mercredi 15 juin 2011

Philippe et Marie, comte et comtesse de Flandre

Troisième fils du roi Léopold Ier et de la reine Louise-Marie (après Louis-Philippe mort à l'âge d'un an et le futur roi Léopold II), le prince Philippe naît au château de Laeken le 24 mars 1837. En 1840, son père le titre comte de Flandre. A l'âge de 13 ans, il perd sa maman. Sa formation est assurée par des précepteurs privés et complétée par un passage au sein du régiment des Guides. Passionné par les arts et les lettres, ce prince discret ne s'intéresse pas à la politique : il refuse les trônes de Grèce en 1862 et de Roumanie en 1866, ainsi qu'un mariage avec la princesse héritière du Brésil.

Le 25 avril 1867, le prince Philippe épouse la princesse Marie de Hohenzollern en l'église catholique Sainte-Hedwige de Berlin. Ce mariage a été arrangé par la reine Victoria d'Angleterre. Née en 1845, la princesse Marie appartient à la branche catholique et aînée de la Maison de Hohenzollern. Son enfance se passe entre Düsseldorf (où elle suit les leçons du directeur de l'Académie Royale de Peinture), le château de Sigmaringen qui domine le Danube, et le domaine de la Weinburg en Bavière. Cette vie insouciante est cependant ternie par le décès de sa soeur Stéphanie (22 ans), épouse du roi Pedro V du Portugal.

Le comte et la comtesse de Flandre achètent un palais dans la rue de la Régence à Bruxelles, non loin du palais royal, construit à la fin du 18ème siècle par le marquis Visconti. Ils l'agrandissent en ajoutant les deux ailes perpendiculaires pour former une cour d'honneur en U. Le couple princier y mène une vie bourgeoise et leur demeure devient le rendez-vous des artistes, écrivains et hommes de religion. Ils passent l'été dans leur château des Amerois près de Bouillon.

Le prince Philippe se constitue une admirable bibliothèque, fréquente régulièrement les antiquaires de Venise et Paris, et voyage en Italie, en Grèce, en Turquie, etc. De son côté, la princesse Marie se consacre à des oeuvres de charité, à la peinture et à la correspondance avec sa famille (notamment son frère le roi Carol Ier de Roumanie). Très catholique, elle est surnommée "Notre-Dame de Flandre" par son beau-frère Léopold II. Leur destin change suite au décès du fils du couple royal en 1869 : ce sont désormais eux qui vont assurer l'avenir de la jeune dynastie belge. Mais malheureusement, leur fils aîné le prince Baudouin meurt à son tour en 1891.

En 1893, les bijoux de la comtesse de Flandre sont volés dans son palais avec la complicité d'une femme de chambre. Elle écrit à sa cousine : "Tout m'a été volé, sauf une partie de mes diamants que je portais le soir et une parure que Philippe m'avait offerte à nos noces d'argent. Toutes les parures qui provenaient de ma grand-mère, de belles miniatures du roi enfant et de lui plus tard, tout ce que je possédais et avais hérité de Stéphanie et tous les cadeaux reçus à mon mariage, tout est parti et je ne les retrouverai sans doute jamais". Certains bijoux seront cependant retrouvés.

Leurs trois enfants font de beaux mariages : Joséphine avec le prince Charles-Antoine de Hohenzollern ; Henriette avec le prince Emmanuel d'Orléans, duc de Vendôme ; Albert avec la duchesse Elisabeth de Bavière. Ces derniers se préparent à succéder à l'impopulaire roi Léopold II. Handicapé par sa surdité et meurtri par les rumeurs autour du décès de son fils Baudouin, le prince Philippe devient un vieil homme taciturne et mélancolique. Ses relations avec son épouse et leur fils Albert deviennent difficiles. La princesse fait seule de longs séjours auprès de ses filles à Potsdam et Neuilly.

Le comte de Flandre meurt en 1905. Son épouse aura la joie de voir leur fils Albert Ier monter sur le trône en 1909, avant de s'éteindre en 1912. Tous deux reposent dans la crypte de la famille royale belge en l'église Notre-Dame de Laeken. Après la guerre, leurs héritiers vendent leurs deux demeures : le palais de la Régence appartient aujourd'hui à la Cour des Comptes, et le château des Amerois à la famille Solvay.

Un siècle après leur mort, le prince Philippe et la princesse Marie, comte et comtesse de Flandre, sont les ancêtres de trois familles royales (Belgique, Italie et Luxembourg) et comptent cinq chefs d'Etat parmi leurs descendants (les rois Albert Ier, Léopold III, Baudouin Ier et Albert II, ainsi que le grand-duc Henri de Luxembourg). Et le futur roi des Belges s'appelle Philippe en mémoire de son arrière-arrière-grand-père.

8 commentaires :

  1. Merci pour ce portrait, cela me change de ce cours d'histoire économique et sociale sur lequel je suis en train de plancher... !

    Valentin D.

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  2. Finalement, ce sont les ancêtres des rois des belges depuis Albert Ier et il semble peu connus, c'est très intéressant de les situer dans l'histoire, merci pour cet article.

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  3. bonsoir petit belge ,je comprends maintenant le choix de ce prenom pour le prince Philippe,mais Laurent,c'est peut-etre un prenom de la famille de la reine Paola?
    je voudrais egalement savoir si vous connaissez un lien pour y suivre le mariage des ducs de Brabant,merci.

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  4. Réponses à Serar : Non, je n'ai pas encore trouvé de résumé sur youtube du mariage des ducs de Brabant. Concernant le prénom du prince Laurent, la rumeur veut qu'après avoir suivi les choix de prénoms historiques suggérés par le Palais (Philippe en 1960 et Astrid en 1962), la princesse Paola aurait voulu choisir elle-même un prénom qui lui plaisait. Cette rumeur n'a jamais été ni démentie, ni confirmée. Ainsi dès sa naissance, le prince Laurent avait déjà son côté rebelle...

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  5. MERCI POUR VOTRE REPONSE

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  6. Laurent a tout de même comme autres prénoms Baudouin et Marie, la tradition a donc été respectée et si avait du régner il aurait sans doute choisi Baudouin comme nom de règne, enfin je pense car Laurent est si imprévisible...

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  7. Laurent pourrait avoir été choisi pour rendre hommage à la grand-mère belge de Paola : Laure Mosselman du Chesnoy... Autre piste : une des sœurs de Paola s'appelait Laura (1921-1972) et par ailleurs son époux, le baron Bettino Ricasoli Firidolfi (1922-2009) avait été choisi pour parrain du prince.
    Signification familiale ou pas, tout comme le choix du parrain et de la marraine, le prénom était assez inattendu.

    Valentin

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  8. Kikou Petit Belge,

    Et bien j'en serais un peu plus sur l'histoire
    de ton pays....
    Merci pour ton commentaire,j'ai perdu un trés grand ami...Voila,j'ai encore de la tristesse,mais il sera toujurd dans mon coeur... Je te souhaite une agréable aprem,
    il fait chaud sur ma Provence,bisous de Mimi.

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