lundi 23 juin 2014

Le voyage d'Albert Ier et Elisabeth au Brésil en 1920

Lors de leur week-end au Brésil, le roi Philippe et la reine Mathilde ont dévoilé la nouvelle plaque de l'avenue dédiée à la reine Elisabeth, et déposé des fleurs devant le buste du roi Albert Ier. Ces deux hommages du Brésil aux souverains belges rappellent leur voyage dans ce pays en 1920. En voici le compte-rendu que j'ai trouvé dans le livre "Elisabeth de Belgique : les défis d'une reine" de l'historien Georges-Henri Dumont :


"Pour de multiples raisons, les souverains belges avaient accepté l'invitation officielle que leur avait faite le président brésilien Epitacao Pessoa. Le Brésil était entré dans la guerre aux côtés des Alliés en 1917. Assez modestement sur le plan militaire (il s'était contenté d'envoyé une petite flotille dans les mers septentrionales), mais c'est en grandes quantités qu'il avait expédié des médicaments et des vivres. La Belgique ne l'avait pas oublié. Et puis Elisabeth n'était-elle pas une Bragance par sa mère, une "fille des enfants de lumière", selon les mots de Camoëns?  République depuis 1889, le Brésil se souvenait néanmoins du roi Joao VI et surtout de don Pedro qui avait proclamé l'indépendance en 1822 et pris le titre d'empereur. Les Brésiliens considéraient Elisabeth presque comme des leurs. Enfin, les souverains belges, qui avaient l'intention de se rendre bientôt au Congo, étaient heureux de l'occasion qui leur était offerte de parcourir une région tropicale. La Reine avait d'ailleurs demandé au docteur Nolf de l'accompagner afin d'enquêter sur place sur le diagnostic et le traitement des maladies tropicales.


L'embarquement eut lieu le mercredi 1er septembre 1920 au port de Zeebrugge, où avait accosté le cuirassé brésilien "Sao Paulo". Avant de franchir la passerelle et de faire ses adieux à ses trois enfants, la Reine s'entretint pendant quelques instants avec les orphelins de marins et de pêcheurs, élèves de l'école Ibis, venus lui offrir des fleurs. Puis ce furent la montée à bord, les traditionnelles acclamations de la foule massée sur le môle ou les toits des hangars, les hymnes nationaux, les ancres levées, les amarres lâchées.


La traversée fut presque sans histoire. La Reine qui aimait la chaleur et en éprouvait le besoin physique se dorait volontiers au soleil, un livre à la main. L'équipage était surpris par sa jovialité et son apparente simplicité. Elle se mêlait aux habituels jeux de bord qu'elle connaissait bien depuis son voyage aux Etats-Unis. Et le soir, elle prenait souvent sa place parmi les violonistes de l'orchestre. Comme c'était la première fois qu'elle franchissait la ligne de l'équateur, il lui fallut subir l'épreuve du baptême par le roi Neptune. En souvenir de quoi les marins lui offrirent un poudrier en cristal et bronze.


Escorté de dix torpilleurs, le "Sao Paulo" pénétra majestueusement dans la baie de Rio au début de l'après-midi du dimanche 19 septembre 1920. Pendant que, sous un soleil éclatant, les forteresses de Santa Cruz, Sao Joao et Imbuhy saluaient le cuirassé de leurs canons, soixante-quatre rameurs conduisaient vers le Roi et la Reine une galiote toute blanc et or. C'était l'historique "Dom Joao VI", construite en 1808, venue du Portugal lorsque l'arrière-grand-père maternel d'Elisabeth, fuyant l'occupation napoléonienne, s'était exilé en terre brésilienne.


Albert et Elisabeth, accueillis par le président Epitacao Pessoa, sa femme et sa fille, descendirent dans la galiote qui les mena au débarcadère. Discours, cortège triomphal jusqu'au palais de Guanabara, apparitions au balcon : la visite officielle commençait. Trop, beaucoup trop officielle au gré de la Reine. Les autorités brésiliennes avaient cru bien faire en montrant à leurs hôtes combien leur pays était européanisé. Réception au parlement, soirées de gala au théâtre, parades militaires, garden-parties, concours hippique, match de football : rien ne leur fut épargné alors qu'ils souhaitaient essentiellement rencontrer ceux qui luttaient difficilement pour le développement, les dirigeants d'établissements industriels, les responsables de l'urbanisme aux prises avec l'extension des favellas, etc.


Le mardi 27 septembre, après une semaine de cérémonies aussi lassantes que brillantes, la Reine, accompagnée du docteur Nolf et de la comtesse de Caraman-Chimay, put enfin visiter l'Institut de Médecine Tropicale Oswaldo-Cruz situé dans un faubourg de Rio. Elle s'y fit notamment expliquer comment, en quelques années, le docteur Oswaldo-Cruz, un élève de Pasteur, avait réussi à éradiquer la fièvre jaune apportée en 1849 par des navires venant d'Amérique centrale. Nommé directeur de la Santé publique par le président Rodriguez Alvoz, il avait constitué une brigade de 1.500 hommes qui procédèrent systématiquement à l'assèchement ou à la pétrolisation des marais, au nettoyage régulier des petites rivières et à l'examen quotidien des égouts de la capitale. Les résultats ne s'étaient guère fait attendre :   dès 1903, la mortalité due à la fièvre jaune était tombée à 584 décès. En 1908, on n'en enregistrait plus que 4 et l'année suivante, plus du tout. Le docteur Chagaz, successeur de Cruz, étendit le domaine des recherches de l'Institut de Médecine Tropicale aux épidémies qui décimaient le bétail. Après avoir entendu les paroles élogieuses de la Reine, Chagaz et ses collaborateurs signalèrent à celle-ci qu'ils connaissaient et appréciaient les travaux de plusieurs médecins belges, notamment le docteur Jules Bordet.


La flore brésilienne fascinait la Reine. Aussi voulut-elle passer de longues heures au jardin botanique où on lui fit admirer le premier palmier que son arrière-grand-père, le roi Joao du Portugal, planta en 1808. Albert Ier, qui semblait soucieux depuis qu'il savait son gouvernement menacé par les démissions successives du ministre de la Défense Nationale et du ministre des Colonies, planta, lui aussi, un arbre pour commémorer sa visite :  un metrodora. Pour compenser les effets débilitants de la chaleur humide de Rio de Janeiro, les souverains furent conviés à passer un jour et une nuit dans une plantation de café établie dans la montagne. La Reine en profita pour chevaucher dans la région, tantôt au trot, tantôt au galop. A un moment donné, elle piqua des deux à la poursuite d'un immense papillon bleu. Epuisés par son rythme, transpirant, la plupart des membres de sa suite abandonnèrent, l'un après l'autre, la randonnée. Elle, elle continuait, joyeuse et fougueuse comme aux beaux jours de Possenhofen.


Le périple brésilien conduisit Albert et Elisabeth à la ville résidentielle de Petrópolis, à Theresopolis peuplée de colons allemands et suisses, à Belo Horizonte, la nouvelle capitale de l'Etat de Minas Gerais, construite de toutes pièces en quelques années sur l'emplacement d'un village perdu, à Sao Paulo où le prince Léopold vint rejoindre ses parents. A nouveau, trop de cérémonies officielles, mais aussi un enthousiasme populaire délirant, ponctué à chaque gare de salves de fusil et de coups de revolver. Le roi Albert prononça une nouvelle série de discours de remerciement dans le style banal qui convenait. Toutefois, lors de la réception à la Cour de Justice de Belo Horizonte, il glissa une petite phrase qui ne passa pas inaperçue :  "Plus un pays avance dans la civilisation, plus le pouvoir judiciaire y occupe une situation indépendante et respectée".

Quant à la Reine, elle visita à Sao Paulo le couvent de l'ordre belge de Saint-Vincent dont l'école était fréquentée par les enfants de la classe ouvrière. Et pour ne pas faire de discrimination, elle s'arrêta aussi chez les sœurs de Saint-Augustin, un autre ordre belge, qui réservaient leur enseignement aux enfants de ce qu'on appelait la "bonne société".


Le vendredi 8 octobre, le Roi, la Reine et le prince Léopold partirent pour la plaine de Campinas, le plus ancien centre de plantations de café de la région. A cheval, ils montèrent jusqu'à l'important institut zootechnique. Puis ce fut la visite des différents centres agricoles de la Fazenda de Guatapara, suivies de celle du port de Santos aux entrepôts bourrés de sacs de café.


Le voyage se termina comme il avait commencé : à bord du "Sao Paulo". A l'escale de Lisbonne, Elisabeth retrouva le souvenir de ses ancêtres : pour elle, les Portugais tirèrent les carrosses royaux exposés au musée près de la tour de Belem".


(extrait de "Elisabeth de Belgique : les défis d'une reine" de Georges-Henri Dumont)   

lundi 16 juin 2014

Les 52 ans de la princesse Astrid de Belgique

                         


A l'occasion des 52 ans de la princesse Astrid (née le 5 juin 1962 au château du Belvédère), je vous propose de (re)lire les articles que je lui ai consacré :


Confidences de la princesse :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/03/confidences-de-la-princesse-astrid-en.html


Le combat de la princesse pour les handicapés :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/05/le-combat-dastrid-pour-les-handicapes.html


Le combat de la princesse contre la pauvreté :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/11/le-combat-de-la-princesse-astrid-contre.html


Le soutien de la princesse à la recherche médicale :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2013/05/la-princesse-astrid-et-la-recherche.html


Sénatrice de droit de 1996 à 2013 :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2013/12/astrid-senatrice-de-droit-de-1996-2013.html


Le combat de la princesse contre la malaria :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2014/05/le-combat-de-la-princesse-astrid-contre.html


Depuis l'accession au trône de son frère le 21 juillet 2013, la princesse Astrid a été chargée d'emmener trois missions économiques à l'étranger, à la satisfaction générale. Elle est désormais le troisième membre de la famille royale le plus actif après le roi Philippe et la reine Mathilde (90 activités officielles en 2011, 63 en 2012 et 133 en 2013). Par contre, depuis l'interview accordée à "De Zevende Dag" au printemps 2013 et très critiquée en Flandre, la princesse Astrid est devenue très méfiante et ne se confie plus comme elle le faisait il y a quelques années.


Sur le plan privé, cette année 2014 est marquée par les fiançailles et le mariage de son fils aîné le prince Amedeo :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2014/02/les-fiancailles-du-prince-amedeo-de.html . Peut-être deviendra-t-elle bientôt grand-mère?

lundi 9 juin 2014

Remise des Prix Reine Paola pour l'Enseignement 2014

                                  


La Fondation Princesse Paola (rebaptisée ensuite Fondation Reine Paola) a été créée en décembre 1992 pour aider les jeunes. Le comte Bernard de Traux de Wardin (à la droite de la souveraine sur la photo ci-dessus) en est le président, et la reine Paola la présidente d'honneur. Plus d'infos sur le travail de cette fondation :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/09/les-20-ans-de-la-fondation-reine-paola.html


Depuis 1996, la Fondation remet chaque année des Prix Reine Paola pour l'Enseignement à des projets novateurs de l'enseignement, alternativement du primaire et du secondaire. Le premier prix s'élève à 6.500 euros, le 2ème prix à 4.000 euros et le 3ème prix à 2.500 euros. C'est un jury indépendant qui désigne les lauréats ; la souveraine n'intervenant pas dans le choix. Les prix 2014 ont été remis il y a quelques jours par la reine Paola dans les serres du château de Laeken. Le thème de cette année était "Sciences, Maths et Techno : une clé pour notre avenir!".


En communauté française :
- 1er lauréat : l'équipe éducative de l'école communale d'Awan-Aywaille
- 2ème lauréat : Laurent Fourny de l'Institut Bischoffsheim
- 3ème lauréat : Nora Ben Ayad du Collège Saint-François à Bruxelles


En communauté flamande :
- 1er lauréat :  l'équipe éducative du 1er degré du WICO Campus TIO à Overpelt
- 2ème lauréat :  l'équipe éducative d'Onze Lieve Vrouw à Zepperen
- 3ème lauréat :  Michael Verbeeck du Stedelijk Lyceum Meir à Anvers


Des prix ont également été remis à des associations qui apportent un soutien extrascolaire aux jeunes et à leur école :


En communauté française :
- 1er lauréat :  l'asbl Entr'aide à Jemappes
- 2ème lauréat :  l'asbl Odyssée à Bruxelles
- 3ème lauréat : la Fondation Dyslexie à Bruxelles


En communauté flamande :
- 1er lauréat :  asbl Toekomstatelierdelavenir à Bruxelles
- 2ème lauréat :  asbl Bednet à Louvain
- 3ème lauréat : asbl De Katrol à Ostende

lundi 2 juin 2014

Activités royales en mai 2014

28 audiences pour le Roi :  le premier ministre Elio Di Rupo (reçu 4 fois), le premier ministre japonais Shinzo Abe, le musicien Toots Thielemans, le métropolite de Belgique Mgr Athënagoras, les présidents de la Chambre et du Sénat (reçus ensemble), la présidente du parlement bruxellois Françoise Dupuis, le chef du conseil exécutif de Hong-Kong Leung Chun-Ying, le procureur général Johan Delmulle, le président de Hongrie Janos Ader, la présidente de la FEB Michèle Sioen, le président de la Chambre André Flahaut, la présidente du Sénat Sabine de Béthune, le président de la NVA Bart De Wever (reçu 2 fois), le président ff du PS Paul Magnette, le président du MR Charles Michel, le président du CDH Benoît Lutgen, la présidente du VLD Gwendolyn Rutten, le président du SPA Bruno Tobback, le président du CD&V Wouter Beke, les co-présidents d'Ecolo Olivier Deleuze et Emily Hoyos, le président de Groen Wouter Van Besien, le président du FDF Olivier Maingain, le président du PTB Peter Mertens, le président du PP Michaël Modrikamen.




10 activités officielles pour le Roi :  réunion de travail avec le président et les gouverneurs de la Banque Centrale Européenne, réunion de travail sur les nouvelles technologies, visite à l'Ecole Royale Militaire, rencontre avec les comités de soutien de la Fondation Roi Baudouin, hommage au ministre d'Etat Jean-Luc Dehaene, réception pour les nouveaux ambassadeurs accrédités en Belgique, visite du Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire, réunion de travail avec le groupe de réflexion Entreprise et Société, déjeuner avec le jury du Concours Musical Reine Elisabeth, finale du Concours Musical Reine Elisabeth.




13 activités officielles pour la Reine :  audience avec le musicien Toots Thielemans, remise du prix 2014 du Fonds Reine Mathilde, rencontre avec les comités de soutien de la Fondation Roi Baudouin, réception pour les nouveaux ambassadeurs accrédités en Belgique, visite de l'exposition de Michaël Borremans, 25ème anniversaire de Kom op tegen Kanker à Landen, déjeuner avec le jury du Concours Musical Reine Elisabeth, session de la première épreuve, deux demi-finales et trois finales du Concours Musical Reine Elisabeth.




1 activité officielle pour le roi Albert II et la reine Paola :  hommage au ministre d'Etat Jean-Luc Dehaene.




0 activité officielle pour la reine Fabiola




7 activités officielles pour la princesse Astrid :  rencontre avec la ministre de la Coopération Internationale et du Développement des Emirats Arabes Unis, inauguration de l'exposition "Malaria : Blood, Sweat and Tears", remise des prix 2014 de la Fondation Médicale Reine Elisabeth, spectacle équestre Cavalia, visite de l'école Heilig Hart à Sint-Niklaas, remise du Prix International Charlemagne à Herman Van Rompuy, finale du Concours Musical Reine Elisabeth.




5 activités officielles pour le prince Lorenz :  rencontre avec la ministre de la Coopération Internationale et du Développement des Emirats Arabes Unis, inauguration de l'exposition "Malaria : Blood, Sweat and Tears", spectacle équestre Cavalia, remise du Prix International Charlemagne à Herman Van Rompuy, finale du Concours Musical Reine Elisabeth.




0 activité officielle pour le prince Laurent et la princesse Claire


Récapitulatif des activités officielles de janvier à mai 2014 (source : www.monarchie.be) :


Roi :   71 activités officielles + 84 audiences


Reine :   68 activités officielles


Princesse Astrid :   55 activités officielles


Prince Laurent :   13 activités officielles


Roi Albert II et Reine Paola :   11 activités officielles


Prince Lorenz :  9 activités officielles


Princesse Claire :   5 activités officielles


Reine Fabiola :   0 activité officielle