire ce qui leur plaît. Les enfants doivent apprendre à collaborer, en accord avec leurs parents et leurs enseignants. Ils doivent apprendre à devenir des citoyens responsables au sein de la société. C'est un processus d'apprentissage important. Aussi bien les adultes que les enfants doivent parfois adapter leur pensée pour rapprocher encore plus leurs points de vue.

La convention relative aux droits de l'enfant représente aussi un progrès indéniable pour des millions d'enfants à travers le monde :  le nombre d'enfants scolarisés a augmenté, la mortalité infantile a diminué dans le monde, de plus en plus d'enfants ont accès à de meilleurs soins de santé et à une eau pure. En outre, ils reçoivent une protection particulière pendant les conflits et en situation d'urgence.

Au cours des 20 dernières années, des résultats impressionnants ont donc été obtenus. Ce ne sont cependant pas les défis qui manquent dans l'application de la convention. Aujourd'hui encore, 24.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour des suites de maladies et de privations. Même dans notre pays, les enfants et les jeunes n'ont pas toujours la vie facile et il est donc important d'être à l'écoute de leurs préoccupations, de leurs questions et de leurs propositions. L'opinion des enfants vulnérables dans notre société doit continuer à retenir notre attention particulière".

En 2010, la princesse visite l'asbl SOS Villages d'Enfants - Belgique (à qui elle accorde son Haut Patronage)  en province de Luxembourg, et participe à une table ronde à Liège sur la maltraitance des enfants avec les équipes liégeoises de SOS Famille et de l'O.N.E. , à la conférence européenne sur la pauvreté des enfants (co-organisée par Unicef-Belgique), à une réunion du groupe intergouvernemental permanent Europe de l'Enfance, au colloque "La parole aux enfants" et à la conférence "Les enfants vulnérables en situation d'errance : un défi européen" organisée par la reine Paola au palais royal de Bruxelles.

En décembre 2012, Mathilde se rend trois jours en Haïti pour y découvrir les projets d'Unicef-Belgique. Elle accepte de répondre aux questions de la presse :

"Madame, s'il y a une seule image que vous conserverez d'Haïti, quelle serait-elle?
- Quelque chose qui m'a énormément frappée, c'est que toutes les personnes que j'ai rencontrées étaient souriantes, positives. Elles ne baissaient pas les bras, ne se plaignaient pas. Elles nous ont appris l'humilité, la modestie. J'ai aussi été frappée par le regard des gens. J'y ai senti de la souffrance.

- Comment vous préparez-vous à ce type de mission?
- Peut-on vraiment se préparer psychologiquement? Théoriquement, oui. J'ai rencontré le président d'Haïti et le responsable d'Unicef-Haïti à Bruxelles, j'ai lu beaucoup de livres, j'ai regardé des reportages...mais rien ne vaut la réalité du terrain. Il est difficile de s'y préparer. En tant que mère, j'ai reçu beaucoup d'émotions en voyant ces enfants qui partent déjà avec une faiblesse dans la vie. Dans l'école de mes propres enfants, ils font un projet sur Haïti. Le but est d'aider à la construction d'une école au nord-est de l'île, dans un endroit perdu. J'ai acheté des peintures haïtiennes que je leur montrerai. Si l'école me le demande, je suis prête à y donner un exposé en classe.

- Votre rôle de princesse est-il de montrer ce qui ne va pas dans le monde?
- Cette tâche, je l'ai commencée bien avant que je ne sois princesse. A 18 ans, j'ai passé six semaines dans un projet humanitaire en Egypte. C'était ma première expérience. Il est important que je puisse mettre ma fonction de princesse au profit d'organisations comme Unicef-Belgique".


2. Reine des Belges (depuis 2013)

Après l'accession au trône de son époux, la reine Mathilde continue son combat. Lors d'un de ses premiers déplacements officiels à l'étranger, à New York en septembre 2013, elle soutient le projet de sociétés belges qui se sont engagées à faire respecter les droits des enfants, et rencontre le directeur exécutif de l'Unicef Anthony Lake et le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. Un mois plus tard, elle assiste à la représentation de la pièce "Heb jij ze wel alle vijf?" sur la pauvreté intergénérationnelle (Unicef-Belgique ayant été impliqué dans la réalisation du dossier pédagogique de cette pièce de théâtre).

A l'occasion de la Journée Internationale des Droits de l'Enfant 2013, la Reine participe à une table ronde organisée par Unicef-Belgique sur les mesures à mettre en place pour lutter contre les inégalités scolaires, le bien-être des élèves et le renforcement de l'enseignant, suite au rapport "L'égalité des chances à l'école? Voilà ce qu'ils en pensent". Le même jour, elle est aussi présente à un concert de la chorale bruxelloise d'enfants Shanti, réunissant des enfants de milieux socio-économiques et culturels différents, qui chante régulièrement pour des enfants malades.

En janvier 2014, la reine Mathilde succède à la reine Paola à la présidence d'honneur du centre Child Focus. Plusieurs activités officielles de son agenda 2014 sont liées à cette problématique :  journée d'étude de l'Université d'Anvers en février sur le cyber-harcèlement à l'égard d'enfants et d'adolescents, table ronde à Bruxelles en octobre sur la lutte contre la pornographie enfantine sur Internet, débat à la FEB en novembre sur l'intégration des droits de l'enfant dans les plans stratégiques des entreprises belges, 25ème anniversaire de la Convention des droits de l'enfant à Auderghem avec 400 élèves francophones et néerlandophones dont les écoles sont engagées avec Unicef-Belgique ("Les Classes du Monde") et Plan Belgique ("Les Ecoles des droits de l'enfant"), deux associations soutenues par la souveraine depuis plusieurs années.

A l'occasion du Safer Internet Day 2015 organisé par Child Focus, la Reine assiste à la projection du film "Disconnect" au cinéma Kinépolis à Bruxelles, suivie d'un débat sur l'utilisation responsable des médias sociaux. Son fils le prince Gabriel est présent dans la salle avec sa classe. Elle se rend également à Genève pour le High Level Event sur le thème Child Online Protection.

En voyage en Ethiopie avec l'Unicef-Belgique (dont elle est présidente d'honneur) en novembre 2015, Mathilde accepte de répondre aux questions de la presse belge :

"Quelles images vous ont-elles marqué?
- Il y a eu plusieurs moments émouvants, comme la vision de cet enfant mal nourri. J'ai pu constater avec mes propres yeux à quel point la malnutrition avait des effets dévastateurs. Il y avait un enfant au stade 1, un autre au stade 2. Une dame a poussé sur le pied d'une fillette :  si l'empreinte restait, c'est que l'œdème n'était pas encore résorbé. J'ai été frappée par l'aspect atonique de cet autre enfant qui toussait, qui ne réagissait pas quand on le touchait. Ces images restent très fort dans la tête. Il y a aussi le témoignage de ce groupe de jeunes filles qui font tout pour changer les mentalités. C'est très courageux de leur part. Elles ont parlé des mariages forcés, de l'excision, tout en signalant l'importance que les garçons soient aussi impliqués.

- Comment avez-vous préparé cette mission?
- On peut le faire de différentes manières. J'ai rencontré beaucoup de personnes en Belgique qui travaillent dans des universités, des hôpitaux ou des ONG qui collaborent avec des Ethiopiens. J'ai aussi vu ce film "Difret" qui parle du combat d'une jeune fille qui a tué son mari qu'elle avait dû épouser car il l'avait violée. J'ai rencontré lundi l'avocate qui l'a défendue et qui est l'héroïne du film. Par contre, on ne peut pas se préparer au niveau émotionnel. Pour avoir une image du pays, il faut rencontrer les gens sur place.

- Vos formations de logopède et de psychologue vous ont-elles aidée à passer de la théorie à la pratique sur le terrain?
- Vous savez, j'étais déjà dans la pratique bien avant de rencontrer mon époux. Mais, oui, c'est vrai, cela m'aide tous les jours. C'est une formation continue.

- A Haïti il y a trois ans, vous aviez dit que vous parliez de ce que vous voyiez avec vos enfants, que vous comptiez bien les emmener un jour pour voir la réalité.
- Il est très important de pouvoir leur parler de ce que j'ai vu. Je le ferai dès mon retour. C'est aussi important qu'ils sachent que d'autres enfants, qui ont le même âge qu'eux, doivent vivre dans des conditions très difficiles. Et pourtant, avez-vous vu leur sourire? C'est un message que je veux passer à mes enfants. J'aimerais, oui, les emmener un jour avec moi, mais chaque chose en son temps.

- Qu'allez-vous faire de toutes ces images, de tous ces messages et ces appels que vous avez emmagasinés?
- On parle beaucoup de ce qu'on a vu dans le cadre d'Unicef. On sait l'importance de continuer à montrer en Belgique ce qui est fait par l'organisation pour changer la vie des gens. Il est très important de donner de la visibilité aux projets de l'Unicef et de mobiliser le peuple belge afin de continuer l'aide aux plus démunis. Mon rôle est de pouvoir donner une voix aux plus démunis. J'ai toujours voulu agir en ce sens depuis que je suis mariée.

- C'est un rôle un peu différent des pop stars, comme Axelle Red par exemple qui est ambassadrice d'Unicef Belgique?
- Heureusement que je ne chante pas! C'est à vous d'estimer s'il y a une différence, mais Axelle Red fait du très bon travail".

La Reine poursuit en 2016 son combat pour la protection des enfants tant dans notre pays qu'à l'étranger :   visite du centre Child Focus avec l'épouse du président allemand, conférence "Children's rights matter :  why Europe needs to invest in children", rencontre à New York avec le directeur-général de l'Unicef et les représentants spéciaux du secrétaire-général de l'ONU sur le sort des enfants dans les conflits armés et sur les violences contre les enfants, lancement du jeu "Dossier 116 000" par Child Focus, visite du centre de réfugiés Makani géré par l'Unicef en Jordanie, table ronde organisée par Child Focus à l'occasion de la Journée Européenne pour la protection des enfants contre l'exploitation sexuelle.

En février 2017,  après avoir prononcé un discours à une conférence organisée à Bruxelles sur les enfants dans les conflits armés, Mathilde effectue un voyage avec Unicef-Belgique au Laos, au cours duquel elle accepte de répondre aux questions des journalistes :

"Cela vous manque-t-il de ne plus pouvoir partir du jour au lendemain, avec un sac à dos, sans protocole?
- J'ai beaucoup voyagé avec un sac à dos avant que je rencontre mon époux. C'était quelque chose d'intéressant, de fun. J'ai même été en Syrie, en Inde, en Bolivie, etc. J'ai commencé très jeune mon engagement au niveau social. A l'âge de 18 ans, j'ai été volontaire pour une ONG en Egypte, où on a vécu quelques semaines dans des bidonvilles. Chaque âge a ses avantages et ses limites. Dans le cadre de mon voyage au Laos, j'ai pu rencontrer des personnes merveilleuses. J'ai énormément de plaisir à participer à ce type de voyage et j'en garde des aventures uniques.

- Qu'est-ce qui vous a le plus frappée ici au Laos?
- J'ai été très impressionnée par l'hospitalité des personnes que nous avons pu rencontrer, de leur générosité. De leur calme aussi parce que ce sont des personnes très patientes. J'ai été marquée par le projet qui vise à lutter contre la malnutrition, avec ce bébé de neuf mois qui donne l'impression de n'avoir qu'un mois. J'ai bien regardé la courbe de croissance de cet enfant, qui était en dessous de la courbe la plus basse. Le retard est quasiment irrécupérable, d'autant que si vous êtes mal nourri, vous n'avez plus que la moitié du cerveau. Cet enfant, comme tant d'autres malheureusement, va porter les conséquences toute sa vie. Cette maman dépourvue avec son bébé est donc une image qui me marquera. J'ai aussi été interpellée par les jeunes volontaires qui s'engagent dans les écoles gardiennes pour leur fournir un enseignement avant d'entrer en primaire. Ce qui est marquant, c'est que ces volontaires formés par l'Unicef s'engagent pour leur communauté en disposant de très peu d'instruments pour pouvoir interagir avec les enfants.

- Quel impact votre visite a-t-elle pu avoir pour le Laos?
- Les autorités que j'ai eu l'occasion de rencontrer sont sensibles à l'importance d'investir dans l'éducation. Ce que j'essaie de leur dire, c'est que chaque enfant a droit à un enseignement de qualité. Cela m'a frappée de voir qu'ils travaillent avec les communautés des différents villages. J'ai parlé avec le chef d'un village, et tout ce qu'ils font pour éduquer les enfants m'a impressionnée. Tout un programme de prévention pour lutter contre la malnutrition commence à porter ses fruits. Il y a un vrai travail sur le terrain.

- Après un voyage humanitaire comme celui-ci, avez-vous un suivi du Laos?
- L'Unicef me briefe beaucoup. J'ai construit un lien avec la représentante de l'Unicef au Laos. Généralement, ils m'expliquent après comment ça s'est passé.

- Vous ne vous lassez jamais de ce type de voyage?
- Rencontrer des personnes qui se battent pour survivre, on ne s'en lasse jamais. Je suis toujours étonnée que, malgré ce qu'elles traversent, elles gardent le sourire.

- Votre engagement n'a-t-il jamais été remis en cause?
- Jamais! Je n'ai jamais remis en cause une minute de me désengager. J'y crois trop de pouvoir investir dans les enfants".

D'autres activités officielles de Mathilde en 2017 sont en lien avec la protection de l'enfance :  journée d'étude organisée par Child Focus sur la fugue, visite de la halte-accueil Bébé Bus à Sombreffe, visite du call-center Child Line en Inde, démonstration de cricket en lien avec l'Unicef en Inde, p.ex. De passage à Bruxelles pour un sommet de l'Otan en 2017, le nouveau couple présidentiel américain est reçu par nos souverains. La Reine en profite pour organiser une réunion de travail entre Child Focus et Melania Trump.

A l'occasion des 125 ans de la Société Royale Protectrice de l'Enfance (à qui elle accorde son Haut Patronage depuis le décès de la reine Fabiola), Mathilde visite le pensionnat Jules Lejeune à Wezembeek-Oppem en décembre 2017. Il propose un accompagnement résidentiel semi-autonome à des jeunes ayant une situation familiale difficile.

Lors du Safer Internet Day 2018, la Reine enregistre un message vidéo destiné aux jeunes contre le cyberharcèlement.

Conclusion :    dans le domaine social, la protection de l'enfance est le combat pour lequel la princesse/reine Mathilde s'est le plus engagée depuis son mariage en 1999. Elle soutient les principales associations belges qui s'en occupent (ONG Plan-Belgique,  Unicef-Belgique,  SOS Villages d'Enfants-Belgique, centre Child Focus, Société Royale Protectrice de l'Enfance), comme l'ont fait avant elle les reines Fabiola et Paola.

lundi 8 janvier 2018

Les ministres d'Etat

                           


En 2017, le roi Philippe a nommé son premier Ministre d'Etat :  Frans Van Daele (voir ci-dessus) qui n'est autre que son chef de cabinet de 2013 à sa retraite en 2017.

1. Qu'est-ce qu'un Ministre d'Etat en Belgique?
C'est un titre honorifique que le Roi peut accorder à des personnalités ayant servi la Belgique (dans la diplomatie ou la politique, par exemple). Ils ne donnent lieu à aucun salaire ou privilège, excepté une place honorifique lors des cérémonies organisées par l'Etat belge. Le choix des nouveaux Ministres d'Etat se fait via un arrêté royal contresigné par un membre du gouvernement fédéral.

2. Un rôle de conseil
Avec leur expérience, les Ministres d'Etat ont pour rôle de conseiller le souverain lors de moments difficiles. Cela peut se faire de deux manières. Le Roi peut réunir le "Conseil de la Couronne" : les membres du gouvernement fédéral, et les ministres d'Etat n'ayant qu'une voix consultative si un vote devait avoir lieu. Depuis l'instauration de la monarchie en 1830, ce Conseil de la Couronne n'a été réuni que cinq fois. C'est le roi Baudouin qui l'a réuni pour la dernière fois en 1960 lors de l'indépendance du Congo.

Durant ses 20 ans de règne, le roi Albert II n'a pas réuni le Conseil de la Couronne, mais il a fait plusieurs fois appel de façon officielle aux Ministres d'Etat lors des crises politiques de 2007 à 2011 :  soit en les recevant en audience pour leur demander conseil, soit en leur confiant une mission de conciliation ou de médiation lorsque les responsables politiques ne trouvaient pas de solution pour former un gouvernement fédéral.

3. Qui sont-ils?
On compte actuellement une trentaine de Ministres d'Etat, dont les anciens premiers ministres et commissaires européens. Il ne reste que quatre Ministres d'Etat choisis par le roi Baudouin avant 1993 :  Willy Claes, Antoinette Spaak, Philippe Busquin et Paula D'Hondt. La majorité des Ministres d'Etat ont été nommés durant les 20 ans de règne du roi Albert II, dont les deux derniers furent l'ancien premier ministre Yves Leterme à la fin de son mandat en 2011, et son chef de cabinet Jacques van Ypersele de Strihou la veille de son abdication en 2013. Quant au roi Philippe, il n'a donné le titre de Ministre d'Etat qu'à son chef de cabinet Frans Van Daele lorsqu'il est parti à la retraite en 2017.

4. Hommage
Comme son père, le roi Philippe rend hommage aux ministres d'Etat lors de leur décès :  depuis son accession au trône, il s'est recueilli devant les dépouilles mortelles de Wilfried Martens en 2013, de Jean-Luc Dehaene et Leo Tindemans en 2014, de Jean Defraigne, Andries Kinsbergen et Jacky Morael en 2016, de  Luc Coene et Philippe Maystadt en 2017.  Il est aussi d'usage que le Palais envoie un représentant ou des fleurs aux funérailles nationales des Ministres d'Etat.

mardi 26 décembre 2017

Qui a été le membre le plus actif de la famille royale en 2017 ?

                           

Le classement est semblable à celui de l'an dernier, mais on note une diminution du nombre d'activités officielles pour plusieurs membres de la famille royale.

1°  Roi :  196 activités officielles  + 167 audiences

Sans surprise, le Roi demeure le membre le plus actif de notre famille royale. Par rapport à l'an dernier, son nombre d'activités officielles est en baisse, mais son nombre d'audiences est en hausse.
Nombre d'activités officielles :  209 en 2013,  164 en 2014,  189 en 2015,  226 en 2016,  196 en 2017.
Nombre d'audiences :   193 en 2014,  162 en 2015,  149 en 2016,  167 en 2017.
Après quatre ans et demi de règne,  Philippe poursuit son règne dans la sérénité. Il semble bien s'entendre avec le monde politique qui respecte la confidentialité de ses entretiens avec le souverain. Aucune interpellation à la Chambre sur son rôle politique. A côté des activités diplomatiques traditionnelles, le Roi continue de marquer son intérêt pour les jeunes qui ont été le fil rouge de nombreuses de ses activités officielles.  Point noir :  le comportement de son frère le prince Laurent qu'il doit gérer face à l'agacement du gouvernement belge...

2° Reine :   217 activités officielles
Mathilde reste deuxième du classement, mais son nombre d'activités est en baisse par rapport à l'an dernier :  166 en 2011,  196 en 2012,  190 en 2013,  154 en 2014,  212 en 2015,  246 en 2016,  217 en 2017. Au cours de l'année écoulée, laissant son époux s'investir en Belgique auprès des jeunes, la Reine s'est plutôt consacrée à son mandat de défenseur des Objectifs de Développement Durable et s'est rendue plusieurs fois à l'étranger dans le cadre de ce rôle. Elle a également été très présente pour le monde culturel.

3° Princesse Astrid :   110 activités officielles
La princesse Astrid garde sa troisième place, mais son nombre d'activités est également en baisse par rapport à l'an dernier :  90 en 2011,  63 en 2012,  133 en 2013,  156 en 2014,  119 en 2015,  128 en 2016,  110 en 2017. Elle a emmené deux missions économiques belges à l'étranger, à la satisfaction générale, et a poursuivi ses engagements sociaux (mines antipersonnel, handicapés, recherche scientifique, p.ex.).

4° Prince Laurent :   56 activités officielles
Suite à son désaccord avec le gouvernement, le prince Laurent a fait plusieurs mois sans apparaître en public. Son nombre d'activités officielles est donc en baisse par rapport aux dernières années :   30 en 2009,  40 en 2010,  31 en 2011,  35 en 2012,  61 en 2013,  59 en 2014,  72 en 2015,  87 en 2016,  56 en 2017. Dans les prochaines semaines, la Chambre devra se prononcer sur une éventuelle diminution de sa dotation.

5° Princesse Claire :   25 activités officielles
Statu quo pour la princesse Claire par rapport à l'an dernier :   30 en 2009,  41 en 2010,  23 en 2011,  30 en 2012,  46 en 2013,  31 en 2014,  30 en 2015,  23 en 2016,  25 en 2017. Contrairement à l'an dernier, la princesse Claire a participé cette année à la fête nationale, à la fête du Roi et au concert de Noël du palais royal.

6° Prince Lorenz :   24 activités officielles
Son nombre d'activités officielles est en baisse par rapport à l'an dernier :    23 en 2009,  18 en 2010,  30 en 2011,  28 en 2012,  26 en 2013,  23 en 2014,  21 en 2015,  33 en 2016,  24 en 2017. Rappelons que le prince et son fils aîné Amedeo travaillent pour la banque privée suisse dont ils sont actionnaires.

7° Roi Albert II :  12 activités officielles
Statu quo pour le roi Albert II par rapport à l'an dernier :   50 en 2011,  54 en 2012,  58 en 2013,  17 en 2014,  17 en 2015,  11 en 2016,  12 en 2017. Les rapports entre le roi Philippe et lui semblent s'être améliorés ces derniers mois.

8° Reine Paola :   11 activités officielles
La reine Paola a connu de nombreux problèmes de santé au cours du premier semestre, mais a pu fêter son 80ème anniversaire, entourée de ses enfants, petits-enfants et arrière-petite-fille. Son nombre d'activités officielles continue de diminuer petit à petit au fil des ans :   70 en 2011,  67 en 2012,  59 en 2013,  26 en 2014,  19 en 2015,  12 en 2016,  11 en 2017.

9° Princesse Elisabeth :   10 activités officielles        
Statu quo pour la princesse héritière qui n'a pas été plus mise en avant par le Palais qu'au cours des dernières années. Ses études au collège Sint-Jan Berchmans de Bruxelles restent sa priorité.

dimanche 24 décembre 2017

Activités royales en décembre 2017

8 audiences pour le Roi :  le premier ministre Charles Michel (reçu 3 fois), le président d'Haïti Jovenel Moïse et son épouse, ainsi que les ambassadeurs du Rwanda, Liban, Egypte et Turquie venus remettre leurs lettres de créance.

10 activités officielles pour le Roi :  visite de la maison de retraite Sint-Margaretha à Holsbeek, accueil au palais royal d'une classe de 5ème primaire de Saint-Josse-ten-Noode dans le cadre de l'opération "Toekomst Atelier de l'Avenir", hommage à la dépouille du ministre d'Etat Philippe Maystadt, visite de La Tricoterie à Saint-Gilles, service d'actions de grâce à la Chapelle Royale pour les 500 ans de la Réforme, visite de la rédaction de Métro Belgique, remise des prix du concours Belgodyssée 2017, réception au château de Laeken pour les chefs de poste diplomatiques belges, concert de Noël au palais royal, visite de l'asbl Huis Perrekes à Geel.

8 activités officielles pour la Reine :   visite du pensionnat Jules Lejeune à Wezembeek-Oppem, table ronde à Ghislenghien avec des entreprises participant à la mise en oeuvre des ODD, remise du Prix Honorary National German Sustainability, audience avec le président d'Haïti Jovenel Moïse et son épouse, opéra "Dialogue des Carmélites" au théâtre royal de la Monnaie, réception au château de Laeken pour les chefs de poste diplomatiques belges, concert de Noël au palais royal, visite de l'asbl Huis Perrekes à Geel.

1 activité officielle pour le roi Albert II :  50ème anniversaire de l'asbl Quartier des Arts (dont il est le président d'honneur)

0 activité officielle pour la reine Paola

1 activité officielle pour la princesse Elisabeth :  concert de Noël au palais royal

8 activités officielles pour la princesse Astrid :   soirée de gala du 35ème anniversaire d'Handicap International Belgium, visite de la maison d'accueil pour femmes Home Victor Dupré à Bruxelles, funérailles nationales du roi Michel de Roumanie à Bucarest, inhumation du roi Michel de Roumanie dans la nécropole royale, déjeuner au palais d'Egmont à l'occasion des journées diplomatiques, 16ème assemblée des Etats parties de la Convention d'Ottawa à Vienne, visite de l'exposition "Landmine Free 2025", concert de Noël au palais royal.

3 activités officielles pour le prince Lorenz :  funérailles nationales du roi Michel de Roumanie à Bucarest, inhumation du roi Michel de Roumanie dans la nécropole royale, concert de Noël au palais royal.

3 activités officielles pour le prince Laurent :  visite du service pour enfants cancéreux de l'UZ Leuven, remise du Harvard Leadership Prize 2017, visite du refuge pour sans abris de la Fondation Prince Laurent.

2 activités officielles pour la princesse Claire :  concert de Noël au palais royal, visite du refuge pour sans abris de la Fondation Prince Laurent.