lundi 19 septembre 2016

Esmeralda de Belgique : l'interview de ses 60 ans


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Née en septembre 1956, la princesse (Maria)-Esmeralda de Belgique est la fille cadette du roi Léopold III et de la princesse Lilian. Elle vit à Londres avec son époux le professeur Salvador Moncada et leurs deux enfants. Elle revient régulièrement en Belgique, et continue sa carrière de journaliste indépendante et engagée. La princesse a accepté de répondre par mail à mes questions :

"Madame, quand et pourquoi avez-vous voulu devenir journaliste?
- Etant adolescente, je voulais devenir comédienne. J'adorais le théâtre et le cinéma, et je pensais sérieusement entreprendre cette carrière. Puis, j'ai choisi d'étudier le droit aux facultés Saint-Louis de Bruxelles avec l'idée de devenir avocate. Après la deuxième candidature, j'ai décidé de faire une licence en communication sociale (journalisme) à Louvain-la-Neuve de 1977 à 1979. L'écriture et les voyages sont des passions que j'ai pu satisfaire dans la profession de reporter.

- Comment ont réagi vos parents, eux qui n'ont pas toujours été épargnés par les journalistes?
- Même si mes parents n'ont pas été épargnés par la presse, ils n'ont jamais essayé de me dissuader. Mon père m'a déclaré à l'époque :  "Si tu agis avec rigueur et honnêteté, le journalisme est l'un des plus beaux métiers du monde".

- Quels souvenirs gardez-vous de vos études de journaliste? Quels rapports aviez-vous avec les autres étudiants?
- Je garde de très bons souvenirs de mes études. Les autres étudiants étaient originaires de différents pays, notamment d'Amérique latine, et nous entretenions d'excellents rapports. J'ai effectué un stage d'un mois à "La Libre Belgique", durant lequel je suis passée par tous les services du journal, à l'exception de la politique intérieure. J'ai choisi d'écrire ma thèse de fin d'études sur le rôle de la presse dans l'affaire Empain, ce qui m'a passionné.

- Vos études de journalisme terminées, quelles étaient vos envies pour votre début de carrière?
- Mes études terminées, j'avais envie de devenir grand reporter et de parcourir le monde. Je n'envisageais pas de travailler dans l'audiovisuel ; je préférais la presse écrite.

- Quand et pourquoi êtes-vous partie travailler à Paris?
- Je suis partie à Paris en 1980 comme stagiaire au "Figaro Magazine", dirigé à l'époque par Louis Pauwels. Je souhaitais partir à l'étranger qui offrait, pour moi, une plus grande liberté d'action et la possibilité de travailler comme n'importe quelle autre journaliste.

- Comment s'est passé ce stage au "Figaro Magazine"?
- C'était passionnant pour moi de me trouver au sein d'un magazine d'un tel renom avec des journalistes de grande envergure. Je me souviens des réunions de rédaction durant lesquelles Louis Pauwels demandait à chacun de donner des idées de reportages. Chaque journaliste, y compris stagiaire, avait son temps de parole et il valait mieux présenter un bon projet devant le patron! Je suis restée un an et j'ai eu l'occasion de signer plusieurs articles dont une interview d'Axel Springer, le grand patron de presse allemand.

- Ce départ en 1980 représente aussi une plus grande liberté et indépendance par rapport à votre vie au domaine royal d'Argenteuil?
- Tout à fait. C'était la première fois que j'habitais seule dans un appartement et que je devais me débrouiller sans l'aide de personne. Mon père est venu habiter plusieurs jours dans mon appartement et ma mère venait souvent passer une journée à Paris et déjeuner avec moi. De toute façon, je revenais à Argenteuil pour de nombreux week-ends.

- Qu'avez-vous fait après ce stage au "Figaro Magazine"?
- Après le stage au "Figaro Magazine", je suis restée à Paris et j'ai collaboré, en free lance, à de nombreux magazines français, allemands, italiens et espagnols, réalisant des interviews du monde du spectacle, des arts, des sciences et des entrepreneurs. J'ai également réalisé des reportages de décoration. J'ai exercé mon métier de journaliste jusqu'en 1998, date à laquelle j'ai quitté Paris pour Londres où je me suis mariée.

- Parmi tous ces articles écrits entre 1980 et 1998, pouvez-vous nous en citer cinq qui vous tiennent particulièrement à coeur?
- J'ai eu la chance d'interviewer des hommes de sciences comme l'Américain Robert Gallo ou le chirurgien Michael Debakey, des stars tels qu'Anthony Quinn, John Cassavetes, Brigitte Bardot, des grands sportifs tels que Bjorn Borg, des chefs d'entreprise comme Enzo Ferrari ou Axel Springer, ...

- Sous quel nom avez-vous choisi d'écrire ces articles? Est-ce que votre titre de princesse vous a ouvert ou fermé des portes?
- J'ai écrit sous le nom "Esmeralda de Belgique" et aussi "Esmeralda de Réthy". Mon nom m'a ouvert quelques portes, bien entendu, mais parfois c'était un inconvénient et finalement, ce qui compte, c'est le professionalisme que l'on doit prouver sur le terrain.

- Quel regard portaient vos parents sur votre carrière de journaliste?
- Mes parents étaient fiers, je pense, que je sois indépendante et que j'exerce un métier que j'aime.

- Avez-vous eu envie de les interviewer?
- J'aurais aimé le faire mais ils n'auraient pas accepté.

- Que faisiez-vous durant vos temps libres à Paris, quels étaient vos endroits préférés?
- J'ai adoré la ville de Paris où j'ai habité 16 ans (car j'ai également résidé à Milan en Italie pendant plusieurs mois). A Paris, j'aimais flâner dans les rues ou sur les quais de la Seine, entrer dans les librairies de quartier, visiter et revisiter les musées comme, par exemple, celui consacré à Rodin, prendre un brunch le dimanche au café Flore sur le boulevard Saint-Germain, et surtout être en compagnie de mes amis.

- Avez-vous des modèles comme journalistes?
- Mon premier héros du journalisme était un grand écrivain :  Joseph Kessel. Grâce à Marcel Jullian qui fut son ami, j'ai la chance de posséder un exemplaire dédicacé de son livre sur l'aviateur Jean Mermoz. J'ai toujours admiré les grands reporters comme Oriana Fallaci ou Marie Colvin, assassinée il y a peu.

- Comment vous est venue l'idée d'écrire la biographie du couturier Christian Dior?
- J'avais préparé un article de presse sur les 50 ans de la Maison Dior en 1997 et, pour ce faire, interviewé de nombreuses personnes qui avaient connu Christian Dior et qui avaient travaillé avec lui. J'ai découvert tellement d'anecdotes et d'informations que j'ai pensé que cela valait la peine d'écrire un livre.

- Par rapport à votre mère et à votre frère, votre expérience de journaliste n'a-t-elle pas été aussi un avantage pour bien communiquer avec la presse et les médias à partir de 2001 lorsque vous êtes sortie de l'ombre pour la promotion de votre livre sur le roi Léopold III?
- Certainement.

- Quel regard portez-vous sur l'évolution de la presse écrite face à Internet et aux réseaux sociaux?
- Internet et les réseaux sociaux ont révolutionné l'information ces dernières années. Tout va beaucoup plus vite et tout est plus transparent. C'est un avantage qui rend la censure plus difficile et qui nous permet d'avoir accès à énormément de sources. Mais il faut également être très prudent car on trouve le meilleur et le pire sur Internet. Les journalistes ont plus que jamais un rôle d'intermédiaire à jouer pour donner de la crédibilité aux informations.

- Dans quels buts avez-vous créé votre compte Twitter en 2015?
- Professionnellement pour entrer en contact avec différentes ONG et associations de femmes, et rechercher des publications et des études pour l'ouvrage que je prépare en ce moment sur le thème des droits des femmes dans le monde. Personnellement, pour partager les thèmes qui me sont chers : la défense de l'environnement, le changement climatique, les droits des peuples indigènes, les droits des femmes, etc. Utiliser les réseaux sociaux pour faire de l'activisme.

- Votre futur ouvrage sera donc dans le prolongement de "Femmes Prix Nobel", où vous aviez mis à l'honneur le combat de certaines d'entre elles pour les droits des femmes?
- Oui mais ce seront des portraits et des témoignages humains de femmes sur le terrain.

- Est-ce pour ce livre que vous avez rencontré, en février à Bruxelles, Marguerite Barankitse qui avait créé la Maison Shalom pour des enfants orphelins au Burundi et qui bénéficiait d'ailleurs du soutien financier de la Fondation Grand-Duc et Grande-Duchesse de Luxembourg de votre neveu le grand-duc Henri? Comment s'est passée cette rencontre?
- Oui. Nous nous sommes rencontrées parce que nous figurons toutes les deux dans une série de portraits d'hommes et de femmes présentes sur Internet sur le site "We Shift" et qui démontre l'importance de l'engagement dans le monde. Marguerite Barankitse est une femme exceptionnelle de courage et d'optimisme.

- Peut-on avoir d'autres noms de femmes dont vous allez nous parler dans votre livre? Y aura-t-il des Belges? Ciblez-vous une région du monde en particulier?
- Il y aura des portraits de femmes de tous les continents, de différentes cultures, qui sont engagées pour un monde plus équitable, un développement durable et pour défendre les droits humains.

- A travers ce futur livre, quel message souhaitez-vous faire passer sur les droits des femmes? Selon vous, leurs droits s'améliorent-ils ou se dégradent?
- Si la situation s'est améliorée dans de nombreux pays, ces droits sont toujours fragiles et on assiste même en Europe à des retours en arrière inquiétants. La violence contre les femmes est en hausse au Royaume-Uni par exemple. En Pologne, il est question de revenir à l'interdiction totale de l'avortement et à la criminalisation des femmes. Sans parler de toutes les autres situations dramatiques dans le monde pour les femmes, tels que les mariages précoces, l'excision, les crimes d'honneur.

- Quelles solutions préconisez-vous pour améliorer les choses? Partagez-vous le point de vue de la reine Mathilde qui répète qu'il faut avant tout investir dans l'éducation des filles?
- L'éducation des filles est en effet primordiale. Mais il faut aussi lutter contre le patriarcat, les traditions, les préjugés qui privent les femmes de leur place égale dans la société.

- Quel est votre avis sur la récente polémique autour de l'interdiction du burkini sur des plages belges et françaises?
- L'interdiction du burkini et sa mise en application parfois brutale fut un épisode choquant d'atteinte à la liberté. Nous devons éviter tout rejet et amalgame.

- Pensez-vous que les religions ont un rôle à jouer dans ce combat pour les droits des femmes? Est-ce la raison de votre rencontre avec le pape François il y a quelques mois?
- Les religions ont bien sûr un rôle à jouer dans la défense des droits humains. Il faut cependant admettre que tout au long de l'Histoire, les religions n'ont jamais accepté que les femmes aient une place égale à celle des hommes dans la société. Souvent dépeintes comme inférieures, parfois perverses, elles devaient être soumises à leur père puis à leur époux. Les choses changent bien entendu mais très lentement...  Mon entretien avec le Pape portait sur l'environnement et les droits des peuples indigènes, une cause qui me tient très à cœur.

- Vous considérez-vous comme féministe?
- Oui, je me considère féministe. Les femmes représentent un peu plus de la moitié de la population mondiale et souffrent, dans de nombreux pays, de discrimination et de violence. Dans la plupart des pays, elles n'ont toujours pas de salaire égal. Etre féministe, c'est vouloir tout simplement les mêmes droits que les hommes.

- Est-ce le cas dans le journalisme?
- Il y a beaucoup de femmes journalistes mais là comme ailleurs, on trouve du sexisme, du paternalisme et de la discrimination, tout comme en politique.

- Passons à votre combat pour l'environnement. Depuis la sortie de votre livre "Terre! Agissons pour la planète. Il n'est pas trop tard", la situation et les mentalités ont-elles évolué?
- Oui, les mentalités évoluent. Les gens sont de plus en plus conscients du danger réel du réchauffement climatique, et de nombreuses initiatives au niveau des citoyens, des villes, des entreprises ont vu le jour. La Cop 21 a représenté une avancée positive et la ratification récente par les deux plus gros pollueurs, la Chine et les Etats-Unis, est certainement encourageante. Mais au-delà des discours et des promesses, nous avons besoin d'actions urgentes. Les événements climatiques extrêmes se multiplient : on l'a constaté dernièrement avec les inondations en Europe et aux USA d'un côté, et la sécheresse dramatique en Afrique.

- Pouvez-vous nous raconter votre voyage il y a quelques mois au Congo?
- Je suis allée au parc des Virunga pour un film réalisé par Nicolas Delvaulx avec lequel j'ai déjà collaboré pour un documentaire sur mon père et ensuite sur mes grands-parents. Ce film va raconter l'histoire du plus ancien parc national d'Afrique créé par le roi Albert Ier en 1925 et ses enjeux aujourd'hui. La région du Kivu est en effet instable depuis des années et le parc abrite quelques milliers de rebelles qui s'adonnent à toutes sortes de trafics, ivoire, charbon et à des kidnappings contre rançons. Plus de 150 rangers ont payé de leur vie en s'interposant. Pour sauver l'extraordinaire biodiversité des Virunga et notamment les fameux gorilles des montagnes, mais également pour assurer le développement économique des populations autour du parc, le directeur Emmanuel de Merode et son équipe ont lancé un ambitieux projet basé sur les énergies renouvelables, la pêche responsable, l'agro-industrie et le tourisme.

- Quelles sont les chances de sauver ces gorilles?
- Les gorilles sont sur la liste des animaux en voie d'extinction en raison du braconnage, de la déforestation qui les prive de leur habitat, et des maladies. Après la fin des guerres civiles dans la région du Kivu, la situation s'est améliorée. La conservation porte ses fruits et les rangers des parcs nationaux en Afrique Centrale effectuent un travail extraordinaire au péril de leur vie. Mais il faut continuer à investir. Et surtout améliorer le sort des populations qui n'ont souvent d'autres recours que chasser les animaux pour survivre.

- Quand pourra-t-on voir ce film de Nicolas Delvaulx?
- Le film devrait être diffusé sur la RTBF début décembre 2016.

- Etait-ce votre premier voyage au Congo?
- Oui, c'était mon premier voyage au Congo. Ce fut une expérience extraordinaire.

- Quel regard portez-vous sur la colonisation du Congo par le roi Léopold II et la Belgique?
- La colonisation est une période sombre dont les blessures et les conséquences se font toujours sentir aujourd'hui dans les pays en développement. La traite des esclaves, plus de 11 millions, est un autre crime dont les Européens se sont rendus coupables.

- Après le Congo, vous vous êtes rendue en juillet au Brésil. Pouvez-vous nous raconter votre voyage?
- J'ai été quatre jours à Brasilia pour inaugurer un buste de ma grand-mère, la reine Elisabeth, dans les jardins de l'ambassade de Belgique et inaugurer une exposition de photos de mon père au Mémorial des peuples indigènes, un bâtiment construit par le célèbre architecte Niemeyer pour célébrer la culture des peuples autochtones. J'y ai été accueillie par son directeur, le cacique Alvaro Tucano, un personnage charismatique qui a participé à l'élaboration du chapitre sur les droits des indigènes dans la constitution brésilienne. Etant personnellement très engagée dans la défense de leurs droits, j'ai pu me rendre dans l'Etat du Tocantins au sein de la tribu des Xerente. Ils m'ont baptisée avec le cérémonial et la peinture rituelle sur le visage et les bras. C'était très émouvant. La situation des Indiens est précaire car leurs terres sont convoitées : ils sont déplacés, menacés et souvent assassinés en raison des intérêts miniers, du trafic illégal du bois ou de l'agriculture.

- Que comptez-vous faire pour les aider?
- Je compte parler de leur cause, de leur combat et tenter par mon soutien de leur donner plus de visibilité. La presse et les réseaux sociaux sont des outils pour sensibiliser les gens au destin des peuples autochtones partout dans le monde. D'autant plus que le changement climatique et la perte de biodiversité les affectent tout particulièrement, eux qui vivent pourtant en harmonie avec la Nature depuis des siècles!

- Lors de vos voyages au Congo et au Brésil, avez-vous pensé à votre père le roi Léopold III? Quels souvenirs gardait-il de ces deux pays?
- Bien sûr, j'ai énormément pensé à mon père lors de ces deux voyages. Il a découvert le Brésil à l'âge de 19 ans avec ses parents, et ce fut le point de départ de sa passion pour l'exploration et la forêt vierge. Il est revenu de nombreuses fois en Amazonie et y a passé de longues semaines. Quant au Congo, il y est allé quatre fois. Ses carnets révèlent son amour pour l'Afrique et ses préoccupations à la fois pour l'environnement et pour les populations indigènes. Je poursuis ses engagements en quelque sorte.

- Notamment en rencontrant le pape François lors d'une audience au Vatican. Partage-t-il vos engagements?
- Le pape François est quelqu'un d'engagé socialement et de très chaleureux. Il pense sincèrement que la crise du climat est un problème crucial avec des conséquences dramatiques pour les hommes et les écosystèmes. La justice climatique est l'un de ses combats car ce sont les populations les plus pauvres qui souffrent le plus sans avoir contribué à la pollution. Lorsque le Pape s'exprime publiquement, des centaines de millions de personnes entendent son message.

- Que devient le Fonds Léopold III pour l'exploration de la nature que vous présidez?
- Le Fonds Léopold III est très actif. Nous participons chaque année au financement d'une quinzaine d'explorations scientifiques ou de missions de conservation sur tous les continents qui sont suivies par des publications scientifiques. L'année dernière, par exemple, les chercheurs que nous avons soutenus sont partis en République Démocratique du Congo, au Mexique, à Madagascar, en Bolivie, à Bornéo, etc.

- Et la Fondation Cardiologique Princesse Lilian?
- Après la mort de ma mère, la Fondation Cardiologique a trouvé une nouvelle orientation. Elle subventionne la visite en Belgique d'un scientifique étranger de renommée internationale qui, pendant une semaine, se rend dans les différentes universités du pays pour discuter avec les jeunes chercheurs dans les laboratoires. Ce sont des échanges concrets d'information et de savoir très bénéfiques.

- Comment avez-vous trouvé la biographie de votre mère par l'historien Olivier Defrance?
- Je trouve qu'Olivier Defrance a écrit une biographie objective et nuancée. La personnalité de ma mère y apparaît avec ses qualités et ses défauts, et je pense que l'on découvre une femme passionnée et sincère. Il a consulté énormément d'archives inédites et interrogé beaucoup de personnes :  j'ai appris des choses, notamment sur la jeunesse de ma mère.

- Lors du référendum britannique, vous aviez confié que votre époux allait voter pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union Européenne. Qu'est-ce que votre mari et vous pensez du résultat?
- Nous sommes très tristes, bien sûr, comme la plupart des expatriés de Londres. Inquiets également des conséquences au niveau social, économique et scientifique. Et très préoccupés par la montée du racisme et de la xénophobie à certains endroits.

- Allez-vous suivre la prochaine campagne présidentielle américaine? Avez-vous une préférence parmi les deux candidats?
- On ne peut pas y échapper! Les médias en parlent constamment. J'étais aux Etats-Unis au mois d'août et les chaînes de télévision diffusaient presque en continu des informations sur les candidats qui d'après les sondages sont les moins populaires de toute l'histoire des USA! Alors mon choix?  Je vous répondrais que l'élection éventuelle de Donald Trump, qui tient des propos racistes, xénophobes, machistes et qui est un climato-sceptique serait, selon moi, un résultat très dangereux...

- Pouvez-vous nous parler de l'association Delphus dont vous êtes la présidente d'honneur?
- Delphus est une association qui offre, chaque année, à des enfants autistes une semaine de thérapie assistée avec des dauphins en Espagne. Les parents remplissent un questionnaire, les soignants font une évaluation avant et après le séjour, et les résultats sont encourageants tant au niveau de la concentration que du comportement des enfants. De plus, les familles profitent de ce moment presque de détente. Les parents apprécient de pouvoir parler avec d'autres qui vivent le même quotidien difficile, qui ont les mêmes angoisses.

- Participerez-vous au 2ème Salon de l'Histoire en novembre à Bruxelles? Avez-vous un "public type" parmi vos lecteurs?
- Oui, je suis la marraine de cette excellente initiative qui permet au public de rencontrer des auteurs et de découvrir l'Histoire. Je ne sais pas si j'ai un public type! Assez varié j'espère. Comme j'ai écrit plusieurs ouvrages sur ma famille, je pense que j'ai des lecteurs qui s'intéressent à la famille royale, bien sûr. Cependant, mon ouvrage sur les femmes prix Nobel de la Paix s'est bien vendu et lors des conférences que j'ai eu l'occasion de donner, des jeunes sont souvent venus poser des questions, intéressés par la défense de la démocratie et des droits humains. Et puis il y a également les gens qui se préoccupent de l'environnement et du changement climatique.

- Quel regard portez-vous sur les trois premières années de règne de votre neveu le roi Philippe?
- C'est un bilan positif, je pense. Le couple royal remplit parfaitement sa fonction avec professionnalisme et dévouement.

- Avez-vous des projets de voyages pour les prochains mois?
- Je dois terminer les interviews et les rencontres pour mon livre sur les femmes. Je me rendrai sans doute en Afrique et en Amérique latine avant la fin de l'année.

- Pouvez-vous nous parler un peu de vos enfants : que font-ils comme études? Quels sont leurs centres d'intérêt?
- Ma fille a fêté ses 18 ans en août. Elle a passé son baccalauréat international et commence ce mois-ci sa première année de biologie marine à l'université de Southampton dans le sud-ouest de l'Angleterre. Elle s'intéresse aux sciences et à l'environnement, une tradition familiale!  Mon fils, 15 ans, a encore trois années d'études secondaires. Il est plutôt artiste, aime le dessin, l'art dramatique et la mode. C'est aussi un excellent débatteur avec des opinions tranchées!

- Vous allez prochainement fêter vos soixante ans. Est-ce un cap facile ou difficile à passer? Que peut-on vous souhaiter comme cadeau d'anniversaire?
- J'ai envie de vous répondre :  mais qu'est-ce qui s'est passé? Comment est-ce arrivé ?!!  Ce n'est jamais très agréable à partir d'un certain moment de la vie de changer de dizaine... Mais je préfère ne pas y penser : après tout, ce n'est qu'un chiffre. J'ai aussi la chance d'avoir beaucoup d'activités et de projets, et des enfants jeunes qui me stimulent pour conserver énergie et enthousiasme. Mon plus beau cadeau :  que mes enfants trouvent leur voie, une passion. Ils ont la possibilité de faire des études universitaires, de nombreuses opportunités s'ouvrent à eux. J'espère qu'ils en feront bon usage et qu'ils contribueront, d'une manière ou d'une autre, à construire un monde meilleur et plus équitable.

- Joyeux anniversaire Madame, et merci d'avoir répondu à mes questions".


Retrouvez les deux autres précédentes interviews que m'a accordées la princesse :

- sur son père le roi Léopold III :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2009/09/la-princesse-marie-esmeralda-nous-parle.html

- sur son frère le prince Alexandre :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2010/07/marie-esmeralda-nous-parle-de-son-frere.html

1 commentaire :

  1. Bonjour,

    Je travaille actuellement à la promotion du nouveau livre grand public des éditions Kate'Art sur "L'histoire des Rois et des Reines de Belgique".
    Seriez-vous intéressé(e) par une éventuelle collaboration?
    Si oui vous pouvez me contacter par email ou sur mon téléphone portable.

    Bien cordialement,

    Mathilde Manche
    ​Assistante Presse​
    ​Kate'art Editions
    contact@kateart.com
    Tel: +32 (0)497 66 29 70

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