lundi 13 novembre 2017

Le combat d'Astrid contre les mines antipersonnel

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En tant que présidente de la Croix-Rouge de Belgique, la princesse Astrid est invitée à des conférences sur les mines antipersonnel. Ainsi, lors de la 2ème assemblée des Etats parties à la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel en septembre 2001, elle prononce le discours suivant :

"C'est pour moi un grand honneur d'être parmi vous à cette 2ème assemblée des Etats parties et de pouvoir vous adresser la parole. Je suis d'autant plus honorée et fière que je crois fermement en la noble cause qui nous a inspiré depuis plusieurs années et qui nous réunit encore aujourd'hui :  savoir interdire l'emploi, le stockage, la production, le transfert des mines antipersonnel, obtenir leur destruction et, enfin, soutenir les pays et les victimes touchées par ce terrible fléau.

Certes, des progrès considérables ont été réalisés durant la dernière décennie dans la lutte contre ces armes perfides. Il y a dix ans encore, l'élimination des mines antipersonnel semblait relever de l'utopie. Ce sont cependant les drames humains, liés aux conséquences de ces engins de mort, qui nous ont poussés, nous, les Etats, les organisations internationales, les organisations non-gouvernementales et les citoyens à nous en défaire le plus rapidement possible. Cette mobilisation nous a fait progresser très rapidement, et plus encore à partir de 1996, lors du lancement du processus qui a abouti à la Convention d'Ottawa. Pas plus tard qu'en juin 1997, j'ai eu l'occasion, en tant que présidente nationale de la Croix-Rouge de Belgique, de m'adresser à la conférence internationale de Bruxelles pour une interdiction totale des mines antipersonnel. J'y ai exprimé alors le souhait que les efforts des Etats participants conduisent, avant la fin de 1997, à une convention sur l'interdiction de ces engins meurtriers et l'obligation de destruction des stocks existants.

Ce qui n'était alors qu'un souhait est devenu aujourd'hui une réalité. Que de chemin parcouru! L'événement historique, pierre angulaire dans notre combat, est évidemment la Convention d'Ottawa qui nous a permis d'avancer bien plus loin que nous ne l'avions espéré au départ. En outre, la Convention a généré une dynamique propre, si l'on en juge par la rapidité avec laquelle elle est entrée en vigueur et le nombre impressionnant des Etats-parties et Etats signataires. Ceci constitue pour nous un grand encouragement.  Il est un fait notoire que la Convention a d'ores et déjà abouti à une régression considérable de la production, de l'emploi, du stockage et du transfert des mines. De même, le nombre de victimes a diminué considérablement. Bref, l'interdiction, prévue par la Convention, se met réellement en place.

Démonstration a ainsi été faite qu'il ne faut pas sous-estimer les efforts et les initiatives de toute nature, dès lors qu'il s'agit de mobiliser l'opinion publique et de changer les attitudes des Etats face à ce problème. A cet égard, il faut souligner tout particulièrement les actions entreprises par la Campagne Internationale pour Interdire les Mines qui a été universellement reconnue par l'attribution du Prix Nobel de la Paix en 1997.

Cette reconnaissance internationale est de nature à nous encourager à persévérer, et peut-être avec plus d'imagination encore. Je souhaite ardemment qu'un jour, nous puissions nous réunir afin de constater qu'il n'y a plus de mines et, mieux encore, qu'il n'y a plus de victimes. Nous devons donc continuer nos efforts en vue de l'universalisation de la Convention, tout en étant conscients qu'il ne suffit pas d'y adhérer, encore faut-il œuvrer à sa réalisation. La Convention s'est résolument voulue ambitieuse quant aux délais imposés.

Un autre objectif majeur de la Convention consiste à continuer, je dirais même renforcer, notre solidarité avec les pays touchés par ce fléau, afin de permettre aux victimes de retrouver une vie digne, de sensibiliser la population aux dangers que représentent les mines, et enfin de procéder au déminage. C'est pourquoi une évaluation constante de l'action menée s'impose. Il importe de vérifier si notre effort est suffisant. Dans ce contexte, l'étude des améliorations possibles et adéquates me semble primordiale.

Personnellement, j'ai pu me rendre compte des efforts accomplis. Ainsi ai-je pu constater au Mozambique, par exemple, comment la population, et surtout les jeunes, sont sensibilisés au danger qui les menace, et j'ai admiré avec quel courage les victimes, des plus jeunes jusqu'aux plus âgées, s'efforcent, à l'aide de prothèses, de surmonter leur handicap. Enfin, un souvenir est resté profondément gravé dans ma mémoire : celui d'une petite fille mozambicaine qui, avec un sourire éclatant, apprenait fièrement à marcher avec sa nouvelle prothèse. C'était pour moi un exemple de joie et de courage de la part d'une enfant déjà si durement touchée dans sa vie et surtout dans son corps, et qui a le même âge que Luisa, la plus jeune de mes quatre enfants.

Au-delà de mes propres expériences, je sais qu'une multitude d'actions et d'initiatives sont déployées. Celles-ci nous rendent confiants dans les chances d'atteindre l'objectif que la Convention nous impose et auquel nous nous sommes engagés. Je voudrais conclure en rappelant, non sans une certaine fierté, que la Belgique a été le premier pays à se doter d'une législation nationale interdisant entièrement les mines antipersonnel. Notre engagement a reçu et continue de recevoir l'appui de notre population. Ceci nous donne la force nécessaire pour œuvrer avec détermination, avec l'ensemble de la communauté internationale, pour l'élimination totale de cette arme inhumaine. Mon pays continuera à prodiguer son aide et assumera à Genève, à l'issue de cette conférence, la co-présidence du comité permanent sur le statut et le fonctionnement général de la Convention.

Cette conférence revêt une importance primordiale. En effet, plus d'un an et demi après la mise en vigueur de la Convention, vous avez la grande responsabilité d'évaluer le chemin déjà parcouru, d'identifier les points sensibles et de tracer des lignes de conduite concrète pour l'avenir. Je me rends compte de l'ampleur de la tâche et de la volonté qui devra vous animer pour la mener à bien".

L'année suivante, la princesse Astrid se rend à Genève pour prononcer le discours d'ouverture de la 4ème assemblée des Etats-parties de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel :

"C'est pour moi un grand honneur d'être parmi vous, une deuxième fois, pour cette conférence des Etats-parties et de pouvoir vous adresser la parole. Je suis d'autant plus fière et honorée que la Belgique sera nommée pour présider cette conférence.

"Chaque pas compte" est le thème tellement bien choisi pour cette conférence. Il reflète à plusieurs égards l'esprit de solidarité et la volonté de s'employer à la réalisation de l'objectif noble qui nous réunit aujourd'hui. En effet, notre but final doit être la disparition totale de ces armes inhumaines que sont les mines antipersonnel. C'est pourquoi il est tellement réjouissant de pouvoir constater que le nombre de pays qui adhèrent à la Convention d'Ottawa a augmenté significativement et atteint maintenant le nombre impressionnant de 144 et que les réalisations sur le terrain sont plus qu'encourageantes.

Mais, malgré ces succès remarquables, nous sommes bien conscients que le chemin à parcourir pour aboutir à notre objectif est encore long et difficile. Nous ne pouvons pas être satisfaits aussi longtemps qu'il y a des endroits sur la terre où ces armes cruelles continuent de tuer, mutiler et menacer la vie des adultes et de leurs enfants. Les progrès déjà réalisés sont le résultat des efforts fournis par plusieurs grands acteurs aussi bien de la scène nationale que du niveau international. De plus, l'expérience montre que la coopération entre ces acteurs a un effet multiplicateur considérable.

Au niveau national, il y a d'abord les gouvernements des pays adhérents dont un grand nombre a traduit son engagement dans des contributions concrètes en mettant à la disposition des responsables de terrain des moyens financiers, matériels, technologiques et humains. Il y a ensuite les organisations non gouvernementales (ONG) dont le rôle ne peut être suffisamment souligné. Ces organisations n'ont pas seulement contribué à la genèse de la Convention d'Ottawa, mais participent depuis lors très activement à sa mise en exécution sur le terrain.

Au niveau international, il va de soi que la bonne entente entre les pays donateurs et les pays affectés est une condition de base pour aboutir à des résultats significatifs et que l'importance de certaines organisations internationales directement concernées par ce problème (comme la Campagne Internationale pour Interdire les mines antipersonnel et le Comité International de la Croix-Rouge) ne peut être sous-estimée. En ce qui concerne cette dernière organisation, je suis particulièrement heureuse, comme présidente de la Croix-Rouge de Belgique, des contributions du Comité International de la Croix-Rouge dans la lutte contre les mines antipersonnel.

Tous ces acteurs nationaux et internationaux, officiels et non gouvernementaux, doivent œuvrer de concert en vue de nos objectifs fondamentaux. Il s'agit en effet, non seulement d'éviter de nouvelles victimes à l'avenir, mais également de permettre aux mutilés de vivre décemment. Nous devons leur venir en aide du mieux que nous le pouvons et nous devons surtout créer un environnement où les enfants des pays affectés peuvent jouer, comme n'importe quel enfant devrait pouvoir jouer, en toute quiétude. Etant mère de quatre enfants, je me sens bien placée pour plaider la cause de ces enfants, puisqu'ils sont trop souvent les premières victimes de ces armes cruelles.

Nous avons jusqu'à présent mentionné les différents acteurs qui entrent en ligne de compte dans l'exécution de la Convention. Mais pour que l'action de ces acteurs soit pleinement efficace, ils doivent pouvoir compter sur l'appui primordial d'un vecteur de la scène publique qui est extrêmement puissant :  la presse internationale. Ce vecteur est vital pour la mobilisation du soutien indispensable de l'opinion publique, et très concrètement pour faire passer le message essentiel contenu dans le thème de notre conférence, c'est-à-dire que "chaque pas compte pour que chaque vie compte".

La Convention d'Ottawa date déjà de 1996. Je crois que la conférence d'aujourd'hui vient juste à propos pour évaluer les réalisations du passé, peut-être aussi pour remettre en question certaines de nos approches et pour définir les orientations de nos actions futures. Naturellement, dans notre enthousiasme, nous voudrions sans doute réaliser le plus grand nombre possible de nos objectifs dans un délai aussi réduit que possible, comme un magicien qui actionne sa baguette magique. La réalité nous apprend toutefois que la poursuite des objectifs ne peut être brusquée. Nous devons respecter un certain rythme. Et ce qui importe, c'est que l'effort soit soutenu et surtout que nous ne laissons pas tomber les bras. Il suffit d'ailleurs de regarder vers les succès du passé pour retrouver la motivation.

Toujours est-il que l'élimination totale des mines antipersonnel reste une tâche immense. Comme beaucoup d'autres, mon pays continuera à s'investir dans cette tâche. Et pour illustrer son engagement, il assumera, à l'issue de cette conférence, la présidence du comité de coordination et la co-présidence du comité permanent sur le déminage, les campagnes de sensibilisation et les développements technologiques. Je désire de tout cœur souhaiter plein de succès à tous ceux qui participent à l'exécution de la lourde mais si importante tâche qui résulte de la Convention d'Ottawa".

En septembre 2003, Astrid et Lorenz se rendent en Thaïlande et au Cambodge pour soutenir la lutte contre les mines antipersonnel.

La princesse confie à l'hebdomadaire "La Libre Match" en 2004 :   "C'est par mon engagement dans le domaine humanitaire que l'on m'a demandé de m'investir dans la lutte contre les mines antipersonnel, qu'est venu mon intérêt pour cette source de souffrance et de drames humains. Par ailleurs, la Belgique a été, jusqu'à l'année passée, un pays pilote en ce domaine. Nous sommes, entre autres, un des rares si pas le seul pays sur les 146 à avoir un groupe interministériel qui coordonne les travaux à ce sujet. Cette année 2004 sera cruciale pour la réussite de la Convention d'Ottawa. Une grande conférence de révision aura lieu en novembre de cette année à Nairobi. Tous les pays qui ont ratifié ce traité ne s'engagent pas uniquement à détruire les stocks, mais également à arrêter la production et l'exportation des mines antipersonnel. Ils doivent aussi déminer les parties de leur propre pays qui seraient atteintes ou aider les autres pays touchés par ce fléau. Ils doivent enfin aider les victimes de mines antipersonnel. Au cours de cette "review conference", il s'agira de faire le point, d'analyser ce qui a réussi et ce qu'il faut encore améliorer pour atteindre le but final et très ambitieux qui consiste en la suppression totale de cette arme qui continue à faire injustement des victimes, longtemps après la fin des conflits armés. S'il réussit, ce traité pourrait être pris comme un modèle de traité où 146 pays dans le monde travaillent main dans la main en poursuivant un même but. Cela pourrait avoir un effet multiplicateur. Il faudrait, en cette année si importante, attirer les grands de ce monde afin de redonner un coup de pouce vital car les efforts s'essoufflent vite".

En 2007, Astrid assiste à la séance académique au palais d'Egmont pour les 10 ans de la Convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel, et se rend en Jordanie pour la 8ème conférence des Etats parties de la Convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel.

En février 2009, la princesse reçoit en audience une délégation de l'asbl Apopo qui est active en matière de déminage en Tanzanie et au Mozambique, et qui est soutenue par l'Université d'Anvers. Leur travail est réalisé avec des hamsters africains entraînés par Apopo. Astrid accepte de devenir leur présidente d'honneur, et se rend en 2011 en Tanzanie et au Mozambique pour se rendre compte de leur travail.

Accompagnée de son époux, la princesse prend la parole lors de la conférence des Etats parties à la Convention sur les mines antipersonnel en 2009 en Colombie (où elle a également visité un projet de déminage d'Handicap International Belgique) et lors de la 1ère conférence des parties signataires de la Convention sur les sous-munitions en novembre 2010 au Laos.

En mars 2013, Astrid assiste au colloque "La Convention d'Ottawa : un premier pas vers le désarmement humanitaire" à l'Institut Royal de Sécurité et de Défense à Bruxelles, puis inaugure l'exposition sur les mines antipersonnel au Musée Royal de l'Armée. Quelques mois plus tard, elle est nommée Envoyée Spéciale de la Convention d'Ottawa.

En mission économique à Oman en mars 2014, la princesse rencontre le ministre des Affaires étrangères d'Oman pour l'encourager à poursuivre son engagement pour éradiquer les mines antipersonnel. Suite à cette entrevue, le sultanat - qui était jusque là observateur lors des réunions - décide d'adhérer à la Convention d'Ottawa. Astrid commente cette décision à la presse :  "Chaque nouvelle adhésion est importante. Il n'y a pas d'utilité concevable de mines antipersonnel qui puisse être supérieure ou justifier le coût humanitaire dévastateur de ces armes".

Du 24 au 27 juin 2014, la princesse Astrid se rend au Mozambique pour la troisième conférence de suivi de la Convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel. En marge de la conférence, elle visite à Maputo un projet d'assistance aux victimes des mines antipersonnel à l'invitation d'Handicap International, et participe à un événement centré sur l'aide aux victimes de mines soutenu par l'Union Européenne.

La princesse assiste, en septembre 2015 à Oud-Heverlee, à des démonstrations de nouvelles techniques de déminage des mines antipersonnel, des armes à sous-munitions et des mines terrestres. L'activité est organisée par le département de mécanique de l'Ecole Royale Militaire.

Accompagnée du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, Astrid participe à la 14ème réunion des Etats parties en novembre 2015 et prononce le discours suivant :

"C'est pour moi un honneur de pouvoir prendre la parole au nom de la Belgique à l'occasion de la cérémonie d'ouverture de la 14ème réunion des Etats parties de la Convention d'Ottawa ici à Genève. Mon pays, en assurant la présidence de l'ouverture de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel en 2015, démontre une fois de plus son plein engagement dans la mise en oeuvre de cette Convention. Mais plus personnellement, je voudrais, en tant qu'Envoyée Spéciale de la Convention d'Ottawa, d'emblée souligner avec fierté deux succès majeurs récents obtenus par des Etats parties à cette Convention.

Après plus de deux décennies de travail de déminage, l'annonce par le Mozambique, ce 17 septembre 2015, de l'achèvement de la destruction des mines antipersonnel dans les zones minées, suscite notre admiration et nous donne l'espérance d'arriver à l'éradication de ce fléau et cela mérite d'être mis en évidence. De même, je voudrais saluer les efforts de la Finlande, qui a rempli en août dernier ses obligations en matière de destruction de stock de mines antipersonnel et ce, avant l'échéance fixée.

Ces deux beaux exemples démontrent que, pas à pas, des progrès sont réalisables, tant en ce qui concerne le déminage que la destruction des stocks de ces armes inhumaines. Ces bonnes nouvelles me donnent l'occasion de féliciter et d'encourager toutes celles et tous ceux qui s'investissent, depuis tant d'années, à l'amélioration des techniques de détection des mines au déminage, et à l'éducation sur les risques des mines afin de sauver des vies et de protéger les populations.

J'ai été personnellement très impressionnée par les résultats du projet Tiramisu, présentés en septembre dernier en Belgique. Le projet Tiramisu porte un nom doux et sucré, mais il s'agit véritablement d'une boîte à outils forte et efficace, au service des acteurs de terrain dans notre combat commun contre les mines antipersonnel. C'est dans ce contexte que je voudrais profiter de ce moment public pour témoigner au nom de nous tous de la gratitude que nous avons, à l'égard des démineurs qui, avec courage, effectuent un travail difficile et dangereux au péril de leur vie.

Il y a un an, lors de la troisième conférence d'examen de la Convention tenue au Mozambique, le plan d'action de Maputo a été adopté. Des efforts considérables ont été déployés par les Etats parties. Ils ont poursuivi avec détermination leurs obligations et actions pratiques visant à mettre fin aux souffrances et aux victimes causées par les mines antipersonnel. Les pays affectés par ce fléau et les pays donateurs, tous doivent cheminer, côte à côte. Nous devons tous poursuivre nos efforts communs pour mener à bien l'important agenda de ce plan d'action d'un monde sans mines : a Mine Free World.

162 pays ont à ce jour rejoint la Convention. Son succès est lié au nombre élevé de pays qui l'ont ratifiée ou qui en sont devenus parties. Mais aussi à l'influence incontestée de ses principes fondamentaux sur les pays qui ne l'ont pas encore approuvée. Trop d'Etats n'y ont cependant pas encore souscrit. L'universalisation de la Convention doit continuer à nous animer et reste un défi à atteindre. Je ne peux qu'encourager tous les efforts entrepris dans ce sens. Mais malgré toutes les difficultés de l'universalisation, il y a une lueur à l'horizon avec certains pays qui sont présents aujourd'hui en tant qu'observateurs à cette conférence.

Je voudrais maintenant mettre l'accent sur le thème de l'assistance aux victimes. Ce thème est cher à la Belgique, pays précurseur dans la Convention d'Ottawa. Nous constatons avec joie depuis l'entrée en vigueur de la Convention, que le nombre de victimes sur base annuelle a diminué considérablement. Cependant, nous devons persister dans nos efforts pour réduire encore davantage ce nombre. La mise en oeuvre de mesures spécifiques destinées à l'assistance aux victimes est souhaitable, tout en tenant compte des difficultés que les pays particulièrement affectés rencontrent.

Ces pays affectés sont souvent des pays en voie de développement et beaucoup d'entre eux ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins des victimes, uniquement par eux-mêmes. Il est capital que la communauté des pays donateurs reste engagée pour réaliser les objectifs de la Convention en y consacrant les moyens nécessaires car c'est crucial pour les survivants de pouvoir bénéficier d'une assistance pour couvrir leurs soins médicaux immédiats, ainsi que la réhabilitation à long terme leur permettant une reconstruction personnelle et une réintégration dans la vie sociale et économique. Durant ces cinq dernières années, la Belgique a contribué à hauteur de 20 millions d'euros à des projets liés aux actions contre les mines ou autres engins non explosés, dont 30% sont consacrés à l'assistance aux victimes.

Cet après-midi, j'aurai le privilège de participer à un séminaire qui donnera la parole aux victimes. Ce sont eux les premiers experts et il me semble que nous devons en premier lieu les écouter. Leurs témoignages, placés dans un contexte plus large de leur famille et de leur communauté, sont indispensables pour comprendre leurs besoins. Ils doivent nous permettre d'orienter nos actions et nos efforts afin de pouvoir les aider le plus efficacement possible.

Si demain, le monde devait être débarrassé de toutes les mines antipersonnel, et c'est mon vœu le plus cher, il restera toujours des victimes handicapées à assister, des familles à prendre en compte, des communautés dont les conditions de vie devront être adaptées à l'accueil solidaire de ces personnes handicapées. En outre, ce séminaire permettra aussi à d'autres experts d'aborder les synergies en matière d'assistance aux victimes dans le cadre plus large des droits de l'homme et des droits des personnes handicapées.

Je ne puis conclure sans mentionner une fois de plus le rôle stimulateur des organisations non gouvernementales comme la Campagne Internationale pour Interdire les mines antipersonnel (ICBL) et le Comité International de la Croix-Rouge. Nous le savons, la société civile a été à la genèse de la Convention sur les mines antipersonnel. Elle est active sur le terrain pour sa mise en oeuvre et reste une référence pour son avenir.

Dans mon pays, nous avons fêté en mars 2015 les 20 ans de l'adoption d'une législation nationale interdisant les mines antipersonnel et cela s'est fait grâce à l'impulsion de la société civile. Et dans deux ans, en 2017, nous célébrerons le 20ème anniversaire de la signature de la Convention d'Ottawa. Que de chemin déjà parcouru!

Je suis convaincue que d'ici là, grâce à vous tous, cet anniversaire sera l'occasion de saluer à nouveau les progrès effectués. Ensemble, nous fêterons dignement cet anniversaire qui le mérite. Aujourd'hui plus que jamais, dans un monde où la terreur et la violence semblent dominer, le moment n'est-il pas venu de serrer les coudes entre pays et d'avancer dans cette magnifique initiative de paix qu'est la Convention d'Ottawa?  Osons montrer l'exemple, et avançons dans notre but qu'est l'élimination totale des mines antipersonnel :  to a Mine Free World ! Je vous souhaite beaucoup de succès lors des travaux de cette 14ème réunion des Etats parties de la Convention d'Ottawa que je déclare solennellement ouverte".

En 2017, la princesse Astrid, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders et la chanteuse Axelle Red (ambassadrice d'Handicap International) inaugurent l'exposition de photos "Pour un monde sans mines", organisée sur la place de l'Albertine à Bruxelles pour les 20 ans de la Convention d'Ottawa, désormais ratifiée par plus de 160 pays.

Bibliographie :   "La princesse Astrid de Belgique" de Vincent Leroy, éditions Imprimages, 2016

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